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Libye

Le succès de l'offensive du maréchal, Khalifa Haftar, en Libye --avec le soutien des Saoudiens, des Emiratis et des Egyptiens-- dépendra plus de sa capacité à retourner des milices locales que de la puissance de feu de ses troupes, estiment des analystes. En effet, il fait l'unanimité contre lui à Tripoli où les milices d'habitude rivales ont accepté de combattre ensemble pour le bouter hors des faubourg de Tripoli.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, actuellement, présent en Libye, s'est dit, jeudi, 4 avril, préoccupé par le "risque de confrontation", après des mouvements vers l'Ouest de troupes loyales à l'homme fort de l'Est libyen, Khalifa Haftar. A quelques jours de la Conférence sur la Libye sous l'égide des Nations-Unies (14-16 avril), Khalifa Haftar veut-il s'imposer comme le seul et unique interlocuteur incontournable ?

Pour le retour de la normalité en Libye, chacun y va de sa propre recette. Comme on peut le voir, détruire a été très (très) facile. Aujourd'hui, reconstruire ce qui a été (facilement) détruit, hier, s'avère très (très) compliqué. Maître d'oeuvre de cette destruction, la France de Nicolas Sarkozy se montre, particulièrement, impuissante pour corriger une situation dont la très prospère Libye du colonel Kadhafi, n'avait guère besoin. C'est ainsi que les initiatives pour faire revenir la paix et la stabilité dans ce pays se suivent et se ressemblent dans leur inconsistance. Pendant ce temps, les populations vivent, toujours, dans la souffrance quand elles ne se meurent pas. C'est dans cet élan que le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a proposé, lui aussi, son propre plan de sortie de crise en Libye, lundi, 1er avril, qui consiste en la tenue d'une conférence nationale de réconciliation. L'UA insiste, cependant, sur le fait que la solution aux questions libyennes doit être, avant tout, le fait des Libyens et des Africains, avant d'être le fait des autres. Il sait de quoi il parle.

La Commission nationale libyenne des droits de l'homme a rejeté, mardi, 26 juin, la "tentative européenne unilatérale" de création de camps d'immigration en Libye. Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, lors de son voyage, en Libye, lundi, 25 juin, l'avait laissé entendre. Une annonce, immédiatement, démentie, quelques heures plus tard par le vice-premier ministre libyen, Ahmed Miitig. Le gouvernement algérien n'en veut pas non plus, selon les propos de son ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, ce mercredi, 27 matin, sur Radio France Internationale. Il n'y a que le Niger et le Tchad, qui ont accepté l'installation de « hot spots » sur leur territoire, à la demande du président français Emmanuel Macron. Depuis, ces deux pays font l'objet de beaucoup de critiques de la part de leurs oppositions et de la société civile.

La compagnie nationale de pétrole (NOC) basée à Tripoli a fustigé, mardi, 26 juin, la décision de l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal, Khalifa Haftar, de remettre les principaux terminaux pétroliers du pays aux autorités parallèles, en soulignant que toute exportation de leur part serait "illégale". Ce dernier a annoncé, lundi, 25 juin, que les installations pétrolières sous contrôle de ses forces en Libye seraient, désormais, gérées par les autorités parallèles, basées dans l'Est du pays et hostiles au gouvernement reconnu par la communauté internationale. Il s'agit du gouvernement dirigé par le premier ministre Sarraj.

Là où elle fait de bonnes affaires, la Chine ne se mêle, jamais, de politique. Elle ne fait qu'aligner des contrats. Sa stratégie est, radicalement, différente de celle des Occidentaux, grands donneurs de leçons d'éthique et de morale (qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes) devant l'éternel. Avec son trésor de guerre, l'empire du milieu ne se fait pas prier pour conquérir l'Afrique. Cette Afrique qui est de moins en moins la chasse gardée de l'Occident. Ce dernier tente, actuellement, de rattraper son retard en suscitant, parfois, des conflits (sans queue ni tête ici et là), juste pour qu'on continue de faire appel à lui. Chacun fait la politique de ses moyens.

Des rebelles tchadiens basés dans le Sud de la Libye ont été bombardés par des avions du maréchal, Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen.

C'est quand même incroyable que l'ancien président devienne si petit et perde de la hauteur que devrait avoir un ancien chef d'Etat quelle que soit la circonstance. Rattrapé par son passé (criminel) en Libye qui a, complètement, détruit ce pays jadis prospère, ce qui a eu pour conséquence immédiate, la propagation du djihadisme dans toute l'Afrique sahélo-saharienne, il a osé se fendre d'une tribune dans Le Figaro de ce jeudi, 22 mars, matin, dans laquelle il affirme « vivre l'enfer de la calomnie depuis 2011 » à cause de ce drame libyen. Question à Monsieur Sarkozy : si, lui, vit cet « enfer » et est « calomnié », les Libyens, eux, vivent quoi ? Eux dont le pays, jadis si prospère, a été, totalement, détruit ? A l'heure actuelle, les Libyens n'ont plus de pays. Mais l'ombre d'un pays. Mieux vaut vivre en Syrie qu'en Libye. Que vivent les Africains qui n'ont jamais, jamais, accepté la destruction de la Libye bien que son leader, le colonel, Mu'ammar Kadhafi, fut tout, sauf un modèle de la démocratie ? L'Afrique attend des excuses de Nicolas Sarkozy, avant qu'il n'aille se confesser, droit, chez le pape, à Rome.

Afrique Education (version papier et site quotidien) a, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d'alarme sur la Libye. Si l'affaire de l'esclavage des Négro-Africains, dans ce pays, a ému la terre entière (situation que les Négro-Mauritaniens sous la présidence du distingué général, Mohamed Ould Abdel Aziz, vivent tous les jours que Dieu fait), la Libye, jadis terre de paix et de prospérité sous la direction du Frère Guide Kadhadi, est devenue, aujourd'hui, à cause de l'action néfaste de l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, et de l'OTAN, un nid de djihadistes qui fuient la Syrie et l'Irak, qui à pied, qui en avion, qui en voiture, qui en chameau, etc. Hier, pays que voulait visiter tout dirigeant africain, la Libye représente, actuellement, un caillou dans la chaussure de l'Occident. Et ce n'est pas demain la veille que la stabilité reviendra dans ce pays que les Africains considéraient (avec raison) comme un modèle à suivre dans beaucoup de domaines.

La récente révélation de ventes de migrants africains à Tripoli n'est pas un cas isolé : plus de 40 millions de personnes dans le monde, dont un quart d'enfants, sont, actuellement, réduits en esclavage, selon une étude menée en 2016. En 2003, Afrique Education avait lancé une rubrique bimensuelle alimentée, essentiellement, par les associations négro-mauritaniennes pour dénoncer l'esclavage et le racisme anti-noir qui sont pratiqués en Mauritanie. Ce mouvement avait conduit à la chute du colonel-président, Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya, en août 2005, ce qui avait conduit le magazine à supprimer cette rubrique, l'objectif ayant été atteint. D'autre part, le successeur du colonel Taya, le général, Ely Ould Mohamed Vall, s'était montré homme de bonne volonté, qui, contrairement, à son prédécesseur, avait prôné la fin de cette pratique, une fois arrivé au pouvoir. Mais, force est de reconnaître que sous le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, cette pratique est revenue en force, parfois, avec la complicité des autorités. Il faut, donc, à nouveau, se mobiliser. D'autant plus que la Libye, aujourd'hui, vient de nous démontrer que l'esclavage est capable de naître là où il n'existait pas, il y a quelques années, et qu'il faut une vigilance de tous les instants.

Les Africains qui accusent l'Union africaine (UA) d'être une organisation sans utilité, ont de quoi renforcer leur scepticisme à son endroit. Alors que cette dernière n'ignorait rien de ce qui se passe en Libye, en matière de trafic des êtres humains (tout comme elle connaît la situation qui prévaut en Mauritanie où l'esclavage continue de frapper les Négro-Mauritaniens), elle a fermé les yeux devant ce drame et préféré prendre le train en marche, comme les Nations-Unies et le reste de la communauté internationale, après le visionnage du reportage de la chaîne américaine CNN, sur cette question en Libye. Ses deux principaux responsables, à savoir, son président en exercice, Alpha Condé, et son président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, se sont limités à des condamnations de principe sans lendemain, au moment où la France, moins concernée que l'Afrique, a réagi, de son côté, avec efficacité. Non seulement, son président, Emmanuel Macron, a qualifié ce trafic de « crime contre l'humanité », mais, la France a pris l'initiative de faire inscrire cette affaire, de manière expresse, comme sujet devant être examiné par le Conseil de sécurité des Nations-Unies. On peut, légitimement, se demander à quoi sert l'UA ?

Le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Guinéen, Alpha Condé, s'est "indigné", vendredi, 17 novembre, des cas d'esclavage en Libye dénoncés, cette semaine, par l'ONU et dans un documentaire choc de la chaîne américaine CNN. Mieux vaut tard que jamais.

Le maréchal, Khalifa Haftar, est le très incontournable homme fort de la Libye qui réussit à reléguer au second plan, le premier ministre, al-Sarraj, que la communauté internationale a placé à la tête du gouvernement, à Tripoli. Alors que se tient une réunion présidée par les Nations-Unies, à Tunis, sur le processus de paix en Libye, le maréchal ne cache pas son scepticisme en déclarant que la paix en Libye ne sera pas le fruit d'un dialogue, mais, d'une victoire militaire sur les milices et forces armées négatives.

Contrairement aux présidents, Mahamadou Issoufou, du Niger, et Idriss Déby Itno, du Tchad, le maréchal, Khalifa Haftar, vient de surprendre les Européens, en leur soumettant un plan d'investissement de plusieurs dizaines de millions d'euros, afin de lui permettre de coopérer, avec efficacité, dans la lutte contre l'immigration clandestine.

Parce qu'il a été désigné et installé par les grandes capitales occidentales, le premier ministre libyen, al-Sarraj, n'a, jamais, fait l'unanimité. Une des raisons de sa cordiale mésentente avec l'homme fort de la Libye pétrolière, le maréchal Khalifa Haftar, est son manque de légitimité véritable. Nommé comme il l'a été, il ne peut, aucunement, représenter les intérêts de la Libye toute entière. Sa politique d'immigration (écrite par ses maîtres du Nord) en est la preuve. Il y a moins d'un mois, à Paris, le président français, Emmanuel Macron, décidait d'installer les hotspots en Libye. Comme dans toute bonne colonie qui ne se respecte pas. Décision prise à la place des Libyens. Aujourd'hui, c'est le parti radical italien qui porte plainte contre le gouvernement italien d'avoir contraint le gouvernement libyen à appliquer une politique anti-migrants qui bafoue les principes élémentaires des droits de l'homme.

Jean-Claude Gakosso a été confirmé au poste de ministre des Affaires étrangères du Congo-Brazzaville, lors du dernier remaniement, grâce au dossier libyen qu'il pilote, sans grand bonheur, depuis plusieurs mois. Pour permettre au président du Haut Comité de l'Union africaine sur la Libye, Denis Sassou-Nguesso, d'avoir une certaine continuité sur ce dossier que convoitent plusieurs pays voisins de la Libye, membres de la Ligue arabe et de l'OCI, le dictateur n'avait pas hésité à mettre un avion à la disposition de son chef de la diplomatie pour sillonner les grandes capitales arabes à ce sujet, ce qui lui a, d'ailleurs, permis de gonfler (un peu plus) les épaules (déjà bien larges). Mais comme de Gaulle avait coutume de dire : « La volonté seule ne suffit pas », sous-entendu, il faut avoir, aussi, la capacité. Tel ne semble, malheureusement, pas être le cas pour le Congo-Brazzaville, qui n'a pas l'étoffe suffisante pour s'occuper des affaires libyennes alors que les siennes propres (dans le Pool) dépassent son médiateur international de président.

Le président de la Croix-Rouge italienne, Francesco Rocca, a, vivement, dénoncé, jeudi, 17 août, à l'ONU, la récente interdiction faite aux ONG de patrouiller au large de la Libye pour secourir des migrants, interdiction qui contrevient, scandaleusement, au droit international, en la matière. D'autre part, il s'agit d'un cas patent de « non-assistance à personnes en danger » condamnable par tout tribunal italien (ou européen) et contrevenant aux dispositions (de base) de la Convention des Nations-Unies sur les droits de l'homme.

Après avoir mis le bordel en Libye, pays qui vivait, paisiblement, sous la dictature éclairée du colonel Kadhafi, les Occidentaux peinent, aujourd'hui, à y réinstaurer la paix. Chaque faction libyenne se fait manipuler, plus ou moins, par son mentor. Placé à Tripoli de façon fantoche par les Nations-Unies, le premier ministre, Fayez al-Sarraj, est réputé être l'homme des Occidentaux (à qui il ne sait pas dire Non). A l'Est, le maréchal Haftar dont les intentions sont, encore, floues, composent avec des puissances sous-régionales dont l'Egypte qui dispose d'une force militaire non négligeable. Il entretient, aussi, de très bonnes relations avec Moscou, qui fait attention à ne pas se faire enrôler par les Nations-Unies (les yeux fermés) et se retrouver, d'une manière ou d'une autre, à soutenir le gouvernement pro-occidental de Tripoli dirigé par Sarraj, l'ennemi de Haftar. En tournée à Moscou, ce lundi, 14 août, le maréchal Haftar a obtenu ce qu'il cherchait, à savoir, le soutien du gouvernement russe dans les futurs pourparlers inter-libyens. Il est à noter que dans ce processus difficile, point de place notable pour la « médiation » de l'Union africaine, conduite par le dictateur congolais, Sassou-Nguesso.

C'est un article du quotidien, Washington Times, du 8 août, qui l'affirme : « Hillary Clinton veut être un chef spirituel », prétend son pasteur, le révérend Bill Shillady. Après avoir trempé avec le président français, Nicolas Sarkozy, dans l'assassinat du guide libyen, Mu'ammar al Kadhafi, c'est, plutôt, une bonne nouvelle sous forme de repentance, ce beau dimanche, 13 août 2017. Qui l'eût cru ?

Le nouvel envoyé de l'ONU pour la Libye, le Libanais, Ghassan Salamé, a rencontré, vendredi, 28 juillet, le secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres, au siège de l'Organisation, à New York. La feuille de route qu'il compte appliquer, en Libye, a été exposée au secrétaire général de l'ONU.

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