Coup de théâtre dans le ciel très chaud de N’Djamena : Le ministre d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle du Tchad, Tom Erdimi, a démissionné. C’est une démission-surprise car rien dans le comportement de l’intéressé ne le laissait transparaître, même si on sait que dans un gouvernement, qui réunit plusieurs sensibilités politiques, il y a toujours quelques divergences d’appréciation. Mais de là à démissionner, il n’y a qu’un pas que l’ancien recteur de l’Université de N’Djamena a allègrement franchi en laissant son personnel du ministère sans voix. L’annonce de cette démission a été faite dans la nuit de mercredi, 3 mars, à jeudi, par un communiqué du premier ministre.
Sitôt l’information arrivée au niveau de la primature, la lettre de démission du ministre a été transmise au président de la République pour appréciation et conduite à tenir (sur notre photo, Tom Erdimi est fier de se montrer sous le portrait du chef de l’Etat). Pour l’instant, aucune raison officielle n’a été avancée pour expliquer cette décision. Tom Erdimi occupait ce poste depuis octobre 2022, peu après son retour d’exil en Egypte. Sa nomination était intervenue dans un contexte de rapprochement politique après plusieurs années d’opposition armée.
Membre de la tribu zaghawa à laquelle appartient le chef de l’Etat, Tom Erdimi est son oncle même si la vision politique n’a pas souvent été la même du temps du père de l’actuel chef de l’Etat. La preuve, c’est une fois arrivé au pouvoir que Tom a accepté la main tendue de MIDI (Mahamat Idriss Déby Itno). Mais une main de courte durée puisque l’intéressé préfère retourner à ses chères études dans l’opposition.

A l’origine de cette démission, certains observateurs au Tchad notent que la récente rencontre entre les présidents tchadien et français, à l’Elysée, n’a pas été du goût de tout le monde, surtout, pas de Tom Erdimi. Cette rencontre n’a jamais été sanctionnée par un communiqué public. Plusieurs rumeurs circulent sans aucun démenti, laissant penser qu’il y a du vrai dans ce qui se dit dans les réseaux sociaux.
Avant son entrée au gouvernement, Tom Erdimi était, notamment, connu comme cofondateur de l’Union des forces de la résistance (UFR), l’un des principaux groupes rebelles ayant combattu le pouvoir tchadien avant son ralliement.





