Politique

L'opposition qui croyait prendre la rue en otage est surprise de trouver sur son chemin les militants de la majorité présidentielle, et, singulièrement, du parti UNIR que dirige le président, Faure Gnassingbé, lui-même. Résultat, les manifestations des 20 et 21 septembre ne mettront pas en scène les seuls militants de l'opposition, mais aussi, ceux de l'UNIR et de façon générale, de la majorité présidentielle. Les dispositions ont été prises pour qu'elles se déroulent dans la paix avec comme priorité, la sécurité des personnes et des biens.

Il ne manquait plus que ça. Au moment où le Togo a besoin d'un grand professionnel pour tenir les médias afin qu'ils ne s'adonnent pas à des débordements d'un côté comme de l'autre, voilà qu'il perd cette personne qu'était Pitang Tchalla. Grand connaisseur du métier, il était avec feu Koffi Panou, le fidèle parmi les plus fidèles que pouvait compter le pouvoir togolais. La disparition de Pitang Tchalla que vient de déplorer le président, Faure Gnassingbé, sur son compte Twitter, n'est pas une bonne chose. Il prend la voie qui nous attend tous.

Pardon à Ghys Fortuné Bemba. De l'avoir vraiment oublié alors que le caractère tranchant de ses écrits manque au paysage politique congolais. Cela fait huit mois qu'il est embastillé dans les geôles du dictateur, Sassou-Nguesso, (qui se dit « homme de paix » « homme de dialogue », « homme de tolérance ») alors qu'il est, en réalité, le plus grand bourreau de son peuple que l'Afrique n'ait jamais connu. Un tortionnaire primaire. Un buveur de sang humain. Un intolérant de bas étage. Un potentat d'un autre âge. Voilà comment on peut qualifier Denis Sassou-Nguesso, qui n'affectionne que ce qu'il domine totalement. On ne peut pas faire équipe avec lui s'il n'a pas droit de vie et de mort sur vous. Comme il n'avait aucune emprise sur notre confrère, Ghys Fortuné Bemba, il l'a envoyé paître en prison. Pour réfléchir à son sort. Honte à lui !

C'est un aparté assez inédit qui a eu lieu, lundi, 18 septembre, en marge de la 72e Assemblée des Nations-Unies, à New York. Pour la première fois, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a réuni quelques chefs d'Etat africains triés sur le volet, afin de leur parler Coopération de manière officielle. En réalité, c'est le conflit avec son puissant voisin et non moins puissance nucléaire, la Corée du Nord, qui a motivé cette rencontre. Objectif : couper tout lien (commercial) entre les pays africains (sous tutelle) et la Corée du Nord.

Une haute cour égyptienne a maintenu, samedi, 16 septembre, une condamnation à vie contre l'ex-président égyptien islamiste, Mohamed Morsi, destitué, par l'armée, en 2013. Après sa victoire à l'élection présidentielle, en juin 2012, le président membre des Frères musulmans avait entrepris une véritable purge au sein de l'administration égyptienne, accompagnée d'un début de transformation très inquiétant de la société égyptienne en fonction des seuls préceptes propres aux Frères musulmans. Devant le tollé général que de telles réformes suscitaient au sein de la société, et les mesures de répression qui s'en suivaient, l'armée a cru bon d'intervenir en stoppant les multiples abus qui frappaient ceux qui n'étaient pas des Frères musulmans et qui se trouvaient être l'écrasante majorité de la population. Résultat, Mohamed Morsi s'est retrouvé en prison où sa peine de perpétuité vient d'être confirmée par la Haute Cour égyptienne.

Professeur de littérature africaine à l'Université de Temple en Pennsylvanie (Etats-Unis), notre ami, Jean-Claude Djereke, n'y va pas de main morte contre le régime d'Alassane Ouattara dont il demande la chute sans porter les gants. Alassane Ouattara un chef d'Etat qui oeuvrerait contre les intérêts des Ivoiriens et qui recevrait ses ordres de Paris.

Le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, est un président maure qui n'aime pas les Négro-Mauritaniens, en particulier, et les Noirs d'Afrique, en général. C'est la raison pour laquelle, sans raison valable, l'ancien président Taya avait enlevé, en décembre 2000, la Mauritanie de la CEDEAO (son organisation géographique naturelle) pour l'inscrire à l'UMA. Arrivé au pouvoir, en août 2008, Aziz n'a pas trouvé utile de corriger cette erreur. Mais, après s'être rendu compte que l'UMA n'est qu'une organisation fictive, qui ne tient aucune réunion, qui ne propose aucun projet intégrateur, il est en train d'imiter le roi Mohammed VI du Maroc, qui a, déjà, obtenu le ticket d'entrée du royaume au sein de la CEDEAO. Pour ne pas s'isoler davantage, le général-président, à son tour, a entrepris un retour au sein de cette organisation que la Mauritanie n'aurait, jamais, dû quitter. Mais, un retour qui lui fait honte car il va retrouver des chefs d'Etat noirs dont les semblables sont ostracisés sur le plan intérieur. Le djihadisme l'a, aussi, aidé à devenir réaliste en s'approchant de ses homologues ouest-africains, dans le G5 Sahel. Sa survie en tant que dictateur en dépend. Mais pour ce qui concerne le racisme stricto sensu qu'il fait subir à ses compatriotes noirs, pas de changement. Toujours la tyrannie ! Voici un cas patent parmi tant d'autres qui aurait pu l'interpeller s'il priait, réellement, du fond du cœur, Allah le Miséricordieux, 5 fois par jour.

Il ne manquait plus que ça : le Conseil constitutionnel français a jugé, vendredi, 15 septembre, conforme, une loi limitant l'accès aux archives des anciens présidents, premiers ministres et ministres, qui était contestée par un chercheur s'étant vu refuser la consultation d'archives sur le génocide rwandais. Quand on voit l'état des relations entre la France et le Rwanda, on donne raison au président, Paul Kagame, qui en a toujours voulu à la France d'avoir oeuvré, indirectement, pour que ce génocide ait lieu, à travers le soutien aveugle à la dictature du général, Juvénal Habyarimana. Et si l'actuel maître du Rwanda n'avait pas raison, la France, sachant qu'elle n'a rien à cacher, aurait permis la consultation des archives de ce drame qui fit, au bas mot, 800.000 morts, selon les statistiques (mesurées) des Nations-Unies. Pour le comprendre, il ne faut pas avoir fait Sc-Po.

Parce qu'il a été désigné et installé par les grandes capitales occidentales, le premier ministre libyen, al-Sarraj, n'a, jamais, fait l'unanimité. Une des raisons de sa cordiale mésentente avec l'homme fort de la Libye pétrolière, le maréchal Khalifa Haftar, est son manque de légitimité véritable. Nommé comme il l'a été, il ne peut, aucunement, représenter les intérêts de la Libye toute entière. Sa politique d'immigration (écrite par ses maîtres du Nord) en est la preuve. Il y a moins d'un mois, à Paris, le président français, Emmanuel Macron, décidait d'installer les hotspots en Libye. Comme dans toute bonne colonie qui ne se respecte pas. Décision prise à la place des Libyens. Aujourd'hui, c'est le parti radical italien qui porte plainte contre le gouvernement italien d'avoir contraint le gouvernement libyen à appliquer une politique anti-migrants qui bafoue les principes élémentaires des droits de l'homme.

Président du Mali et président en exercice de la Force du G5 Sahel, Ibrahim Boubacar Keïta a réussi son tour dans les capitales des pays membres destiné à convaincre ses homologues à se rendre à l'Assemblée Générale des Nations-Unies, à New York. Résultat, tous vont faire le lobbying, à New York, où ils pourront, aussi, tenir une réunion avec le président français, Emmanuel Macron.

Après avoir enterré le chef d'état-major de l'armée du Lesotho, le général, Khoantle Motsomotso, au lendemain de son assassinat, le 5 septembre, par deux officiers supérieurs de l'armée, le colonel, Tefo Hashatsi, et le général, Bulane Sechele, le roi, Letsie III, a désigné son remplaçant en la personne du général major, Lineo Poopa. Fait significatif qui mérite d'être rappelé : c'est le deuxième chef d'état-major qui est assassiné au Lesotho en l'espace de deux ans. Jamais deux sans trois ? Le roi a pris les devants en mettant les militaires face à leurs responsabilités et en demandant aux hommes politiques de cesser de diviser l'armée.

De prime abord, on peut penser que la maison de Dieu est ouverte pour tout le monde, même pour des tueurs irrécupérables. Mais, tuer, volontairement, son prochain pour courir se réfugier dans la maison de Dieu est-il acceptable ? Au lieu de cacher le criminel, le prêtre (ou le pasteur) n'est-il pas invité à appeler, plutôt, la police pour venir le cueillir ? Telle serait la bonne interprétation de l'évangile. Joseph Kabila, le président rdcongolais, après avoir fermé la porte à une élection présidentielle, avant fin décembre 2016, qui aurait pu le mettre dans une retraite bien méritée, cherche à se réfugier derrière le pape et occulter ses forfaits à l'endroit de tout un peuple qui aspire à une alternance prévue par la constitution. Le Saint-Père ne l'a que trop bien compris en refusant de se rendre en visite à Kinshasa, ce qui aurait pu conforter Kabila dans les misères qu'il fait subir aux chrétiens congolais.

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, cherche-t-il à sauver les amis de l'ancien président, Zine el Abidine Ben Ali, accusés de corruption ? Alors que la justice (implacable) doit passer, il est accusé de vouloir laver plus blanc que le savon de Marseille. En effet, le Parlement tunisien a adopté, mercredi, 13 septembre, soir, malgré la virulente opposition de plusieurs députés, un projet de loi défendu par le président, Béji Caïd Essebsi, mais, décrié par la société civile car accusé de "blanchir les corrompus". Il n'y a pas d'autre moyen de se situer quand on choisit une telle orientation. Essebsi et Ben Ali, même combat pour la tolérance de la corruption en Tunisie ?

Le président kényan, Uhuru Kenyatta, a, officiellement, ouvert, mardi, 12 septembre, la nouvelle législature, en s'exprimant devant le Parlement issu des élections du 8 août, en l'absence de l'opposition, qui a boycotté la séance après l'invalidation, par la justice, du scrutin présidentiel. Uhuru Kenyatta n'a pas le cœur net. Il est envahi par la peur de perdre l'élection présidentielle dont l'issue défavorable entraînerait, par la suite, l'annulation des élections législatives. Un malheur ne venant, jamais, seul, il est, actuellement, soupçonné d'avoir voulu corrompre le président de la Cour suprême,David Maraga, en faisant mettre la somme de 5 millions de dollars sur son compte bancaire.

Le président du Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, a annoncé, mardi, 12 septembre, un remaniement ministériel nommant quelques ex-proches des groupes armés, selon un décret diffusé à la radio d'Etat. Sur les 34 ministres, toujours, dirigés par le premier ministre, le professeur, Simplice-Mathieu Sarandji, 18 restent au même poste, 16 nouvelles personnalités intègrent l'équipe gouvernementale et 4 ministres la quittent dont les ministres de la Défense et de la Communication.

Parce qu'il a réussi à miniaturiser la Bombe H, le chef de la Corée du Nord, le camarade (dictateur), Kim Jung-un, est devenu l'ennemi des membres permanents du Conseil de sécurité, y compris, ses amis traditionnels, notamment, la Chine. Les très récentes sanctions du Conseil de sécurité qui ont permis à la Chine et à la Russie, de voter contre Pyongyang, comme Washington, Paris et Londres, le montrent, aisément. Cela dit, la Corée du Nord n'est pas, tellement, isolée pour autant. Surtout pas en Guinée équatoriale où le doyen des chefs d'Etat du continent vient de lui envoyer un message de félicitations à l'occasion de la fête de l'indépendance nationale.

Le mal prend-il le dessus sur le bien ? Après avoir, activement, fait la promotion du Sommet Afrique-Israël, qui devait se tenir, à Lomé, du 23 au 27 octobre prochain, les organisateurs se rendent à l'évidence : dans les conditions actuelles, le dit-Sommet ne réunirait pas toutes les conditions du succès escompté, aussi bien, du côté de Lomé que de Tel Aviv. Alors que les deux pays organisateurs ne se sont pas exprimés sur des raisons de fond de ce report, les supputations vont bon train. Qu'en est-il en réalité ?

Alors qu'on lui promettait l'exil, à défaut de se retrouver, carrément, entre quatre planches, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, reprend du poil de la bête. Il n'y a pas longtemps, le tonitruant, Donald Trump, menaçait de le faire tomber, mettant la CIA et certains homologues voisins hostiles, à contribution. Mais, Dieu est juste. Le camarade, Nicolas Maduro, a fait des réformes nécessaires pour résoudre la très difficile situation que traverse, actuellement, son pays, victime de la baisse des cours du pétrole. Petit à petit, il réussit à remettre de l'ordre dans la Maison (Venezuela), méthodiquement et efficacement. Preuve qu'il a la situation en main, il se remet à voyager, loin. C'est ainsi que lundi, 11 septembre, i a rendu visite au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, avec qui, il parle le même langage.

Mission terminée. Pour le moment. Venu prendre l'Assemblée nationale, à la demande de ses amis du PDS (Parti démocratique sénégalais), l'ancien président, Me Abdoulaye Wade, a crié à la fraude électorale qui ne lui a permis d'avoir que 20 députés, chiffre, néanmoins, suffisant pour constituer un groupe à l'Assemblée nationale. C'est le deuxième groupe le plus important, après celui de la majorité présidentielle. A quelques jours de la rentrée parlementaire, il a écrit au secrétaire général de l'Assemblée nationale pour lui faire part de sa décision de ne pas siéger comme député. A 91 ans, Gorgui Wade prépare, déjà, la mère des batailles : l'élection présidentielle de 2019 à laquelle il veut faire mordre la poussière à Macky Sall.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a créé la surprise en déclinant la proposition des cadres et militants de reprendre la tête de son parti, le Rassemblement des Républicains (RDR). Tout avait été mis en place pour qu'il (re)prenne la présidence du RDR dont il aura besoin, avant et après son départ du pouvoir en 2020. Mais, la situation politique (explosive) à venir ne lui permettra pas d'agir avec efficacité à la tête de l'Etat et comme patron du parti, d'autant plus que ses choix en matière de succession, créent, déjà, des rébellions au sein du parti. Ancienne secrétaire générale du RDR, Henri Dagri Diabaté va jouer le rôle de parapluie.