LITTERATURE : Boualem Sansal quitte la France pour la Belgique

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La controverse autour de Boualem Sansal ne désenfle pas. Depuis son retour d’Algérie, après y avoir été emprisonné pendant environ un an, il était devenu la nouvelle icône du monde littéraire français, exposant, à ce moment-là, la perte d’efficacité, au niveau mondial, du Quai d’Orsay, quartier général de la diplomatie de la France, obligée de solliciter l’intervention du voisin allemand pour faire céder le président algérien, Abdelmadjid Tebboune.

Libéré dans la foulée sur décret présidentiel, l’auteur français, qui a été déchu de sa nationalité algérienne, conteste toujours, à qui lui demande, l’idée selon laquelle il aurait formulé une grâce auprès de son ancien maître geôlier. Son incarcération avait tourné en affaire d’Etat, non seulement, en raison de la situation délétère des relations diplomatiques entre Alger et Paris, mais aussi, à cause de la récupération politique qu’en fit Bruno Retailleau, alors, ministre de l’Intérieur.

Comme son élection éclair de fin 2025 à l’Académie royale de lettres et de langues françaises de Belgique le montre, Boualem Sansal a, tout de même, joui de ses déboires en Algérie. Si certaines rumeurs lui octroyaient des honneurs similaires en France, cela n’a pas été le cas, non seulement, par refus d’Emmanuel Macron d’envenimer les choses avec son homologue, Abdelmadjid Tebboune, mais aussi, à cause de l’impossibilité de Paris de revendiquer le crédit de sa libération.

Depuis lors, l’écrivain critique a donné raison à ceux qui s’opposaient à son entrée à l’Académie française avec son virage vers l’extrême-droite. Passé de héros à zéro en un rien de temps, il aurait décidé de quitter l’Hexagone, potentiellement, pour la Belgique ou la Suisse. Mais, la nouvelle de son rapprochement idéologique vers la droite radicale s’étant répandue, ses collègues académiciens belges n’ont pas pu s’empêcher d’exprimer leur regret quant à son élection hâtive.

Bien qu’elle fasse mieux qu’avant dans les sondages nationaux, du fait des années de faillite répétée des traditionnels partis de gauche et de droite en termes de gouvernance, l’extrême-droite reste une ligne rouge pour la plupart des Etats européens. Si malgré sa popularité d’il y a encore six mois, Boualem Sansal n’a pas pu faire changer cet état des choses en France, il est très improbable qu’il y parvienne ailleurs, sachant que le nombre de pays pouvant l’accueillir est restreint.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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