FRANCE-ALGERIE : Refus d’assumer le passé colonial

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La France est poursuivie par son passé colonial en Algérie. Après avoir cherché à s’en débarrasser à bon compte, elle a rencontré l’hostilité des Algériens, qui ne sont pas du genre à oublier, facilement, ce qu’ils ont, lourdement, enduré, pendant la colonisation.

Ce n’est, donc, pas une surprise si 56 ans après l’indépendance de l’Algérie, le ministre des Moudjahidines (Anciens Combattants), Tayeb Zitouni, a annoncé, mercredi, 31 octobre, à Alger, l’entame de négociations entre l’Algérie et la France, en précisant que celles-ci, pour le moment, achoppaient autour de quatre dossiers « sensibles ». Rappelons que la France et l’Algérie n’ont jamais arrêté de négocier sur leur passé colonial. C’est un éternel recommencement.

Cette fois, à l’ordre du jour, on note la restitution des archives témoins de la présence coloniale française en Algérie, la restitution des crânes de combattants algériens gardés dans un musée parisien, les disparus pendant et avant la guerre, ainsi que, l’indemnisation pour réparer le préjudice causé par les essais nucléaires français dans le sud algérien. Ce sont les quatre sujets, actuellement, mis sur la table des négociations entre les autorités des deux pays.

Des « commissions conjointes » sont installées pour faire avancer les négociations. La question coloniale française en Afrique étant, éminemment, politique, « l’installation d’un nouveau directeur général des archives françaises », comme semble penser une certaine opinion, n’est pas la principale raison du retard pris dans le traitement des quatre dossiers. Pendant sa campagne électorale, le candidat, Emmanuel Macron, avait fait des déclarations fortes, lors d’un séjour à Alger, en montrant sa volonté de solder ce passé. Il était allé dans le sens des demandes de l’Algérie. Mais, depuis son élection, il a, fortement, marqué le pas, créant une certaine déception à Alger (sur notre photo Emmanuel Macron avec Abdelaziz Bouteflika le 6 décembre 2017 à Alger). Depuis, le jeune président français s’est « normalisé » en s’alignant sur ses prédécesseurs.

La question de la mémoire commune entre les deux pays a, toujours, constitué une véritable entrave pour le développement de leurs relations politiques et économiques. Et cela continuera, ainsi, aussi longtemps, que la France ne fera pas mandat honorable, en assumant, totalement, son lourd passé colonial en Algérie. Toutes proportions gardées, les mêmes griefs à l’encontre de la France sont à l’origine de l’image détestable de la France en Afrique noire.

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