Après des années de bons et loyaux services rendus à leurs maîtres européens, Macky Sall et Umaro Cissoko Embalo ont improvisé un séjour éclair à Bruxelles fin mars (notre photo), principalement, pour y sécuriser un retour d’ascenseur de leur part. Frustrés d’avoir été mis à la retraite, les deux anciens dirigeants en ont surpris plus d’un, n’ayant pas honte de faire la manche, et s’attirant l’empathie de certains médias, qui sont allés jusqu’à qualifier leur acte de ballade diplomatique.
On imagine tout l’embarras dans lequel ont dû se trouver les hautes personnalités de la Commission de l’Union européenne (UE) à l’annonce surprise de la présence dans leurs locaux de Macky Sall et Umaro Cissoko Embalo. En effet, ce n’est pas tous les jours que deux ex-présidents africains, dépourvus de tout attribut officiel, bousculent le protocole de la sorte pour arracher une audience et quémander un coup de pouce. Alors que c’est plutôt dans leur pays qu’ils sont attendus.
Pour rappel, Macky Sall a, méthodiquement, appauvri le Sénégal par sa mal-gouvernance pendant une décennie entière. Tandis que Umaro Cissoko Embalo, surnommé le narco-président, s’est, personnellement, employé à consolider la place de la Guinée-Bissau comme l’une des plaques tournantes du trafic de drogues en Afrique. Le contexte de leur arrivée à Bruxelles en dit long sur la façon dont ils ont dû raser les murs pour éviter de croiser leurs compatriotes expatriés.
De nature obstiné, Sall ne s’est pas laissé décourager par la désillusion subie à la suite du récent refus de l’Union africaine d’appuyer sa candidature au secrétariat des Nations-Unies. Bien au contraire, conscient du poids de l’UE dans un tel processus, il comptait, probablement, sur la bénédiction des chefs de Bruxelles pour pouvoir se relancer dans cette course, qu’il a déjà perdue avant son entame. Mais, malheureusement pour lui, il n’a plus aucune valeur à leurs yeux.

Désormais, aux côtés d’un illustre destructeur de démocratie, à savoir, Cissoko Embalo, aussi, en quête d’une relance de carrière, Sall a gaffé en acceptant la compagnie d’un individu encore plus controversé que lui-même, même s’il est vrai que des deux hommes, le Bissau-guinéen est celui dont les contacts avec le leadership de l’UE sont les plus récents, puisque sa rencontre avec Antonio Costa, le président du Conseil européen remonte à février 2025.
La messe n’est, peut-être, pas encore dite pour les deux hommes, qui estiment, certainement, encore pouvoir servir à un haut niveau. Mais, leur retour sur le devant de la scène ne saurait se faire sans leur prise de responsabilité individuelle dans la manière dont ils ont, chacun, géré leur pays, quand ils y occupaient la plus haute fonction. La seule question est de savoir s’ils seront suffisamment courageux pour affronter leurs vieux démons ou s’ils continueront à se défiler. Les deux présidents ont pratiquement fui leurs pays et évitent d’y mettre les pieds.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





