Karim Khan est visé par des allégations d’agression sexuelle contre une membre de son équipe, accusations qu’il rejette. Une affaire cousue de fil blanc. Quand on n’aime plus son chien, on l’accuse de rage. Karim Khan restera un grand procureur contrairement à Fatou Bensouda et Luis Moreno-Ocampo, ses deux prédécesseurs aux ordres.
L’Assemblée des 125 Etats membres de la Cour pénale internationale (CPI) (CPI) a décidé, vendredi, 24 juillet, de relever de ses fonctions le procureur général, Karim Khan (notre photo), visé par des allégations d’agression sexuelle contre une membre de son équipe, accusations qu’il rejette vigoureusement. Avec raison. Il l’a indiqué à la presse et à toutes les représentations diplomatiques des pays membres de la CPI. C’est un coup fourré par les pays qui le persécutaient et en voulaient à son indépendance. Il s’agit d’Israël, des Etats-Unis et de la Russie, trois pays qui étaient dans le collimateur du procureur, qui refusait de s’agenouiller devant eux contrairement à ses deux prédécesseurs qui n’étaient indépendants que de nom.
Lors d’un vote à bulletins secrets pendant une réunion exceptionnelle et à huis clos au siège de l’ONU, à New York, 82 Etats membres (travaillés au corps par ce trio infernal) ont voté pour mettre un terme au mandat du Britannique, alors que 63 voix étaient nécessaires. Seuls 13 Etats ont voté pour le maintenir à son poste. Vive leur indépendance qui n’aura cependant pas permis à Karim Khan de garder son fauteuil.
En mai 2025, le Britannique avait quitté, temporairement, ses fonctions en attendant le résultat d’une enquête lancée l’année précédente à la suite d’accusations d’une collaboratrice. Il avait, ensuite, été suspendu, en juin, par les 21 membres du Bureau de l’Assemblée.
Agé de 56 ans et en poste depuis 2021, Karim Khan a toujours rejeté toutes les accusations. Dans une lettre ouverte publiée cette semaine sur X, ses avocats avaient appelé les Etats membres à ne pas relever le procureur de ses fonctions, affirmant notamment que les procédures permettant à leur client de se défendre n’avaient pas été respectées.

Ils avaient, également, mis en garde contre le risque d’envoyer un message pouvant mettre en danger l’indépendance des futurs procureurs, une allusion aux dossiers très médiatiques traités par leur client. Karim Khan avait, notamment, fait les gros titres en 2024 en obtenant des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, et son ex-ministre de la Défense, Yoav Gallant, dans le cadre de la guerre à Gaza. La CPI, dont le siège est à La Haye, avait, également, délivré des mandats d’arrêt contre des hauts responsables du Hamas palestinien, tués depuis.
Quant on regarde la façon dont Netanyahu se comporte à la tête du gouvernement hébreu, tuant qui il veut, quand il veut et comme il le décide, bombardant quand les dirigeants d’un Etat ne lui plaisent pas, et ce depuis plusieurs années, on ne peut que féliciter Karim Khan d’avoir eu la main lourde sur ce dirigeant israélien que d’aucuns n’hésitent (plus) à comparer à Hitler de triste mémoire.





