Depuis son élection au premier tour avec 50,77 % des voix en date du 15 mars 2026, Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis (93), est victime d’un déferlement d’injures racistes et de cyberharcèlement au sein de la sphère médiatique. Bien que le premier ministre et le ministre de l’Intérieur aient (fermement) condamné ces propos racistes à l’Assemblée nationale après avoir été interpellés par plusieurs députés de La France Insoumise (LFI), le président, Emmanuel Macron, lui, est, jusque là, reste silencieux.
Vendredi, 3 avril, lors d’un débat télévisé sur CNews consacré aux premiers jours de mandat de Bally Bagayoko (la nouvelle star de la chaîne d’extrême droite), plusieurs invités ont pris la parole sans la moindre retenue, laissant apparaître un racisme totalement décomplexé et honteux : « Sûrement qu’il y a un peu de ça. Maintenant, c’est important de rappeler que l’homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu, nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité », a répondu le psychologue, Jean Doridot, en plateau.
Le lendemain, la chaîne du groupe Bolloré (milliardaire français grâce à sa richesse en Afrique) a, une nouvelle fois, été au centre de la polémique, après des propos ouvertement racistes tenus par le philosophe, Michel Onfray, attribuant à Bally Bagayoko une attitude de « mâle dominant » pour avoir appelé à faire « allégeance » après son élection. « Ça, c’est très tribal. On fait l’allégeance au mâle dominant », a déclaré Michel Onfray. Face à ces propos d’une extrême violence, le nouveau maire de Saint-Denis a appelé à la fermeture de la chaîne CNews dénonçant « une société de plus en plus raciste » et un silence « scandaleux » du président de la République.
Dès lors, une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris pour injures publiques racistes envers Bally Bagayoko, conformément, à l’article 29 alinéa 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cependant, une question légitime mérite d’être posée : La France a-t-elle fini par banaliser les discours racistes dans la société ? Pourquoi Emmanuel Macron choisit-il de rester silencieux lorsqu’il s’agit du racisme envers les noirs de France, alors qu’il prend souvent la parole pour dénoncer le racisme visant d’autres communautés ?

Une chose est certaine : Si la liberté d’expression est un principe fondamental en France, elle ne saurait justifier un journalisme fondé sur l’insulte, la diffamation, la provocation ou sur la mise en opposition d’une partie de la société française contre une autre. Cependant, force est de constater que la chaîne CNews s’inscrit malheureusement dans cette dynamique de haine et de désinformation, raison pour laquelle cette chaîne a fait l’objet de plusieurs sanctions venant de l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique).
Marc Aurélien TEDGA
Titulaire d’un BTS Systèmes numériques informatiques et réseaux (Académie de Versailles).
Titulaire d’une Licence 3 en Administration publique, parcours État à l’IPAG de l’Université de Poitiers (Centre universitaire de Paris-Nanterre).
Titulaire d’une Licence 3 Professionnelle en Droit public, parcours Administrations des collectivités territoriales à la Faculté de droit de l’Université Paris-Saclay (Vice-major de promotion 15/20).





