Mohamed Bazoum n’a pas encore sombré dans l’oubli. En effet, malgré son interminable incarcération dans un coin du palais présidentiel, l’ancien président déchu continue à bénéficier de quelques soutiens. C’est le cas du parlement européen, qui y est allé de son communiqué le 12 mars, à Strasbourg, après avoir adopté une résolution relative à sa libération ainsi qu’à celle des autres personnes faites prisonnières en lien avec le coup d’état du 26 juillet 2023. Une tentative de plus qui, sauf grande surprise, devrait tirer vers le haut le taux d’échec des précédentes.
Après plus de 2 ans de torpillage médiatique dirigé contre la junte nigérienne et son leader, le général, Abdourahamane Tiani, les amis de Mohamed Bazoum (sur notre photo avec sa femme) ont fini par réaliser que la méthode employée pour obtenir sa libération n’était pas la bonne. Certains d’entre eux allaient même jusqu’à rapporter le soi-disant embarras dans lequel se trouvait le général-président, Tiani, car ne sachant pas quoi faire de son détenu encombrant. Ce dernier ayant toujours refusé de signer sa démission de la tête de l’Etat nigérien. Il n’est donc pas étonnant que toute demande de remise en liberté le concernant ait été rejetée.
En réalité, les alliés de Mohamed Bazoum auraient dû le convaincre de se retirer, compte tenu du fait qu’il avait, non seulement, déjà, fait son temps, mais, qu’en plus, les Nigériens se sont rangés derrière son tombeur. Parmi tous les actes de mobilisation recensés autour des incarcérés de l’ancienne administration de Niamey, ce sont les efforts de médiation du Togo qui aboutirent à la libération de Salem Bazoum, le fils de l’ex couple présidentiel. Pour avoir su faire fléchir le régime militaire, cette initiative aurait dû être ré-exploitée. Mais, cela ne fut, hélas, pas le cas.

Pourtant, une issue de sortie à cette impasse aurait dès lors pu être trouvée avec l’aide des Togolais, contrairement, à la situation actuelle qui ne donne absolument aucune visibilité à terme quant à une perspective de résolution dudit différend. Le 2 avril prochain, le mandat présidentiel de Mohamed Bazoum prendra, officiellement, fin, ce qui pourrait ouvrir la voie au fameux procès pour haute trahison tant annoncé par le général, Abdourahamane Tiani, mais jamais formellement introduit auprès des instances judiciaires du pays.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





