RETOUR D’AIR FRANCE A BAMAKO : Le Mali n’est pas la cour de récréation de la compagnie française

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Après avoir, unilatéralement, suspendu ses vols en direction du Mali, pendant deux mois, Air France attendra encore. Elle ne les reprendra pas vendredi comme elle l’a annoncé. Les autorités maliennes lui font, ainsi, comprendre que le Mali est un pays souverain où elle doit se conformer aux règles de fonctionnement du pays comme c’est le cas pour les autres compagnies aériennes qui le desservent.

Le pouvoir du colonel-président, Assimi Goïta, a décidé d’annuler l’autorisation donnée à Air France de reprendre la desserte du Mali, ont indiqué, mercredi, 11 octobre, le secrétaire général du ministère malien des Transports et des Infrastructures dans un communiqué.

« La décision a été annulée car l’accord a été donné sans consultation de la hiérarchie », indique le communiqué. Air France avait annoncé mardi qu’elle allait recommencer à desservir le Mali à partir de vendredi avec un avion et des équipages d’une compagnie tierce après deux mois de suspension dans un contexte de tensions au Sahel et entre Bamako et Paris.

Le directeur de l’aviation civile malienne a été limogé suite à sa décision d’autoriser, à nouveau, les vols d’Air France sans en référer, auparavant, à la hiérarchie.

La ministre malienne des Transports, Dembélé Madina Sissoko, s’en est, donc, expliquée, ce 11 octobre, sous la forme d’un communiqué, en soutenant le caractère souverain du Mali, de ses autorités et de sa politique. Le dossier Air France n’est pas cependant enterré. Mais, il sera étudié quand le pouvoir malien le souhaitera sans pression d’aucune sorte.

Air France avait suspendu, le 7 août, ses vols à destination du Mali, ce qui représentait 7 vols par semaine et du Burkina Faso (5 vols par semaine) après la fermeture de l’espace aérien du Niger voisin où un coup d’état militaire a eu lieu le 26 juillet. Une décision unilatérale de la compagnie française qui ne fut pas appréciée par Bamako et Ouagadougou. Le président français soutenant, activement, le principe d’une intervention militaire au Niger pour remettre le président déchu, Mohamed Bazoum, au pouvoir, les autorités maliennes et burkinabé n’ont pas compris pourquoi Air France suspendait, unilatéralement, ses vols en direction du Mali et du Burkina Faso, qui n’étaient pas concernés directement par le coup d’état au Niger. Quand la compagnie française décida de les reprendre, les mesures de rétorsion ne tardèrent pas, les autorités maliennes ayant retiré tous ses droits de trafics à Air France, au moins, pour un moment. Bamako annonçait même vouloir les attribuer à des compagnies aériennes concurrentes.

Le dossier devenant politique, le ministre français des Transports, Clément Beaune, devra s’engager auprès de son homologue malienne sur la nouvelle relation de partenariat qui sera établie entre les deux pays, et qui évitera que la compagnie Air France prenne tout un pays en otage en fonction des seules humeurs de ses responsables.



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