PRESIDENTIELLE A DJIBOUTI : Un score soviétique pour Ismaïl Omar Guelleh

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Le chef de l’Etat djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, est un bon élève de l’ancien numéro un soviétique, Leonid Brejnev. En proclamant, samedi, 11 avril, sa victoire à la présidentielle où il était (presque) le candidat unique, pour un sixième mandat, il pensait, certainement, à son ancien maître du Kremin.

Alors qu’on n’était encore à seulement 6% du dépouillement des inscrits au niveau national, le président, qui ne voulait, nullement, faire durer le suspense, a posté, sur son compte X, un grand portrait de son illustre personne, orné de son nom, avec la mention en très gros caractères : « REELU ». C’est son sixième mandat à la tête de ce pays qu’il dirige depuis bientôt 30 ans. Sans discontinuer. En face de lui, un petit candidat sans envergure, a été moins qu’inexistant. Appelé Mohamed Farah Samatar, président du Centre démocrate unifié (CDU, un parti sans élu au Parlement), cet illustre inconnu rassemblait, lui, 3,52% des voix dans les 6% de bulletins dépouillés. Autrement dit, l’inamovible Guelleh en était à 96,48%. Pas moins ! Les estimations annoncent un taux de participation situé entre 36 et 58%.

A la tête depuis 1999 de l’un des pays les moins peuplés du continent – un peu plus d’un million d’habitants -, IOG (Ismaïl Omar Guelleh) a su faire fructifier sa position géographique, dans une Corne de l’Afrique par ailleurs troublée et théâtre de luttes d’influences étrangères. Sur ses seulement 23.000 km2, Djibouti accueille des bases militaires de cinq puissances (France, Etats-Unis, Chine, Japon, Italie), engendrant d’importants bénéfices financiers, mais aussi, sécuritaires et politiques. Chose remarquable : La Russie n’y a plus de base tandis que la Chine y abrite son unique base militaire en Afrique, celle surveillant sa Route de la Soie.

Cette ancienne colonie française où l’islam est religion d’Etat, borde le détroit de Bab-el-Mandeb, qui donne accès à la Mer Rouge depuis le Golfe d’Aden et par lequel transite une grande part du commerce entre Asie et Occident.

Voici le slogan de l’opposition ou de ce qui en tient lieu : « Plus dictateur que Guelleh, tu meurs ! »

Dans les rues de Djibouti-Ville, les affiches électorales vantent toutes les mérites d’IOG. Le visage de son adversaire est invisible

Ismaïl Omar Guelleh avait annoncé qu’il passerait la main en 2026, mais, c’était plus fort que lui. Pour preuve, une révision constitutionnelle en novembre a levé la limite d’âge des candidats à la présidentielle. Son entourage justifie cette nouvelle candidature par une nécessaire «stabilité» dans une région troublée. Des analystes l’estiment surtout motivée par les risques de fracturation du régime que fait peser l’absence de successeur faisant l’unanimité. Et IOG, lui-même, voudrait mourir au pouvoir, sinon, il aurait trouvé un dauphin depuis longtemps.

Diplomates et analystes s’interrogent sur l’état de santé du président âgé de 78 ans, qui se déplace avec difficulté.

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