L’ouvrage « Universités en crise » apparaît aujourd’hui comme un livre prémonitoire, alors que les finances de l’université française plongent et que les alertes se multiplient. Aujourd’hui, les présidents d’université tirent la sonnette d’alarme sur des budgets exsangues et le risque de fermeture de formations. La sonnette d’alarme avait été tirée depuis l’époque d’Alain Devaquet, ministre délégué de l’Enseignement supérieur, qui travaillait sous l’autorité de René Monory, ministre de l’Education nationale sous la première cohabitation de Jacques Chirac et François Mitterrand entre 1986 et 1988. Beaucoup se souviennent de la mort de Malik Oussékine… à cause des grèves à l’université. Devenue ministre d’Etat de l’Education nationale, lors du deuxième septennat de François Mitterrand, Lionel Jospin entreprit la construction de plusieurs universités accompagnées de réformes qui visiblement n’ont pas été poursuivies. D’où une situation de l’université française qui peut être qualifiée, aujourd’hui, de catastrophique comme le démontre Samuel Mayol dans son ouvrage « Universités en crise : Défis et réformes ».
« Universités en crise » montrait dès 2025 que la faillite financière n’est que le symptôme d’un mal plus profond : La dérive de l’université française, prise en étau entre autonomie sous-dotée, pressions identitaires et abandon de sa mission républicaine.
L’ouvrage met en lumière un faisceau de crises : Explosion des charges et des coûts fixes, rigidités budgétaires, recours croissant aux contrats précaires, difficultés à maintenir l’offre de formation et la qualité du service public.
Mais, il montre surtout que la crise financière nourrit et amplifie d’autres dérives : Montée des revendications identitaires et communautaires, contestation de la laïcité, intimidations idéologiques, banalisation de formes de censure qui minent la liberté académique et le débat scientifique.

Loin de se limiter à un constat, « Universités en crise » propose des pistes concrètes pour refonder l’université comme pilier républicain : Réaffirmer la priorité du financement de base, clarifier le périmètre de l’autonomie, restaurer la collégialité des décisions, garantir la neutralité du service public d’enseignement supérieur et protéger réellement la liberté de recherche et d’expression des enseignants-chercheurs.
L’auteur y défend une université à la fois exigeante et inclusive, ouverte à tous les publics mais ferme sur ses principes : Laïcité, neutralité, refus des assignations identitaires, primat du savoir et de la méthode scientifique sur les militantismes.
Universités en crise : Défis et réformes
Samuel Mayol, L’Harmattan, 2025.





