Allemagne-USA : Les raisons de la diatribe de Friedrich Merz

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Las de subir depuis plus de 18 mois les assauts répétés de Donald Trump, les Européens ont, enfin, décidé de riposter. En effet, ce qu’ils faisaient, habituellement, à huis clos, par manque de courage, a, aujourd’hui, laissé place à des actes lourds de sens, qui risquent de redéfinir la relation entre les deux Blocs depuis la seconde guerre mondiale. Et c’est au chancelier allemand, Friedrich Merz, qu’a été fait l’honneur de sonner le glas de cette révolte. Un choix fait à dessein. 

Choqué par la violence inouïe du discours du vice-président américain, JD Vance, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en février 2025, le leader allemand avait juré de rendre la pareille au président américain. C’est désormais chose faite avec ses récentes déclarations sur l’impasse du conflit armé en Iran. En la qualifiant d’humiliation pour Washington, Berlin a cherché et a obtenu la réponse qu’elle espérait : Une réduction des troupes américaines chez elle. 

Mais, que dire du stratagème employé pour arriver à ce résultat ? Surtout quand on sait qu’il cadre, ironiquement, avec le désengagement assumé par deux des plus hauts responsables américains, à savoir, JD Vance et Marco Rubio, le secrétaire d’Etat, dépêchés, chacun, par la Maison Blanche, pour le rendez-vous sécuritaire de Munich 2025 et 2026. Au vu de sa réaction, il est indéniable que Donald Trump ne s’attendait pas à découvrir cette facette de Friedrich Merz.

Avant de succéder à Olaf Scholz à la chancellerie allemande, il était décrit comme étant un avocat stratège chez l’Américain, Blackrock. Cependant, les faits révèlent plutôt son incohérence, puisqu’il est capable de constater les effets négatifs du conflit en Iran, mais, pas ceux de la guerre en Ukraine, bien que ces derniers frappent directement son pays. En seulement un an à son poste, sa popularité s’est effondrée à 15%, du jamais vu pour un chancelier allemand.

JD Vance à la Conférence de Munich où il avait tenu de violents propos contre les Allemands et les Européens.

Cet effondrement historique fait les affaires de l’AfD, le parti d’extrême droite et pro-nationaliste, qui a déclaré vouloir fermer toutes les bases américaines présentes en Allemagne, une fois arrivé au pouvoir. Y voyant la possibilité d’une survie politique, Merz s’est empressé de s’approprier cette idéologie, espérant par la même occasion pouvoir freiner la dynamique de montée en puissance de l’AfD, devenu le principal parti politique du pays. 

Avec ses 28% actuels d’intentions de vote, jamais l’extrême droite allemande n’a été aussi haut dans les sondages, notamment, après avoir pu repousser les tentatives de la coalition au pouvoir de la faire ficher comme étant une entité terroriste. Faute d’y être parvenu, Friedrich Merz flirte, désormais, avec certaines des propositions nationalistes de l’AfD appréciées des Allemands, qui sont fatigués d’entendre parler de soutien à l’Ukraine, alors que leur économie est en chute libre. 

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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