NUCLEAIRE IRANIEN : Désamorcer le danger (Mission possible)

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Malgré des pertes considérables en infrastructures stratégiques, l’Iran est parvenu à tenir tête aux Etats-Unis. Cette résistance, inattendue par de nombreux observateurs, n’aurait été possible qu’avec le soutien tacite de la Chine et de la Russie, ainsi qu’avec la neutralité ambiguë — certains diraient complice — de l’Europe.

En dépit du blocus américain et des démonstrations de force navales, le détroit d’Ormuz demeure fortement perturbé, paralysant une part essentielle du commerce mondial (notre photo). Les chaînes d’approvisionnement vacillent, les prix de l’énergie explosent et les marchés financiers s’affolent. Les conséquences économiques frappent durement les citoyens du monde entier, y compris les Américains eux-mêmes.  

L’échec des négociations

Les négociations, jusqu’à présent, n’ont produit aucun résultat décisif. Chacun campe sur ses positions, prisonnier d’une logique d’escalade où le recul est perçu comme un aveu de faiblesse.

Pour Téhéran, l’enrichissement de l’uranium constitue désormais une question de souveraineté nationale autant qu’un instrument de dissuasion. Les dirigeants iraniens répètent qu’ils n’abandonneront pas leur programme nucléaire, même sous la menace d’une guerre prolongée.  

Quarante années de montée en puissance

Pendant plus de quatre décennies, l’Iran a méthodiquement consolidé sa puissance. Sous le poids des sanctions et de l’isolement diplomatique, le régime a développé un arsenal militaire sophistiqué, renforcé ses réseaux d’influence régionaux et poursuivi l’enrichissement de l’uranium jusqu’à atteindre des niveaux proches du seuil militaire.  

Les frappes menées contre certaines installations nucléaires ont certes ralenti le programme iranien, mais, sans l’anéantir totalement. Plusieurs rapports évoquent encore des stocks importants d’uranium enrichi et des capacités techniques préservées.  

Le basculement stratégique américain

Dans cette perspective, Washington pourrait conclure qu’il ne suffit plus de contenir Téhéran : Il faudrait désormais neutraliser durablement la puissance iranienne afin d’empêcher toute accession à l’arme nucléaire.

Une telle doctrine marquerait un tournant majeur dans la politique américaine au Moyen-Orient. L’objectif ne serait plus seulement la dissuasion, mais, l’affaiblissement structurel — politique, militaire et économique — de l’Iran.

Après avoir échoué en Iran dont il voulait le changement du régime et la récupération de son uranium enrichi, Donald Trump est aux abois, ne sachant plus à quel saint se vouer. Un dirigeant dangereux qui crée l’insécurité pour tout le monde.

Une victoire impossible ?

Mais, une entreprise d’une telle ampleur ouvrirait une ère d’incertitudes majeures. Car, affaiblir durablement une puissance régionale de près de quatre-vingt-dix millions d’habitants, portée par une mémoire impériale et un puissant sentiment national, ne relève pas d’une simple opération militaire.

L’histoire récente a montré que les interventions extérieures au Moyen-Orient produisent souvent des conséquences imprévues : Radicalisation, fragmentation régionale, crises énergétiques et instabilité durable.

Dès lors, la véritable mission ne serait peut-être pas d’anéantir l’Iran, mais, de désamorcer le danger nucléaire tout en évitant un embrasement généralisé de la région — un équilibre fragile dont dépend désormais une partie de la stabilité mondiale.

Dr Lahcen Benchama

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