Dimanche 2 août, plus de 6 millions de fidèles se sont rendus à Touba. Plus de 600 milliards de F CFA ont été générés en quelques jours. Pourtant, la ville sainte des mourides reste en proie à une pénurie d’eau récurrente, ses rues se vident après les grands événements, et ses habitants peinent à en tirer profit. Ce paradoxe pose une question fondamentale : Où commence notre souveraineté nationale quand Touba, capable d’accueillir des millions de personnes, n’est considérée que comme un lieu de pèlerinage éphémère, et non comme un pôle de développement permanent ?
Le Sénégal a, en Touba, un joyau qui pourrait rayonner bien au-delà de sa dimension spirituelle. Une ville qui, chaque année, prouve sa capacité à attirer des foules immenses et à générer des richesses colossales. Pourtant, ces richesses ne se transforment pas en développement durable pour ses habitants. L’eau, ressource vitale, manque cruellement, alors que des solutions existent. Le barrage de Diama pourrait, par exemple, fournir l’eau potable à Touba, tout en soutenant l’agriculture et l’élevage dans la région. De même, une usine de désalinisation à Potou pourrait, non seulement, irriguer les champs, mais aussi, fournir de l’eau potable à Diourbel et Kaolack. Ces projets ne sont pas seulement des investissements économiques, ce sont des actes de souveraineté.
La souveraineté, c’est, d’abord, la maîtrise de nos ressources pour nos populations. Comment pouvons-nous accepter que Touba, cœur spirituel et économique du Sénégal, soit laissée pour compte ? D’autres villes saintes dans le monde, comme La Mecque ou Jérusalem, ont su allier foi et développement durable. Elles ont transformé leur statut religieux en levier de prospérité pour leurs habitants. Pourquoi pas Touba ?
Cheikh Ahmadou Bamba, dont l’œuvre, le Matlaboul Fawzeyni, était une révolution par le travail et la foi, nous a montré la voie. Son enseignement était clair : La foi doit s’accompagner d’actions concrètes pour le bien-être de tous. Aujourd’hui, il nous revient de faire de Touba un symbole de cette vision. Sans eau, pas d’agriculture. Sans agriculture, pas d’autonomie alimentaire. Sans autonomie, pas de souveraineté.

Il est temps d’agir. Aux autorités, nous demandons d’intégrer Touba dans une stratégie nationale qui va au-delà du religieux. Aux citoyens, nous rappelons que les revenus générés par Touba doivent profiter à Touba. A la diaspora, nous lançons un appel à investir dans des projets locaux, qu’il s’agisse de partenariats pour l’eau, l’agriculture ou les infrastructures. Touba n’est pas qu’un lieu de passage. C’est un héritage à bâtir, une opportunité à saisir pour affirmer notre indépendance.
Notre souveraineté se mesurera à notre capacité à transformer les défis de Touba en opportunités pour tous les Sénégalais. L’eau, le travail, la citoyenneté : Voici les piliers sur lesquels nous devons construire l’avenir. Ensemble, faisons de Touba le symbole d’un Sénégal autonome, prospère et uni.
Samba Kara NDIAYE.
Président du Parti NADEMS.





