Les enseignants vont entreprendre un bras de fer avec le jeune pouvoir de Brice Oligui Nguema dès lundi, 19 janvier. La promiscuité de cette profession est indigne pour un pays comme le Gabon où le pouvoir d’achat (théorique) est l’un des plus élevés d’Afrique. Et pourtant, quand on interroge les Gabonais, ils sont très sévères et déclarent qu’ils mangent parfois un seul repas par jour. Un scandale !
Où va alors l’argent du pays ? Quand Brice Oligui Nguema prenait le pouvoir fin août 2023, le taux d’endettement du Gabon par rapport au PIB était de 70%, soit la limite admise par les critères de convergence de la CEMAC. Aujourd’hui, le Gabon affiche (maladroitement) un taux d’endettement de 80%, sans qu’on sache ce qui a été fait dans le pays : Investissements inopportuns parfois clientélistes, détournements multiples, rémunérations politiques pour calmer certains corps professionnels notamment l’armée et la police, politique de communication totalement absente, etc. Bref, Oligui a côtoyé le patriarche et son fils, mais semble n’avoir tiré aucune leçon d’une telle proximité. Il n’est pas tard pour bien faire. Il n’est qu’au début de son septennat mais il doit faire vite car, bientôt, le temps ne sera plus son allié (au regard de notre photo, Camélia Ntoutoume devrait être la ministre la plus choyée du gouvernement. C’est loin d’être le cas malheureusement).
Lors du Sommet de la CEMAC annoncé à Brazzaville cette semaine, le Gabon (et bien entendu le Congo-Brazzaville dont le taux d’endettement a dépassé les 100% de son PIB depuis belle lurette) sera parmi les pays les plus indexés. Et pourtant, le Gabon, cet émirat tropical bien aimé, ne devrait avoir aucun problème. On comprend que d’aucuns commencent à prédire la chute d’Oligui qui n’en ferait qu’à sa tête (ou pour les plus méchants, ne serait pas à la hauteur de la fonction).
En 2023, il bénéficiait de circonstances atténuantes au regard de la façon dont il avait accédé aux affaires. Mais, après avoir géré le pouvoir pendant deux ans et préparé sa victoire de 94% à la présidentielle de l’année dernière, il n’a plus d’excuse : Il fait le job ou il débarrasse le plancher.
Lundi, 19 janvier, le gouvernement a prévu d’envoyer des missions d’un genre nouveau dans les quatre coins du pays. Il s’agirait d’inspecteurs de l’éducation nationale entre autres qui seront déployés pour enregistrer les présences et les absences des enseignants. Avant d’éventuelles sanctions. Le patriarche agissait par le dialogue. Toujours la concertation. Et finissait par résoudre les problèmes. Rarement la manière forte. Brice doit s’en souvenir.

Il se compte de Gabonais qui demandent la tête de la ministre d’Etat de l’Education, Camélia Ntoutoume. C’est bien mais que ferait son successeur s’il ne dispose pas de moyens que Camélia demande depuis cinq ans (déjà sous Ali) sans rien avoir ? Il faut donc que les Gabonais retrouvent le calme et l’intelligence, et que les uns et les autres se parlent. Une centaine de syndicalistes souhaiterait rencontrer le chef de l’Etat. Pourquoi pas ? Le Gabon n’est-il pas un pays de dialogue ? Mais, que le président donne des moyens dont le système éducatif a réellement besoin. Car attention à malmener les enseignants : Ils peuvent venir faire acte de présence dans les salles de classe et refuser d’enseigner ou alors enseigner carrément des conneries aux élèves. Voilà pourquoi c’est un corps à choyer car il porte l’avenir de tout un pays. Que Camélia le fasse comprendre au président pour qu’il débloque les moyens nécessaires même si les caisses de l’Etat sont, actuellement, vides car dans l’enseignement supérieur où la situation est aussi précaire, sinon plus grave, les enseignants et les chercheurs observent comment seront traités leurs collègues du secondaire et du primaire. Avant d’aviser.





