A l’aube des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 et dans un contexte marqué par les révélations sur la dette cachée, cette tribune interroge : Comment redonner à la jeunesse les clés d’un avenir souverain et compétitif ? Alors que des milliers de jeunes Sénégalais sortent de l’école sans perspective, Samba Kara NDIAYE propose des pistes concrètes pour réformer le système éducatif, garantir la transparence des budgets, et faire des jeunes les acteurs d’un développement endogène.
Quand un pays cache ses dettes mais affiche fièrement ses diplômés sans emploi, il y a un problème de vision. Aujourd’hui, des milliers de jeunes Sénégalais sortent de l’école avec un diplôme dans une main et un CV vide dans l’autre. Pourtant, l’éducation devrait être notre arme la plus puissante pour bâtir un avenir souverain et compétitif. Alors que les Jeux Olympiques de la Jeunesse approchent, rappelons une évidence : Aucune médaille ne remplacera jamais une éducation de qualité, accessible et adaptée aux réalités du 21e siècle.
Le système éducatif sénégalais est à bout de souffle (sur notre photo, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en train de manifester leur ras-le-bol à l’endroit du gouvernement). Entre des programmes déconnectés des besoins du marché, des écoles sous-équipées et des enseignants sous-payés, comment espérer former une jeunesse capable de relever les défis de demain ? La révélation de la dette cachée a montré que les priorités étaient ailleurs : Des milliards détournés des secteurs clés, comme l’éducation, au profit d’une opacité qui profite à quelques-uns. Pourtant, c’est dans les salles de classe que se joue l’avenir du Sénégal. Sans une éducation de qualité, nous condamnons toute une génération à l’exil ou à la précarité.
La jeunesse sénégalaise ne doit plus être un levier pour les politiciens, mais, l’actrice principale du développement endogène de notre pays. Trop longtemps, les jeunes ont été instrumentalisés pour des promesses électorales ou des discours creux. Il est temps de leur rendre leur dignité et leur pouvoir : Celui de construire eux-mêmes leur avenir, ici, au Sénégal. Cela passe par une éducation qui libère les esprits, qui forme des citoyens critiques et des entrepreneurs innovants, capables de transformer nos ressources locales en richesses durables. Nos jeunes ne sont pas des électeurs en devenir, mais, des bâtisseurs d’aujourd’hui.
Pour redonner à notre jeunesse les clés de son avenir, des solutions existent. D’abord, réformer les programmes scolaires pour y intégrer des compétences pratiques : Numérique, entrepreneuriat, agriculture moderne. Ces matières doivent être enseignées dès le secondaire, en partenariat avec le secteur privé pour des formations certifiantes. Ensuite, garantir la transparence sur l’utilisation des budgets alloués à l’éducation. Chaque franc doit être tracé et publié en ligne, avec des comités citoyens de suivi dans chaque région pour s’assurer que l’argent arrive bien dans les classes. Enfin, impliquer les communautés dans la gestion des écoles. Les parents, les enseignants et les élèves doivent co-construire les projets éducatifs locaux, via des « Écoles Citoyennes » ou des bibliothèques de quartier, pour que l’éducation soit vraiment au service de tous.

Aux dirigeants, je dis : L’éducation n’est pas une dépense, c’est un investissement. Aux enseignants, je rappelle : Vous êtes les héros invisibles de ce pays, et nous vous soutenons. Aux parents et aux jeunes, j’adresse un appel : Exigez une éducation qui vous prépare à réussir, pas à survivre. Ensemble, faisons de l’école sénégalaise un tremplin, pas un piège.
Une jeunesse éduquée est une jeunesse libre. Redonnons à nos enfants et à nos étudiants les outils pour construire le Sénégal de demain – un Sénégal souverain, compétitif et juste. L’éducation est notre arme la plus puissante contre l’opacité et l’injustice. Utilisons-la.
Samba Kara NDIAYE
Président du Parti NADEMS





