Le premier tour du scrutin présidentiel au Brésil a surpris plus d’un observateur. En effet, en récoltant 47.03% des votes exprimés devant Lula, qui n’en a sécurisé que 45.16%, Flavio Bolsonaro, le fils aîné de l’ancien président, Jair Bolsonaro, a confirmé les craintes autour du Parti des travailleurs avant la tenue des élections générales du 4 octobre dernier.
Parmi les différentes spéculations auxquelles ces résultats se prêtent, figure, notamment, celle de la certitude d’une victoire au premier tour de Jair Bolsonaro, si la route n’avait pas été barrée à ce dernier, et qu’il n’avait pas été emprisonné pour tentative de coup d’état et d’ébranlement des trois pouvoirs symboles de la démocratie et de l’état de droit.
Ancien avocat puis devenu sénateur de Rio de Janeiro en 2019, Flavio Bolsonaro s’est fixé pour mission de le libérer si jamais il devenait un jour président de la République. Et, à l’allure où semblent aller les choses, la concrétisation de cette réalité n’est plus qu’une question de mois, voire, de semaines.
Au Brésil où voter est une obligation constitutionnelle, s’expose à diverses sanctions toute personne qui choisit de s’y soustraire. Malgré tout, plus de 21% des électeurs ont opté pour l’abstention, plutôt que de se prononcer en faveur d’un des candidats visant la magistrature suprême. Ils auront l’opportunité de se rattraper au second tour le 25 octobre prochain.
Pour Lula, qui s’exprimait devant des sympathisants choqués à l’annonce des résultats, la déception n’était pas perceptible puisqu’il savait le sort qui l’attendait après un troisième mandat dénué de substance. Sur le plan national, il a donné l’impression d’avoir centré son programme sur la lutte contre le Bolsonarisme. Ce qui explique qu’après avoir défait son principal ennemi politique, il n’était animé par aucun défi personnel, et n’avait plus rien à offrir aux Brésiliens.

Idem sur le plan international avec le net recul observé chez Lula par rapport à ses deux précédents mandats, au cours desquels il s’était révélé être un ami de l’Afrique. Depuis 2023 et quelques prises de parole en faveur du continent africain relatives à une meilleure représentativité au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, le président brésilien est passé sous les radars. Même aux BRICS, il est progressivement devenu moins en vue.
Pour de nombreux Brésiliens, Lula a fait son temps et appartient au passé. A la veille de ses 81 ans, le principal intéressé s’estime capable de rempiler pour un dernier mandat avant d’aller à la retraite. Malheureusement pour lui, les vents contraires de l’extrême-droite soufflent si fort sur l’Amérique du Sud qu’il lui sera difficile de résister. A moins d’un miracle venu droit du ciel, sa mise à la retraite devrait être actée d’ici peu.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





