Alors que le président, Bassirou Diomaye Faye, parle de « refondation du système éducatif » pour l’adapter au numérique, une question urgente se pose : Comment éviter que cette transition ne creuse encore davantage les inégalités entre les élèves des villes et ceux des campagnes, entre les familles aisées et les autres ? Le numérique peut être un outil d’émancipation… ou un nouveau fossé. Tout dépend des choix que nous ferons aujourd’hui.
Aujourd’hui, la fracture numérique est une réalité criante : Seules 40 % des écoles rurales ont un accès régulier à l’électricité, et encore moins, à Internet. Pendant ce temps, les programmes numériques actuels privilégient souvent les compétences « exportables » – comme le développement logiciel pour l’étranger – plutôt que les besoins locaux, comme l’agriculture intelligente ou l’artisanat digital. Pourtant, le président, Faye, a rappelé que la refondation doit être « en phase avec la vision Sénégal 2050 ». Une vision qui, pour être inclusive, doit commencer par garantir à chaque élève, où qu’il soit, les outils pour réussir.
Pour cela, trois priorités s’imposent. D’abord, lancer un plan « Numérique pour tous » : Equiper en urgence toutes les écoles publiques en accès gratuit à Internet et à des outils numériques, en commençant par les zones rurales. Créer des académies régionales du numérique pour former les jeunes aux compétences utiles localement, comme la gestion digitale des coopératives agricoles ou l’e-commerce pour les PME. Ensuite, exiger transparence et souveraineté technologique : Rendre publics les contrats avec les géants du numérique (Microsoft, Google, etc.) et les budgets alloués, et soutenir les startups sénégalaises qui développent des solutions éducatives adaptées à nos réalités. Enfin, repenser la pédagogie pour qu’elle soit inclusive : Former massivement les enseignants au numérique, avec des modules adaptés aux réalités locales, et développer des contenus qui reflètent notre culture et nos besoins, comme des manuels interactifs sur l’histoire africaine ou des outils pour l’entrepreneuriat rural.

Aux dirigeants, je dis : La refondation numérique de l’éducation ne doit pas être un luxe réservé à quelques-uns, mais, un droit pour tous. Aux partenaires internationaux, j’adresse un appel : Investissez dans nos écoles, pas dans nos dépendances. Aux parents et élèves, je rappelle : Exigez des outils qui servent notre développement, pas ceux qui nous éloignent de nos réalités. Comme l’a souligné le président, Faye, nous avons « le devoir de décider et la responsabilité d’assumer notre destin ». Assumons ce destin en faisant du numérique un pont, et non un fossé.
Une éducation numérique équitable, c’est la clé pour que nos jeunes deviennent acteurs de leur avenir, où qu’ils vivent et d’où qu’ils viennent. Le Sénégal a le choix : Soit nous reproduisons les inégalités avec des écrans, soit, nous les combattons. A nous de décider.
Samba Kara NDIAYE
Président du Parti NADEMS





