MANCHESTER CITY : Un scandale de plus pour les Emirats arabes unis

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Après plus de huit ans d’enquête sur un scandale footballistique aux implications lourdes pour le club anglais de Manchester City, la Première Ligue anglaise a annoncé fin septembre un verdict établissant la culpabilité de l’entité mancunienne dans 114 des 115 infractions à son règlement lui étant reprochées. En gros, au cours de la décennie allant des saisons 2009-2010 à 2017-2018, Manchester City a méthodiquement falsifié ses comptes financiers, et enflé ses revenus afin de pouvoir justifier ses dépenses astronomiques sur le marché des transferts de joueurs.

Au coeur de cette affaire, qui risque d’écorner encore plus la crédibilité du football, surtout, après celle toujours en cours du président de la FIFA, Gianni Infantino, et de son projet avorté de capitalisation de l’instance footballistique mondiale, se trouvent les Emirats arabes unis, qui sont décidément dans tous les mauvais coups du moment. En Afrique, où leur influence donne déjà lieu à une levée de boucliers de la part d’Etats du Maghreb et de la partie Est du continent, ils sont fichés pour des faits de déstabilisation régionale et de soutien à des conflits internes.

En Europe où leurs méthodes sont beaucoup plus sophistiquées, il a fallu l’ingéniosité du hacker portugais, Rui Pinto, qui a réussi à s’infiltrer dans le système informatique de Manchester City, dont ils sont propriétaires, pour obtenir des preuves de leur fraude. Tout au long de la décennie visée, le club mancunien recevait directement de l’argent de son actionnariat émirati et le comptabilisait comme provenant de ses sponsors commerciaux. Mais, les révélations de Rui Pinto ont permis à une commission indépendante d’enquêter sur l’authenticité de ces paiements. 

Le succès de Manchester City est basé sur la tricherie.

D’après les chiffres dévoilés par ladite commission, Manchester City a gonflé ses revenus commerciaux d’environ 900 millions de pounds, un montant colossal à mettre en relief avec les 900 millions de pounds de transferts nets (dépenses – ventes) qui lui ont permis de se constituer une équipe de joueurs de premier plan, et de devenir l’un des géants du football européen de ces dernières années. Malgré l’appel formulé par ses avocats ce vendredi, 1er octobre, tout pointe vers la culpabilité du club anglais, dont la fraude a été exposée grâce à une attaque cybernétique.

Ancien maire du Grand Manchester avant de succéder à Keir Starmer en juin dernier, Andy Burnham a été invité par ses rivaux politiques à fournir le contenu de tous les échanges qu’il a déjà eus avec les Emiratis. Dans un appel désespéré à une intervention du premier ministre, ces derniers, pris la main dans le sac, ont menacé d’annuler les investissements prévus au Royaume Uni si jamais la ligue anglaise leur exigeait de vendre le club mancunien. Le genre de réaction typique d’une entité qui ne se reproche de rien, et qui a confiance en l’impartialité de la justice.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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