SOMMET DES TROIS BASSINS FORESTIERS : Une bonne occasion pour la communication du tyran de Brazzaville

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2e Sommet des trois Bassins forestiers mondiaux à Brazzaville, Sommet pour rien, Sommet du gâchis, Sommet pour le prestige du tyran bouffi d’orgueil, Sassou-Nguesso, le réputé Bling Bling, Toc Toc, empereur des forêts non vierges aurait mieux fait de libérer Jean Marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa et les autres détenus, ses otages politiques, qu’ils gardent depuis plus de sept ans dans son enfer de Brazzaville qu’il appelle prison. Un lieu de détention rempli de rats, de cafards, de temps en temps, on voit un serpent se faufiler entre les gravas. Bref, une véritable honte pour celui qui se fait appeler « l’homme de paix » qui a à son actif, au moins, 40.000 assassinats de Congolais. On dit bien au bas mot.

Brazzaville, la capitale de la République du Congo va de nouveau abriter du 26 au 28 octobre 2023, un Sommet des trois Bassins forestiers mondiaux, contrairement, à ce qui se dit dans les médias du pouvoir, c’est le deuxième Sommet qui se tiendra au Congo. Le premier Sommet des trois grands Bassins forestiers tropicaux du monde (Congo, Amazonie et Bornéo Mékong) s’était tenu, à Brazzaville, en 2011, du 31 mai au 3 juin 2011. Tout le monde sait sauf les fanatiques que ce premier rendez-vous mondial initié par Sassou Nguesso, l’auteur du bon langage parler vrai et faux, s’était achevé sur de simples déclarations. Sans lendemain.

Les observateurs les plus avisés et la société civile n’ont pas vu des actions concrètes. Au contraire, on a noté le développement dans tous ces pays et particulièrement la République du Congo, ce cinquième crime international contre la paix et l’environnement :  » le crime de l’écocide ». Il s’agit de la destruction, de la détérioration ou de la perte substantielle d’un ou plusieurs écosystèmes d’un territoire donné, que la cause en soit humaine ou autre, d’une telle ampleur que la jouissance paisible des habitants dudit territoire en est sévèrement diminuée. Sassou Nguesso est aussi coupable de crime d’écocide. Valérie Cabanes précise : « L’écocide n’est pas un crime de plus s’ajoutant à toutes les autres atteintes aux droits humains, il est le crime premier, celui qui ruine les conditions mêmes d’habitabilité de la terre. D’ores et déjà, les dérèglements climatiques attisent injustices et tensions géopolitiques tandis que les saccageurs de la planète restent impunis ».

L’initiative du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, portée lors de la Conférence pour le changement climatique COP 22 à Marrakech (Maroc) par le président du Congo avec l’appui de la Fondation Brazzaville pour la paix et la préservation de l’environnement, n’est qu’une véritable escroquerie politico-financière et un camouflage de la politique de destruction du massif forestier et des eaux du Bassin du Congo. Les populations des régions du Congo déplorent l’exploitation irraisonnée des forêts et de la gestion durable des eaux des côtes maritimes, du fleuve Congo et de ses affluents. A chacune de ces causes fondamentales de pollution vont correspondre d’innombrables sources de dispersion d’agents polluants causés par une industrie extractive sauvage de minerais. Ces matières organiques polluent les eaux et contaminent l’environnement. Les trois Bassins forestiers, l’Amazonie, le Bassin du Congo, et le Bassin du Bornéo-Mékong, représentent, à eux seuls, 80% des forêts tropicales du monde et les deux tiers de la biodiversité terrestre. Ils assurent la subsistance d’au moins un milliard de personnes. Le Bassin du Congo constitue l’un des plus importants massifs de forêt tropicale continue qui demeure sur la planète. Cette région est plus grande que l’Etat de l’Alaska et se hisse au rang de deuxième plus grande forêt pluviale de la planète derrière l’Amazonie.

L’objectif de ce Sommet est de faire progresser l’ambition pour la protection et la gestion durable des forêts tropicales autour de trois thématiques. Le développement d’une coopération scientifique sur les écosystèmes forestiers, notamment, afin d’accroître l’expertise internationale sur les liens entre santé et biodiversité. La deuxième thématique porte sur la mise sur pied des chaînes de valeur durables dans le secteur forestier, pour que leurs activités profitent à l’économie, à l’environnement et aux populations locales. La troisième thématique s’articule autour des financements innovants de la biodiversité, pour augmenter la quantité et la qualité des financements de la conservation des forêts tropicales.

Des voix se sont élevées dans la région du Kouilou pour dénoncer les risques de pollution et leurs conséquences sur les écosystèmes marins et côtiers. La société civile, les parlementaires, les collectivités locales, ont dénoncé la démission de l’Etat face aux conséquences des expositions environnementales. Les sources de rejets des polluants sont bien connues : exploitation-production, transport par pipelines et par voie d’eau, transport par rail et par route, terminaux pétroliers, raffinage, dépôts pétroliers et stations-service. Le cas de la région de la cuvette Ouest à Kellé et dans le Kouilou est à mentionner avec inquiétude. Je parie fort que la découverte d’un prétendu gisement dans la Cuvette centrale sera une autre source d’ennuis pour les populations même si Sassou dans ses nombreux mensonges se défend de « préserver les tourbières, au regard de leur incidence et la protection de la biodiversité ».

Maurice Massengo-Tiassé

Docteur d’Etat en droit

Spécialiste en droit international des Droits de l’Homme,

Ancien vice-président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), persécuté et a échappé à trois tentatives d’enlèvement pour être assassiné (31oct 2015 ; 29 et 31 mars 2016).

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