De l’Irak de Saddam Hussein au Venezuela de Nicolás Maduro, en passant par la Libye de Mouammar Kadhafi (notre photo), la politique étrangère des Etats-Unis s’est souvent structurée autour de dirigeants perçus comme des défis stratégiques. Ces confrontations s’inscrivent dans une histoire plus large, où sécurité internationale, ressources énergétiques et rapports de force diplomatiques demeurent étroitement imbriqués.
La désignation récurrente d’adversaires stratégiques
L’histoire récente de la politique étrangère américaine révèle une constante : La désignation récurrente de figures de confrontation, incarnant à la fois, un défi politique et un enjeu stratégique. Sous la présidence de George W. Bush, Saddam Hussein fut présenté comme la principale menace au Moyen-Orient. Sous Donald Trump, Nicolás Maduro est devenu le point de cristallisation des tensions entre Washington et l’Amérique latine.
Sécurité internationale et intérêts énergétiques
Ces confrontations ne se limitent pas à des divergences idéologiques. Elles s’inscrivent dans une lecture plus large des intérêts américains, où les considérations de sécurité se conjuguent étroitement aux enjeux économiques et énergétiques. Les pays concernés partagent, à cet égard, une caractéristique majeure : Ils disposent d’importantes ressources pétrolières, un facteur central dans les rapports de force internationaux depuis plusieurs décennies.
Un schéma ancien : L’exemple libyen
Cette articulation entre puissance, sécurité et énergie, s’inscrit dans la durée. En 1986, sous l’administration Reagan, les Etats-Unis avaient mené des frappes aériennes contre la Libye de Mouammar Kadhafi, en réponse à des attentats attribués au régime libyen. Cet épisode illustrait déjà la manière dont Washington entendait répondre aux Etats perçus comme contestant l’ordre international auquel il contribue.

L’Algérie face aux recompositions géopolitiques
Dans ce contexte, d’autres pays producteurs d’hydrocarbures observent attentivement l’évolution des équilibres géopolitiques. L’Algérie, régulièrement, interpellée par des organisations internationales sur la question des libertés publiques, mène, par ailleurs, une diplomatie attachée à son autonomie stratégique, l’amenant à entretenir des relations avec des Etats comme le Venezuela ou l’Iran. Ces éléments nourrissent, dans certaines capitales occidentales, une lecture prudente de sa posture régionale.
Entre analyse et projection
Pour autant, ces observations relèvent davantage de l’analyse que de la prévision. Elles rappellent surtout que, dans un environnement international marqué par la compétition énergétique et la recomposition des alliances, la souveraineté politique reste étroitement liée à la gestion des ressources naturelles et au positionnement diplomatique des Etats.
Dr Lahcen Benchama





