LEON XIV A LAMPEDUSA : Exhortation pour que l’Europe protège davantage les migrants

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En visite sur l’île méditerranéenne de Lampedusa, symbole du drame des migrants morts en Mer Méditerranée, le pape, Léon XIV, a exhorté, samedi, 4 juillet, l’Europe à mieux répondre à « l’appel historique » de la crise migratoire. Il a appelé à intégrer « les premiers secours » dans une stratégie de long terme, au moment où l’Union européenne durcit ses mesures.

 Le Saint-Père n’est pas de nature à abandonner une cause qui lui tient à cœur. Comme son prédécesseur, François, les migrants constituent un sujet essentiel de son pontificat et n’oublie jamais à en faire état dans les milieux où le débat sur l’immigration fait rage, en appelant à plus de responsabilité, d’humanité et de générosité. «L’Europe est en mesure (…) d’aborder la crise de manière organique, en inscrivant les premiers secours dans un plan stratégique à long terme, capable d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer les migrants», a-t-il déclaré dans son homélie.

Le Saint-Père bénit la pierre où sont gravés quelques écrits en faveur de la tolérance pour les migrants.

Arrivé à 9 heures (7 heures GMT) sur l’île de Lampedusa, le souverain pontife a débuté sa visite par un temps de recueillement au cimetière abritant des tombes numérotées de migrants non identifiés. Après avoir déposé une gerbe, il s’est, ensuite, rendu à la «Porte de l’Europe», un monument dédié aux victimes, où il s’est recueilli, seul, sur un rocher face à la mer, sa soutane battue par un fort vent. A l’image de sa visite sur l’archipel espagnol des Canaries le mois dernier, le pape américain a fait de la défense des migrants un thème récurrent de son pontificat, remerciant ceux qui aident les plus démunis et dénonçant les expulsions massives aux Etats-Unis, son pays d’origine. Même si le vice-président américain compte maintenir des bonnes relations avec le Saint-Siège, Léon XIV ne ménage aucun effort pour reprocher la politique inhumaine de Donald Trump à l’endroit des migrants qu’il expulse massivement. A moins d’un miracle, il est difficile d’envisager une certaine entente cordiale entre les deux hommes, tellement leurs positions sont diamétralement opposées sur cette question.

Sa visite d’une demi-journée sur cette île de 20km², située entre la Tunisie et Malte, et qui compte environ 6000 habitants, intervient quelques semaines après l’adoption par l’Union européenne (UE) de nouvelles mesures migratoires prévoyant notamment un recours accru à la détention et la création de centres de rétention hors des frontières de l’UE. « La présence du pape Léon XIV envoie un message clair à une époque où le débat politique mondial sur la migration se concentre davantage sur les frontières et la dissuasion plutôt que sur la protection et la responsabilité partagée », a asséné Filippo Ungaro, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR). Une critique à peine voilée des Etats-Unis et de l’Europe.

Comme à son habitude, il n’a pas hésité à dénoncer dans son homélie les politiques européennes devenues de plus en plus restrictives contre l’immigration.

Située à seulement 145 kilomètres des côtes tunisiennes, Lampedusa est devenue, malgré ses plages de sable fin, l’un des principaux symboles de la crise migratoire en Europe. Plus de 360 personnes y avaient péri dans un naufrage en octobre 2013, la pire catastrophe de l’histoire de l’île, tandis que des milliers d’autres migrants y ont trouvé la mort. Lampedusa « est un lieu d’une importance particulière… nous sommes ici pour témoigner de son engagement à accueillir ceux qui cherchent un meilleur endroit (où vivre) », a renchéri Vanda Mainardi, 65 ans, venue du Nord de l’Italie pour voir le pape.

Le Saint-Père a encouragé les migrants à mieux s’intégrer dans leurs pays d’accueil et salué une famille immigrée venue à lui.

L’évêque de Rome, qui compte 1,4 milliard de fidèles, a, également, exhorté les migrants à s’intégrer en apprenant la langue de leur pays d’accueil, en respectant ses lois et en se familiarisant avec ses coutumes. L’arrivée du pape suscitait une forte attente vendredi parmi les habitants de cette île vivant principalement de la pêche et du tourisme.

La traversée de la Méditerranée centrale depuis l’Afrique du Nord est la route migratoire la plus meurtrière au monde, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En 2025, quelque 1330 personnes sont mortes ou ont disparu en tentant cette traversée, indique l’OIM. Cette route est surveillée par une poignée de navires d’organisations humanitaires qui accusent l’UE de ne pas agir pour prévenir les naufrages.

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