COTE D’IVOIRE : Colère des avocats du président Henri Konan Bédié et des leaders de l’opposition

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Il est grand temps que les Ivoiriens apprennent à prendre leur destin en main.Trop c’est trop. Ce qui arrive dans leur pays est tristement désolant. Les choses ne peuvent plus continuer ainsi. Ils accueillent un étranger à qui ils donnent le gîte et le couvert et dès que celui-ci se sent bien installé, il commence à mener la vie dure à ceux qui l’ont accueilli. Les Ivoiriens ont-ils compris qu’ils n’ont rien à attendre de la CEDEAO, de l’Union africaine, des Nations-Unies, de l’Union européenne, de la France, mais seulement d’eux-mêmes ?

« Le menteur d’Abidjan » ambitionnait de devenir (sans le dire à haute voix) un président à vie. Il voulait mourir au pouvoir. Il s’est organisé pour cela. Ayant été surpris par la détermination de l’opposition unie, il utilise, maintenant, la violence illégitime de l’Etat pour tenter de passer en force. C’est peine perdue car tout le pays, actuellement, est dressé contre lui. Réunis, mardi, 3 novembre, dans la résidence du président, Henri Konan Bédié, les leaders de l’opposition ont été malmenés comme il n’est pas permis par les forces de défense et de sécurité envoyés par « le menteur d’Abidjan ». Dans cette note, les avocats du président Henri Konan Bédié et des leaders de l’opposition, expliquent la façon dont cette intervention s’est faite au détriment des principes élémentaires de liberté et de droits de l’homme.

Le Collectif des avocats de SEM Henri Konan BEDIE et des leaders de l’opposition politique ivoirienne engage Monsieur le Procureur Général près la Cour d’Appel d’Abidjan, en sa qualité de surveillant de la police judiciaire et Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan, en sa qualité de directeur de la police judiciaire, à mettre un terme, sans délai, à ces actes illégaux d’officiers de police judiciaire placés sous leur autorité.

Et surtout, surtout, de ne pas déporter Henri Konan Bédié à Korhogo ou Séguéla, comme cela se prépare, ou nulle part ailleurs.

Le lundi 02 novembre 2020, des personnes lourdement armées, circulant à bord de véhicules des forces de défense et de sécurité ont attaqué nuitamment les résidences de SEM Henri Konan BEDIE, ancien Président de la République, Monsieur Pascal Affi N’GUESSAN, ancien Premier Ministre et Messieurs ASSOA Adou et Abdallah Toikeusse MABRI, tous deux, anciens Ministres et anciens Députés.

Le mardi 03 novembre 2020, en début d’après-midi, un important détachement de la police nationale appuyé par un détachement du Groupe de Sécurité de la Présidence de la République (GSPR) a pris d’assaut la résidence de SEM Henri KONAN BEDIE qu’ils ont tenté d’interpeller.

Face au refus de SEM Henri KONAN BEDIE d’accepter d’être arrêté, les éléments de la police ont interpellé plusieurs cadres de l’opposition qui étaient à ses côtés à savoir :

  • Le Professeur Maurice Kakou GUIKAHUE, Député à l’Assemblée Nationale, ancien Ministre et Secrétaire Exécutif en Chef du PDCI-RDA ;
  • Monsieur EZALEY George Philippe, Vice-Président du PDCI-RDA ;
  • Monsieur N’DRI Kouadio Pierre Narcisse, directeur de Cabinet de SEM Henri KONAN BEDIE ;
  • Monsieur SERI-BI N’Guessan, secrétaire exécutif du PDCI-RDA
  • Madame Aminata N’DIAYE, secrétaire exécutive du PDCI RDA ;
  • Madame Augustine ESSOUBO, membre du bureau politique du PDCI-RDA ;
  • Madame Marcelle BEDIE, nièce de SEM Henri Konan BEDIE ;
  • Madame Alice BOMBO, nièce de SEM Henri Konan BEDIE ;
  • Monsieur Antoine BEDIE, neveu de SEM Henri Konan BEDIE ;
  • Monsieur Andy Daniel, neveu de SEM Henri Konan BEDIE
  • Madame Désirée DAMOIS ;

Toutes ces personnalités ont été conduites vers une destination jusque-là inconnue.

A côté de ces personnalités, deux avocats inscrits au Barreau de Côte d’Ivoire ont été interpellés à la résidence de SEM Henri KONAN BEDIE. Ces deux avocats ont été remis en liberté ce jour, après l’intervention de Monsieur le Bâtonnier de l’Ordre des avocats et d’autres personnalités.

A cette heure (où nous mettons sous presse), la résidence de SEM Henri KONAN BEDIE est toujours encerclée par les forces de l’ordre qui empêchent toute entrée ou sortie de ladite résidence faisant ainsi des résidents des personnes séquestrées.

Au cours de la même journée du mardi 03 novembre 2020, des détachements de la gendarmerie nationale ont simultanément pris d’assaut les résidences du Premier Ministre, Pascal Affi N’GUESSAN, des Ministres Assoa ADOU, Abdallah Toikeusse MABRI et Hubert OULAYE, qui font l’objet d’un blocus depuis lors, empêchant toute entrée ou sortie desdites résidences. Toute chose qui fait également de leurs occupants respectifs des personnes séquestrées.

Le Collectif des avocats de SEM Henri Konan Bédié et des leaders de l’opposition politique ivoirienne rappelle :

  • Qu’en sa qualité d’ancien Président de la République, SEM Henri Konan BEDIE ne peut être privé de sa liberté que par une procédure spéciale prévue et règlementée par la loi 2005-201 du 16 juin 2005 portant statut d’ancien Président de la République, d’ancien Chef d’Institution et d’ancien membre du Gouvernement ;
  • Qu’en sa double qualité d’ancien ministre et de député à l’Assemblée nationale, le Professeur Maurice Kakou GUIKAHUE bénéfice aussi bien de l’immunité parlementaire que des procédures de la loi de 2005 suscitée en cas d’allégation d’infraction ;
  • Que le blocus imposé aux résidences de SEM Henri Konan BEDIE, du Premier Ministre Pascal Affi NGUESSAN, des anciens ministres ASSOA ADOU, Abdallah Toikeusse MABRI et Hubert OULAYE ne rentrent dans aucun cadre législatif et règlementaire applicable en Côte d’Ivoire, de sorte qu’il doit être qualifié de séquestration.

En conséquence, le Collectif des avocats de SEM Henri Konan BEDIE et des leaders de l’opposition politique ivoirienne dénonce :

  • La tentative illégale d’arrestation de SEM Henri Konan BEDIE, ancien Président de la République ;
  • L’interpellation illégale du Professeur Maurice Kakou GUIKAHUE sans la levée préalable de son immunité parlementaire et la mise en œuvre de la procédure spéciale liée à sa qualité d’ancien ministre ;
  • La séquestration des occupants des résidences des leaders de l’opposition politique ivoirienne dont SEM Henri Konan BEDIE, le Premier Ministre Pascal Affi NGUESSAN, les anciens ministres ASSOA ADOU, Abdallah Toikeusse MABRI et Hubert OULAYE ;
  • L’arrestation illégale de ses Confrères Maître BLESSY Chrysostome et Maître SUY BI Gooré Emile.

Le Collectif des avocats de SEM Henri Konan BEDIE et des leaders de l’opposition politique ivoirienne attire l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur les graves violations des droits de l’homme dont leurs clients font l’objet.

Le Collectif des avocats de SEM Henri Konan BEDIE et des leaders de l’opposition politique ivoirienne engage Monsieur le Procureur Général près la Cour d’Appel d’Abidjan, en sa qualité de surveillant de la police judiciaire et Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan, en sa qualité de directeur de la police judiciaire, à mettre un terme, sans délai, à ces actes illégaux d’officiers de police judiciaire placés sous leur autorité.

Fait à Abidjan, le 04 novembre 2020.

Le Collectif des avocats de SEM Henri Konan BEDIE et des leaders de l’opposition politique ivoirienne

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