L’enlèvement du président vénézuélien, Nicolas Maduros, par Donald Trump, fait naître de sérieuses inquiétudes dans certains pays africains, surtout, chez ceux qui sont en mauvais termes avec Washington. C’est le cas du pouvoir de Brazzaville dont la relation avec l’administration Trump est conflictuelle pour ne pas dire exécrable.
Rappel de l’histoire : En 2024, Donald Trump demande à son homologue français, Emmanuel Macron, de convaincre son homologue congolais de quitter le pouvoir. Le président français invite alors ce dernier en visite officielle en France pour lui transmettre ce message. Les deux chefs d’Etat conviennent de l’organisation d’une conférence nationale qui réunirait les partis d’opposition, de la majorité et la société civile. Objectif : Se mettre d’accord sur une transition politique de deux ou trois ans, présidée par le président, Denis Sassou Nguesso, ce qui lui permettrait de quitter le pouvoir par la grande porte. Selon ce schéma, la transition politique aboutirait à la tenue d’une élection présidentielle à laquelle Sassou ne prendrait pas part. Alors qu’il avait validé ce plan, le président congolais a, finalement, fait volte-face en annonçant l’élection présidentielle pour le mois de mars 2026, à laquelle il sera candidat. En effet, le 6e Congrès du PCT (Parti congolais du travail) dont il est l’inamovible président, tenu fin décembre, l’a choisi comme son candidat unique à l’élection présidentielle de mars 2026.

C’est donc la douche froide pour Trump et Macron que leur administre Sassou Nguesso.
L‘annonce, samedi, 3 janvier 2026, de l’enlèvement du président vénézuélien, Nicolàs Maduro, a pris le monde de court. Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a lancé un avertissement direct à certaines dictatures qui favorisent les narco-trafiquants en ces termes :
« Nous arrêterons les terroristes. Nous écraserons les cartels, et nous défendrons nos citoyens contre toutes les menaces, tant étrangères qu’intérieures. Cette déclaration de Donald Trump s’adresse, également, à certains dictateurs africains comme le président du Congo-Brazzaville. Est-ce la raison pour laquelle depuis, dimanche, 4 janvier 2026, des navires de guerre américains mouillent près des côtes angolo-congolaises. Il n’y a jamais de hasard pour ce genre de situation qui semble répondre à un schéma déjà bien pensé comme on a pu constater que l’enlèvement de Maduro était, lui aussi, préparé de longue date et bien mûri.
« Le dictateur illégitime Maduro était la cheville ouvrière d’un vaste réseau criminel responsable du trafic de quantités colossales de drogues illicites mortelles vers les Etats-Unis. Comme allégué dans l’acte d’accusation, il supervisait personnellement le cartel vicieux connu sous le nom de Cartel de Los Soles, qui a inondé notre nation de poison mortel responsable de la mort d’innombrables Américains. Beaucoup, d’Américains, des centaines de milliers d’Américains au fil des ans sont morts à cause de lui », dénonce, depuis quelques jours, Donald Trump. Mensonge, exagération, vérité authentique
Toujours est-il que cette opération extrêmement réussie devrait servir d’avertissement à quiconque menace la souveraineté américaine ou met en danger des vies américaines. Très important : L’embargo sur tout le pétrole vénézuélien reste pleinement en vigueur. L’armada américaine reste positionnée, et les Etats-Unis conservent toutes les options militaires jusqu’à ce que leurs exigences aient été pleinement satisfaites et pleinement remplies.
« Nous sécuriserons nos frontières. Nous arrêterons les terroristes. Nous écraserons les cartels, et nous défendrons nos citoyens contre toutes les menaces, tant étrangères qu’intérieures. D’autres présidents ont peut-être manqué de courage, ou quoi que ce soit d’autre, pour défendre l’Amérique, mais, je ne permettrai jamais aux terroristes et aux criminels d’opérer en toute impunité contre les Etats-Unis », poursuit Donald Trump.
Les Etats Unis ont agi dans le cadre de leur droit à protéger la sécurité nationale et à préserver les populations opprimées et oppressées par une dictature.
Ils ont ce droit et ce devoir en vertu de la résolution 45/100 du décembre 1990 de l’Assemblée générale des Nations-Unies. En effet, sur proposition de la France, en adoptant cette résolution, la communauté internationale avait légitimé le « droit d’ingérence humanitaire ». C’est-à-dire la possibilité d’intervenir, de venir en aide aux populations en détresse en se passant de l’accord du pouvoir en place.
En consacrant ce principe d’assistance humanitaire aux victimes de catastrophes naturelles ou d’autres situations d’urgence provoquées par la mauvaise gouvernance, on ne s’éloigne pas de la mission des Nations-Unies.
Toutefois, il faut mentionner qu’il n’y a aucune violation du droit international, dès l’instant où le principe d’ingérence assure la préservation de la souveraineté des Etats et le bien-être des populations opprimées.
A ce droit d’ingérence assumé, il est privilégié le principe de responsabilité de protéger les populations, des dérives de certains pouvoirs.
Ainsi donc, les individus accusés de narco-terrorisme doivent être arrêtés et jugés quels que soient leurs fonctions. Sassou-Nguesso est donc prévenu et pris en compte par les déclarations de Trump lorsqu’il s’adresse aux responsables du Venezuela qui ont signé des accords avec le Congo de Sassou.
« Tous les responsables politiques et militaires au Venezuela devraient comprendre que ce qui est arrivé à Maduro peut leur arriver, et ça leur arrivera s’ils ne sont pas justes envers leur peuple », martèle Donald Trump.
Les relations complexes entre le dictateur Nicolas Maduro, Denis Sassou Nguesso et Umaro Sissoco Embalo.
Tous les observateurs de la vie politique africaine ont relevé, il y a presqu’un mois, l’exfiltration à Oyo (fief du président Sassou) du président déchu, Umaro Sissoco Embalo. Celui-ci était venu se réfugier au Congo-Brazzaville après le faux coup d’état opéré dans son pays. Embalo (qui est un trafiquant de drogue reconnu) fréquente Sassou-Nguesso depuis des années. D’où les multiples séjours qu’il a effectués à Oyo en tant que président en exercice de la CEDEAO ou en tant que complice des barrons sud-américains de la drogue.

Umaro Sissoco Embalo est un familier d’Oyo où il a pensé s’établir après le faux coup d’état qui l’a éjecté du pouvoir. Il a finalement trouvé refuge au Maroc avant de voir sa femme, Dinisia Reis, être mise en examen au Portugal le 14 décembre 2025. Elle transportait plusieurs millions de narco-dollars pour s’installer au Portugal avec son époux.
On sait dans les milieux autorisés africains que l’ex-président de la Guinée-Bissau entretient depuis de nombreuses années des relations d’amitié avec le président Sassou. Cette amitié entre eux est basée sur la position stratégique de la Guinée-Bissau qui fait de ce pays une plate-forme dans le trafic de la drogue produite de la Colombie et acheminée en Europe occidentale.
Selon l’Observatoire des économies illicites (GI-TOC), la Guinée-Bissau est devenue un rouage essentiel du transit de cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe. Elle apparaît régulièrement comme une « Tête de pont du trafic de drogue internationale entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Un marché « en pleine expansion » ». Dans les rues de Bissau, trafiquants colombiens et véhicules de luxe, circulent sans discrétion. L’ONG parle d’une « économie de la cocaïne » désormais imbriquée dans le système politique. Des barons de la drogue ont pignon sur rue dans la capitale du pays et ils alimentent en cash les partis politiques et les services de sécurité du pays.
L’Afrique de l’Ouest reste une plaque tournante majeure selon l’ONUDC : Cocaïne, routes maritimes ou terrestres, et désormais, dérivés locaux comme le kush ou le crack, qui frappent la Guinée et la Sierra Leone. En avril 2025, quatre trafiquants latino-américains avaient ainsi été remis à la DEA américaine après leur condamnation.
Comme l’a souligné l’Espagnole, Lucia Bird Ruiz Benitez de Lugo, directrice de l’Observatoire des économies illicites en Afrique de l’Ouest de la GI-TOC, « Cette région ne cesse de gagner en importance dans le commerce mondial de la cocaïne »,
Par ailleurs, depuis le départ de Hugo Chavez du pouvoir, Nicolas Maduro, qui lui a succédé, a établi des relations commerciales et culturelles poussées avec le Congo-Brazzaville.
Il faut souligner la proximité du régime du Congo-Brazzaville avec le Venezuela du dictateur Maduro, Denis Sassou-Nguesso dans l’intimité de leurs liens, s’est fait représenter par son fils, Christel Sassou Nguesso, ministre de la Coopération internationale, pour signer, en août 2023, à Caracas, au Vénézuéla, 16 instruments juridiques, dans le cadre d’une volonté politique visant à renforcer la coopération dans des domaines variés avec ce pays, qui, comme le Congo-Brazzaville, plonge leurs populations dans une misère absolue et la répression la plus sauvage (sur notre photo, Denis Christel Sassou-Nguesso, le fils du président congolais, lors de ce voyage, est reçu par le président, Nicolas Maduro. Comme on voit, tout baigne).

Que cachent ces accords non publiés, dissimulés à l’opinion congolaise et internationale ?
Que cachent les relations privilégiées entre Sassou-Nguesso et Nicolas Maduro ?
Que cachent les liens d’amitié solides entre Embalo et Sassou ?
Les réponses à ces questions sont à rechercher dans la venue précipitée en novembre de l’ex-président de la Guinée-Bissau à Brazzaville et Oyo.
Les banques présentes à Oyo serviraient aussi d’institutions financières pour le recyclage et le blanchiment des narco-dollars en provenance de Colombie et du Venezuela.
Depuis le dimanche, 4 janvier 2026, suite à la déclaration de Donald Trump de poursuivre les opérations contre les terroristes narco-trafiquants, les Etats-Unis viennent de déployer, ce même dimanche, 4 janvier, des navires de guerre près des côtes angolo-congolaises.
Le sixième Congrès du PCT tenu en décembre 2025, a vu la participation d’une délégation vénézuélienne de haut niveau qui est venu pour défendre l‘interminable mandat de Denis Sassou-Nguesso au pouvoir depuis 1979. Pour beaucoup d’observateurs, la chute de Maduro annonce celui de Denis Sassou-Nguesso avec qui il garde beaucoup de similitudes.





