COLERE DES LYCEENS ET DES ETUDIANTS EN FRANCE : Vers une situation incontrôlable qui risque de dégénérer

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Le mouvement de colère de la jeunesse française, qui avait débuté par le blocage des lycées et des collèges, s’est élargi aux universités. En effet, au plus de 350 établissements touchés par des actes de blocages dans l’ensemble du territoire, il faut, désormais, ajouter une trentaine d’institutions universitaires, à Paris, Strasbourg, Lyon, Reims et d’autres villes universitaires. Pour le premier ministre, Sébastien Lecornu, qui a fini par concéder 200 millions d’euros aux pompiers, dont la colère était antérieure à celle des lycéens, la montée de la pression l’a obligé à corriger son langage. Désormais, il parle de « violences urbaines » comme son ministre de l’Intérieur.

Plus de 2.000 interpellations déjà effectuées. La situation ne s’améliore pas. Elle est toujours tendue au point où le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, a autorisé, exceptionnellement, 150 lycées à dispenser des enseignements par visioconférence, ce vendredi, 2 octobre. Comme pendant les années Covid en 2020. De l’avis des grévistes, cette mesure ne pourra pas casser la dynamique enclenchée.

Les lycéens de Nîmes demandent de « tout bloquer ». Un mot d’ordre qui est de plus en plus suivi.

Les étudiants prennent, désormais, part à la grogne de leurs cadets du secondaire, au vu des multiples attaques que Matignon (premier ministère) a portées, sans relâche, contre l’enseignement supérieur au cours des dernières années. Baisse de l’aide au logement pour les étudiants dès le premier mandat d’Emmanuel Macron, réduction du nombre de boursiers et de toutes sortes d’avantages ayant trait aux échanges interuniversitaires, etc. La plus violente a été la réduction de la participation de l’Etat dans le budget des universités publiques, Pour remédier à cette situation, le gouvernement les incite à instaurer des frais d’inscription différenciés pour les ressortissants extra-communautaires. Du coup, l’enseignement supérieur français devient moins attractif, ce qui pousse beaucoup d’étudiants africains à privilégier des destinations comme la Chine, la Turquie, la Russie où on les accueille à peu de frais.

Cette politique de l’Etat critiquée depuis de longues années, a fini par cristalliser les mécontentements. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, y fait face et s’y était préparé. Il n’est donc pas surpris par les événements actuels. Plus de 2.000 personnes ont, d’ores et déjà, été interpellées dans le cadre de heurts entre jeunes protestataires et forces de l’ordre. La grogne allant crescendo, elle gagne, déjà, des environnements non académiques au regard des dégradations constatées dans de très nombreuses villes. Pour tenter de désamorcer la crise, le ministre de l’Education nationale a créé une plateforme de concertation. Son collègue de l’Enseignement supérieur devrait aussi être plus en vue dans les prochains jours.

Une catastrophe : Le lycée Mandela de Nantes en feu aujourd’hui. Il fut inauguré en 2014 pour un coût de 52 millions d’euros. Les lycéens se disent totalement étrangers à cet acte barbare.

Il lui en aura fallu du temps mais la jeunesse française a suivi les traces des Gen Z d’autres pays en formulant des revendications parfois vieilles de plusieurs décennies à leurs Etats. Ce qui était parti pour n’être qu’un simple mouvement d’humeur de fonctionnaires, est devenu  un tremplin pour exprimer son mécontentement à l’endroit des gouvernants, dont le responsable principal, se trouve être Emmanuel Macron, dont la chute est aujourd’hui libre, aussi bien, dans les sondages d’opinion, que dans la façon dont les Français perçoivent son passage à l’Elysée : La dégradation de la France au niveau de son image à l’international est sans appel, en Afrique, comme ailleurs, dans le monde.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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