Libye

La récente révélation de ventes de migrants africains à Tripoli n'est pas un cas isolé : plus de 40 millions de personnes dans le monde, dont un quart d'enfants, sont, actuellement, réduits en esclavage, selon une étude menée en 2016. En 2003, Afrique Education avait lancé une rubrique bimensuelle alimentée, essentiellement, par les associations négro-mauritaniennes pour dénoncer l'esclavage et le racisme anti-noir qui sont pratiqués en Mauritanie. Ce mouvement avait conduit à la chute du colonel-président, Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya, en août 2005, ce qui avait conduit le magazine à supprimer cette rubrique, l'objectif ayant été atteint. D'autre part, le successeur du colonel Taya, le général, Ely Ould Mohamed Vall, s'était montré homme de bonne volonté, qui, contrairement, à son prédécesseur, avait prôné la fin de cette pratique, une fois arrivé au pouvoir. Mais, force est de reconnaître que sous le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, cette pratique est revenue en force, parfois, avec la complicité des autorités. Il faut, donc, à nouveau, se mobiliser. D'autant plus que la Libye, aujourd'hui, vient de nous démontrer que l'esclavage est capable de naître là où il n'existait pas, il y a quelques années, et qu'il faut une vigilance de tous les instants.

Les Africains qui accusent l'Union africaine (UA) d'être une organisation sans utilité, ont de quoi renforcer leur scepticisme à son endroit. Alors que cette dernière n'ignorait rien de ce qui se passe en Libye, en matière de trafic des êtres humains (tout comme elle connaît la situation qui prévaut en Mauritanie où l'esclavage continue de frapper les Négro-Mauritaniens), elle a fermé les yeux devant ce drame et préféré prendre le train en marche, comme les Nations-Unies et le reste de la communauté internationale, après le visionnage du reportage de la chaîne américaine CNN, sur cette question en Libye. Ses deux principaux responsables, à savoir, son président en exercice, Alpha Condé, et son président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, se sont limités à des condamnations de principe sans lendemain, au moment où la France, moins concernée que l'Afrique, a réagi, de son côté, avec efficacité. Non seulement, son président, Emmanuel Macron, a qualifié ce trafic de « crime contre l'humanité », mais, la France a pris l'initiative de faire inscrire cette affaire, de manière expresse, comme sujet devant être examiné par le Conseil de sécurité des Nations-Unies. On peut, légitimement, se demander à quoi sert l'UA ?

Le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Guinéen, Alpha Condé, s'est "indigné", vendredi, 17 novembre, des cas d'esclavage en Libye dénoncés, cette semaine, par l'ONU et dans un documentaire choc de la chaîne américaine CNN. Mieux vaut tard que jamais.

Le maréchal, Khalifa Haftar, est le très incontournable homme fort de la Libye qui réussit à reléguer au second plan, le premier ministre, al-Sarraj, que la communauté internationale a placé à la tête du gouvernement, à Tripoli. Alors que se tient une réunion présidée par les Nations-Unies, à Tunis, sur le processus de paix en Libye, le maréchal ne cache pas son scepticisme en déclarant que la paix en Libye ne sera pas le fruit d'un dialogue, mais, d'une victoire militaire sur les milices et forces armées négatives.

Contrairement aux présidents, Mahamadou Issoufou, du Niger, et Idriss Déby Itno, du Tchad, le maréchal, Khalifa Haftar, vient de surprendre les Européens, en leur soumettant un plan d'investissement de plusieurs dizaines de millions d'euros, afin de lui permettre de coopérer, avec efficacité, dans la lutte contre l'immigration clandestine.

Parce qu'il a été désigné et installé par les grandes capitales occidentales, le premier ministre libyen, al-Sarraj, n'a, jamais, fait l'unanimité. Une des raisons de sa cordiale mésentente avec l'homme fort de la Libye pétrolière, le maréchal Khalifa Haftar, est son manque de légitimité véritable. Nommé comme il l'a été, il ne peut, aucunement, représenter les intérêts de la Libye toute entière. Sa politique d'immigration (écrite par ses maîtres du Nord) en est la preuve. Il y a moins d'un mois, à Paris, le président français, Emmanuel Macron, décidait d'installer les hotspots en Libye. Comme dans toute bonne colonie qui ne se respecte pas. Décision prise à la place des Libyens. Aujourd'hui, c'est le parti radical italien qui porte plainte contre le gouvernement italien d'avoir contraint le gouvernement libyen à appliquer une politique anti-migrants qui bafoue les principes élémentaires des droits de l'homme.

Jean-Claude Gakosso a été confirmé au poste de ministre des Affaires étrangères du Congo-Brazzaville, lors du dernier remaniement, grâce au dossier libyen qu'il pilote, sans grand bonheur, depuis plusieurs mois. Pour permettre au président du Haut Comité de l'Union africaine sur la Libye, Denis Sassou-Nguesso, d'avoir une certaine continuité sur ce dossier que convoitent plusieurs pays voisins de la Libye, membres de la Ligue arabe et de l'OCI, le dictateur n'avait pas hésité à mettre un avion à la disposition de son chef de la diplomatie pour sillonner les grandes capitales arabes à ce sujet, ce qui lui a, d'ailleurs, permis de gonfler (un peu plus) les épaules (déjà bien larges). Mais comme de Gaulle avait coutume de dire : « La volonté seule ne suffit pas », sous-entendu, il faut avoir, aussi, la capacité. Tel ne semble, malheureusement, pas être le cas pour le Congo-Brazzaville, qui n'a pas l'étoffe suffisante pour s'occuper des affaires libyennes alors que les siennes propres (dans le Pool) dépassent son médiateur international de président.

Le président de la Croix-Rouge italienne, Francesco Rocca, a, vivement, dénoncé, jeudi, 17 août, à l'ONU, la récente interdiction faite aux ONG de patrouiller au large de la Libye pour secourir des migrants, interdiction qui contrevient, scandaleusement, au droit international, en la matière. D'autre part, il s'agit d'un cas patent de « non-assistance à personnes en danger » condamnable par tout tribunal italien (ou européen) et contrevenant aux dispositions (de base) de la Convention des Nations-Unies sur les droits de l'homme.

Après avoir mis le bordel en Libye, pays qui vivait, paisiblement, sous la dictature éclairée du colonel Kadhafi, les Occidentaux peinent, aujourd'hui, à y réinstaurer la paix. Chaque faction libyenne se fait manipuler, plus ou moins, par son mentor. Placé à Tripoli de façon fantoche par les Nations-Unies, le premier ministre, Fayez al-Sarraj, est réputé être l'homme des Occidentaux (à qui il ne sait pas dire Non). A l'Est, le maréchal Haftar dont les intentions sont, encore, floues, composent avec des puissances sous-régionales dont l'Egypte qui dispose d'une force militaire non négligeable. Il entretient, aussi, de très bonnes relations avec Moscou, qui fait attention à ne pas se faire enrôler par les Nations-Unies (les yeux fermés) et se retrouver, d'une manière ou d'une autre, à soutenir le gouvernement pro-occidental de Tripoli dirigé par Sarraj, l'ennemi de Haftar. En tournée à Moscou, ce lundi, 14 août, le maréchal Haftar a obtenu ce qu'il cherchait, à savoir, le soutien du gouvernement russe dans les futurs pourparlers inter-libyens. Il est à noter que dans ce processus difficile, point de place notable pour la « médiation » de l'Union africaine, conduite par le dictateur congolais, Sassou-Nguesso.

C'est un article du quotidien, Washington Times, du 8 août, qui l'affirme : « Hillary Clinton veut être un chef spirituel », prétend son pasteur, le révérend Bill Shillady. Après avoir trempé avec le président français, Nicolas Sarkozy, dans l'assassinat du guide libyen, Mu'ammar al Kadhafi, c'est, plutôt, une bonne nouvelle sous forme de repentance, ce beau dimanche, 13 août 2017. Qui l'eût cru ?

Le nouvel envoyé de l'ONU pour la Libye, le Libanais, Ghassan Salamé, a rencontré, vendredi, 28 juillet, le secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres, au siège de l'Organisation, à New York. La feuille de route qu'il compte appliquer, en Libye, a été exposée au secrétaire général de l'ONU.

A cette allure où l'Union européenne (UE) prend des mesures anti-immigration les unes plus inapplicables que les autres, ne va-t-elle pas interdire, bientôt, aux migrants africains de respirer l'air en provenance des côtes européennes ? En effet, après avoir, vainement, cherché à ériger des barrières sur la Méditerranée en investissant des centaines de millions d'euros dans différents dispositifs de surveillance, les pays de l'UE, toute honte bue, se sont dotés, ce lundi, 17 juillet, de nouvelles règles pour pouvoir empêcher l'exportation vers la Libye de canots gonflables et de moteurs hors-bord utilisés par les migrants, qui cherchent à rejoindre l'Europe par la Méditerranée. L'adoption de cette mesure plus que ridicule, voire, même anecdotique, montre que l'Europe perd le Sud et ne sait, réellement, plus sur quel pied danser, ni à quel sait se vouer.

La procureur de la CPI (Cour pénale internationale), Fatou Bensouda, n'a pas tardé à se manifester, après la libération de Seif al-Islam Kadhafi, le fils de l'ancien dirigeant libyen, assassiné en octobre 2011. Alors que la CPI réclame son extradition depuis, au moins, 2012, l'ancien héritier libyen a disparu dans la nature, après sa libération, avec la complicité de certains groupes armés. La CPI n'a aucun moyen de mettre la main sur lui, sauf en demandant l'appui du gouvernement du premier ministre, Fayez el-Sarraj, reconnu par les Nations-Unies et la communauté internationale. Mais selon plusieurs sources, ce fameux gouvernement Sarraj n'arrive même pas à contrôler la totalité de la ville de Tripoli. Comment compter sur lui pour arrêter et extrader Seif al-Islam ?

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), la Gambienne, Fatou Bensouda, vient d'affirmer, devant le Conseil de sécurité, que son Bureau examinait « attentivement » la possibilité d'ouvrir une enquête sur les crimes perpétrés contre les 300 000 migrants qui vivraient en Libye, ce pays étant devenu, selon des sources crédibles, un véritable « marché » pour la traite des êtres humains (esclavage). Le représentant de la Libye a, lui, dénoncé la complaisance actuelle envers les trafiquants « au Nord comme au Sud de la mer Méditerranée ».

Les deux principaux protagonistes de la crise en Libye, le chef du gouvernement d'union (GNA), Fayez al-Sarraj, et l'homme fort le maréchal Khalifa Haftar, se sont rencontrés, mardi, 2 mai, à Abou Dhabi, selon l'agence loyale aux autorités de l'Est libyen. Les deux négocient l'avenir de la Libye.

Des centaines de migrants le long des routes de migration en Afrique du Nord sont achetés et vendus sur des 'marchés d'esclaves' en Libye, ont déclaré des survivants à l'agence des Nations-Unies sur les migrations. Une révélation qui se passe de tout commentaire.

Le procès de Saïf al-Islam Kadhafi et de 36 autres dignitaires du régime du Colonel Mu'ammar Kadhafi n'a pas respecté les normes internationales en matière de procès équitable, selon un rapport de la Mission d'appui des Nations-Unies en Libye (MANUL) et du Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH). Pour ces deux organismes, la Cour pénale internationale (CPI) doit être saisie.

Un convoi du chef du gouvernement d'union nationale libyen (GNA), Fayez al-Sarraj, a essuyé, ce lundi, 20 février, des tirs, à Tripoli, selon les porte-parole du GNA et du Conseil d'Etat libyen.

Les chefs de la diplomatie tunisienne, algérienne et égyptienne se réuniront, dimanche, 19 février, à Tunis, pour discuter des moyens de mettre fin à la crise en Libye six ans après le début de la révolte dans ce pays.

Les mots ne pourraient pas bien qualifier la déception du nouveau secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, après l'affront que vient de lui faire subir Donald Trump, en mettant le veto des Etats-Unis à la nomination du Palestinien, Salam Fayyad, comme envoyé spécial des Nations-Unies en Libye.