La course à la nomination du prochain secrétaire général des Nations-Unies est, officiellement, ouverte depuis le 25 novembre, date à laquelle les candidatures en vue du remplacement d’Antonio Guterres étaient, déjà, sollicitées. Parmi les compétiteurs pressentis, figurait Macky Sall, dont l’intérêt marqué pour cette fonction internationale remonte au lendemain de son départ, par la petite porte, de la présidence sénégalaise. Ayant intelligemment fui son pays, il avait besoin de quiétude pour se donner des chances de pouvoir succéder à Antonio Guterres. Un fantasme aussi fou qu’absolu.
Emmanuel Macron n’aura qu’à lui-même assurer le suivi de son comité du Pacte de Paris. Voilà la réponse finale de Sall à la reconversion sur mesure que lui proposait son ancien compère et garant de la Françafrique. Ayant les yeux plus gros que le ventre, le prédécesseur du président, Bassirou Diomaye Faye, n’a pas encore répondu de ses crimes, dont les effusions de sang et pertes en vies humaines infligées à ses propres compatriotes, et le plombage des comptes publics sous l’oeil approbateur du FMI, comme l’a démontré le rapport d’audit général des comptes publics (sur notre photo, Macky Sall va laisser une dette cachée au duo Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, qui va compliquer la situation financière du pays vis-à-vis des partenaires économiques et financiers du Sénégal).
Alors que sa candidature paraissait plus hypothétique que réaliste, au vu, notamment, de la quasi-impossibilité pour lui d’obtenir le soutien de l’Etat du Sénégal, et donc, de concourir, Macky Sall a bénéficié de l’appui inespéré d’Evariste Ndayishimiye. Président de la Commission de l’Union africaine depuis mi-février, le dirigeant burundais a surpris tout le monde, en maintenant en vie le rêve de Macky Sall comme une véritable probabilité. Mais, cela ne devrait pas changer grand-chose au résultat final de la course à la succession au poste de SG de l’ONU.

De par sa nouvelle fonction à l’Union africaine (UA), Evariste Ndayishimiye a pour rôle de faire avancer les intérêts de l’Afrique sur la scène internationale. En théorie, cet engagement exclut toute considération personnelle susceptible de nuire à l’atteinte de cet objectif. Le fait pour lui d’avoir candidaté pour Macky Sall pour le compte du Burundi via l’UA a donc toute sa logique, compte tenu de ce qui a été énoncé plus tôt. Mais, cela n’éteindra pas la polémique de voir un prétendant au poste de SG de l’ONU ne pas bénéficier du soutien des autorités de son propre pays.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





