MALI : Emmanuel Macron à Bamako pour sauver le « président soldat » IBK

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Premier conseil des ministres du « jeune » président français, Emmanuel Macron, autour de son premier ministre et de ses 18 ministres et secrétaires d’Etat, tous médiatisés les uns plus que les autres. Pendant une heure, beaucoup ont pu découvrir, de l’intérieur, l’Elysée, qu’ils appréhendaient pour la première fois. Quelque temps après, le nouveau chef de l’Etat réunissait un Conseil de défense, qui regroupait le premier ministre, les ministres de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires étrangères, quelques collaborateurs du président, le chef d’Etat major des armées et les chefs des services de renseignement. Objectif : « faire le point » à quelques heures de la visite du président au Mali où il faudra marquer les esprits et montrer à l’opinion qu’il a pu habiter la fonction de chef suprême des armées.

Les Maliens attendent que l’arrivée du président français leur apporte des réponses (concrètes) aux multiples problèmes de sécurité qui se posent dans la moitié Nord du pays où les djihadistes donnent l’impression d’avoir eu le dessus sur l’armée malienne : Change-t-on de stratégie ? Jusqu’où aller pour rendre réellement l’armée malienne efficace ? Comment impliquer plus efficacement l’Algérie le puissant voisin du Nord ? Quel rôle faire jouer au Niger et à la Mauritanie ? Quelle (nouvelle) responsabilité faire porter à IBK (Ibrahim Boubacar Keita) qui en quatre ans de pouvoir en est à son quatrième premier ministre ?

Contrairement à Boko Haram qui perd du terrain grâce au succès de l’action concertée des armées du Nigeria, du Cameroun, du Tchad et du Niger, les djihadistes du Mali deviennent, chaque jour, plus menaçants. Et ce n’est pas par manque d’initiative. La dernière vient du Sénégal.

En effet, « Une force d’intervention rapide » composée de Casques bleus sénégalais sera prochainement déployée dans le centre du Mali, où se sont multipliées depuis 2015 attaques et violences intercommunautaires, a annoncé, mercredi, 17 mai, un responsable de l’ONU à Bamako : « Nous attendons le déploiement prochain dans le Centre (du Mali), par le Sénégal, d’une force d’intervention rapide pour faire face à la situation d’insécurité », a déclaré à la presse le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, qui effectue sa première visite dans le pays depuis sa prise de fonctions.

« Au regard de la situation sécuritaire », a estimé M. Lacroix, la Mission des Nations-Unies au Mali (Minusma) a un mandat « robuste, mais, il y a, malgré les efforts, un manque de capacités », a ajouté M. Lacroix.
« Nous avons bon espoir que, prochainement, un certain nombre de renforts arriveront, qui permettront de pallier ces manques », a-t-il dit.

Outre les casques bleus sénégalais, on peut espérer que le président français en dira plus à son homologue malien, car on imagine mal qu’il fasse 5.000 kilomètres, juste pour saluer les soldats français (et leur dire je vous aime) sans leur apporter l’appui logistique, humain et matériel nécessaire à la poursuite de leur (gigantesque) mission.

Déployée depuis juillet 2013, la force de l’ONU (à laquelle n’appartient pas Barkhane) compte un peu plus de 12.000 militaires et policiers sur le territoire malien. Elle est la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines depuis la Somalie en 1993-1995, avec plus de 70 Casques bleus tués en opération.

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