CORRUPTION : Le Cameroun n’est (vraiment) pas la Chine

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Deux anciens ministres chinois de la Défense viennent d’être condamnés à mort avec sursis pour corruption alors qu’au même moment, un chef d’entreprise chinois, propriétaire d’un supermarché, à Yaoundé, est menacé de sanction par le gouvernement pour avoir osé bastonner un de ses employés qui a volé dans son magasin. L’employé devait choisir sa sanction : l’enfermement dans une cellule de la gendarmerie de la ville ou la bastonnade. Il a choisi d’être bastonné (notre photo). Résultat, les réseaux sociaux, qui se sont emparés de la vidéo, ont déplacé le problème en privilégiant l’aspect « dégradation de l’honneur d’un employé maltraité dans son propre pays, mauvaises conditions de travail et bas salaire » et non le fait qu’il se soit livré au vol dans le magasin connaissant les conséquences d’un tel acte. Moralité : En Chine, le pouvoir ne tolère pas la corruption et le vol tandis qu’au Cameroun, le vol est vénéré et entretenu par, au moins, un membre du gouvernement.

Ce membre du gouvernement s’appelle Grégoire Owona, ministre du Travail, dont l’une des missions est de s’assurer que les conditions de travail sont respectées dans les entreprises. Ce qui est loin d’être le cas, le non-respect des textes étant la norme dans le pays, et pas seulement, dans les entreprises chinoises. Les employeurs s’adaptent à l’environnement et au contexte qui prévaut dans le pays où la situation est difficile pour tout le monde y compris pour l’Etat lui-même dont certains démembrements (entreprises publiques) restent plusieurs mois sans payer leurs salariés. Mais, là n’est pas le problème. Le problème, c’est le fait qu’un employé ait choisi d’être tabassé pour le vol qu’il a commis et que son acte ne soit pas condamné par le membre du gouvernement.

Le populisme du ministre du Travail Grégoire Owona qui, au lieu de sanctionner le voleur, a pris sa défense et fait fermer (provisoirement) le magasin du Chinois. On marche sur la tête à Yaoundé.

Dans les réseaux sociaux, on a oublié que le travailleur a volé avant d’être bastonné. On a préféré relever que le patron chinois maltraite ses employés qu’il ne paie pas correctement. Le problème inquiétant, ici, c’est que le ministre du Travail ait pris la défense de l’employé voleur en réprimandant le patron chinois au vu et au su de tous. Il faut rappeler qu’en Chine, on peut se retrouver avec un doigt coupé parce qu’on s’est livré à un acte de vol. C’est courant que les Chinois qui résident en Afrique, présentent des mains avec des doigtés coupés. C’est la sanction qui leur est infligée quand ils ont été pris la main dans le sac. Voilà la culture du chef de l’entreprise chinoise qui sait que dans son milieu, le vol est sévèrement sanctionné.

A Dubaï, par exemple, il n’y a pratiquement pas de vol pour la simple raison que si on vole, et l’une des nombreuses caméras perchées dans la ville, capte votre image et la police vous retrouve, vous pouvez avoir le bras coupé. C’est pourquoi, vous pouvez oublier votre téléphone quelque part, et vous le retrouvez après vous en rendre compte. A Douala ou à Yaoundé, ce n’est pas possible.

Au Cameroun, le vol et la corruption sont un sport national, que combat le pouvoir au regard du renforcement des organismes qui luttent contre les détournements (CONAC, TCS, etc.). On aurait plutôt cru que le ministre du Travail allait contrôler la régularité administrative du fonctionnement du supermarché du Chinois, après avoir pris le soin de conduire l’employé voleur auprès de son collègue, secrétaire d’Etat à la Gendarmerie ou délégué général à la Police, pour qu’il passe quelque temps en cellule. Et non prendre fait et cause pour le voleur, qui est un non-sens dans un pays qui (officiellement) lutte contre le vol et les détournements depuis une vingtaine d’années avec des résultats qu’on connaît.

Pour montrer que la Chine lutte différemment contre le vol et la corruption, voici l’histoire de deux anciens ministres de la Défense qui viennent d’être condamnés à la prison à vie. De quoi s’agit-il ?

Ces deux anciens ministres de la Défense chinois vont mourir en prison pour corruption et autres détournements.

Un tribunal militaire chinois a condamné, jeudi, 7 mai, à la peine de mort avec sursis deux ex-ministres de la Défense, Wei Fenghe et Li Shangfu, en poste entre 2018 et 2023, pour des faits de corruption. Il s’agit des peines les plus lourdes infligées à des personnalités militaires de haut rang dans le cadre de la campagne anticorruption lancée par le président chinois, Xi Jinping, suite à son arrivée au pouvoir fin 2012.

A l’issue de deux années de sursis, les peines de Wei Fenghe (72 ans) et Li Shangfu (68 ans) seront commuées «en réclusion à perpétuité, sans possibilité de réduction de peine ni de libération conditionnelle», a indiqué l’agence Chine nouvelle. Les deux hommes étaient aussi d’ex-membres de la Commission militaire centrale, l’organe qui contrôle l’armée chinoise. Ils apparaissaient fréquemment à la télévision.

Le tribunal militaire a reconnu Wei Fenghe coupable d’avoir accepté des pots-de-vin, tandis que Li Shangfu a été reconnu coupable de corruption active et passive, selon Chine nouvelle. Chine nouvelle n’a pas précisé l’ampleur des malversations. Les deux hommes ont également été condamnés à la privation à vie de leurs droits civiques et à la confiscation de tous leurs biens personnels, a ajouté Chine nouvelle.

C’est vrai que la Chine n’est pas le Cameroun et vice versa. Mais, le Cameroun peut-il réellement aller de l’avant dans son développement quand certains membres du gouvernement prennent la défense des voleurs au lieu de les sanctionner sévèrement ?

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