Politique

La Côte d'Ivoire est un grand pays qui était respecté sur le plan international. Sous son très grand président, Félix Houphouët-Boigny (le Sage de Yamoussoukro), elle avait été admise, comme membre non permanent du Conseil de sécurité en 1964-1965 et en 1990-1991. Deux ans plus tard, le Sage rendait l'âme. Son ancien ministre des Affaires étrangères de 1900 à 1999, l'ambassadeur, Amara Essy, était allé jusqu'à présider, pendant un an, la 49e session de l'Assemblée Générale des Nations-Unies de septembre 1994 à septembre 1995. La déstabilisation créée par l'actuel chef de l'Etat pour accéder au pouvoir par les armes, a fait perdre tous ses acquis à la Côte d'Ivoire, qui repart à zéro. En se faisant admettre, à nouveau, à la table des Grands, la Côte d'Ivoire retrouve sa place, sauf que le plan concocté, au départ, par Alassane Ouattara est, aujourd'hui, fortement, contrarié par la crise économique et financière, mais aussi, par les mutineries de ses «  enfants » de la rébellion.

Le Sommet de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) doit se tenir, les 3 et 4 juin, à Monrovia, au Liberia. Après avoir envoyé des équipes de lobbying, à travers les pays de la sous-région, pour faire admettre sa participation, il avait été admis que le roi y participerait, lui-même, pour lui permettre de parler, directement, aux chefs d'Etat qui étaient, encore, réticents à l'admission de son pays. Mais, au moment où tout est presque acquis, le Maroc annonce que le roi ne viendra plus au Sommet : Explication : Benyamin Netanyahu, le premier ministre israélien, y sera. Ennemi intime de certains dirigeants arabes, il co-organisera le premier Sommet Israël-Afrique, fin octobre, à Lomé, avec le président du Togo, Faure Gnassingbé. Il sera à Monrovia pour vendre les atouts d'Israël. Et ça énerve.

Pourquoi un pays devrait-il se priver de compétences d'une de ses filles sous le fallacieux prétexte qu'elle est le rejeton du chef de l'Etat ? Ce serait tellement injuste si on ne désigne pas « the right man at the right place ». Est-ce le cas au Zimbabwe parlant de la fille du président de la République ? La réponse est donnée selon qu'on est de l'opposition ou de la majorité présidentielle.

Aucune des deux parties ne veut révéler les termes (exacts) de l'accord signé, ce mercredi, 31 mai. Du côté du ministre d'Etat de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, qui négociait pour le compte du gouvernement, « un terrain d'entente a été trouvé ». Bakayoko est un beau parleur. Mais on n'en sait pas plus. Du côté des démobilisés qui étaient venus à Abidjan pour rencontrer les dirigeants dont le premier d'entre eux, leur « papa » Alassane Ouattara, on affirme urbi et orbi que « La protestation est terminée. Nous sommes satisfaits ». De quoi ? Ils n'en disent pas plus. Qui est bien qui finit bien ? Pas pour le moment car du contenu réel de l'accord, on n'en sait rien. Pourquoi cache-t-on ce qui est bien ? Les délégués des démobilisés auraient-ils été « retournés » ? Certains le pensent sérieusement.

Le président angolais, José Eduardo dos Santos, est rentré, à Luanda, lundi, 29 mai, soir, après un voyage privé de près d'un mois en Espagne qui avait alimenté de nombreuses rumeurs sur son état de santé. A l'époque, afriqueeducation.com avait pris le soin de dédramatiser la situation en disant qu'il est difficile pour un homme de son âge (74 ans) d'être exempté de bobos, mais, qu'il n'y avait rien d'alarmant pour craindre le pire. Ingénieur, José Eduardo dos Santos, est, donc, rentré en bonne santé. Prêt à passer le pouvoir, comme il l'a décidé, dans quelques mois, à son ministre de la Défense, le général, Joao Lourenço. Qui dit mieux en Afrique ?

L'ancien président sénégalais, Abdoulaye Wade, va, à 91 ans, diriger une liste d'opposition aux élections législatives du 30 juillet, pour lesquelles les opposants au chef de l'Etat, Macky Sall, ont échoué à s'unir. Cela veut dire que Gorgui est, réellement, dans la bataille en vue de l'éviction du pouvoir de son ancien fils spirituel, Macky Sall. Il entend, aussi, de cette manière, obtenir l'amnistie totale pour son fils, Karim Wade, qui avait été condamné à 6 ans de prison ferme et à payer 210 millions d'euros d'amende pour « enrichissement illicite ». A l'Assemblée nationale, Gorgui Wade devrait retrouver son ennemi intime : Moustapha Niasse, président de cette institution. Ambiance ambiance...

Une délégation de rebelles démobilisés venus de leur fief de Bouaké, dans le Centre de la Côte d'Ivoire, est depuis ce lundi, 29 mai, à Abidjan, afin de "discuter" de leur situation et rappeler leurs demandes de primes aux autorités. La délégation est conduite par son porte-parole Diomandé Megbe, qui n'entend pas lâcher prise.

Jacob Zuma continue de s'accrocher. Il a, tellement, fait du mal à l'Afrique du Sud qu'il ne se sent plus en sécurité, même dans son propre parti, l'ANC, dont il est le président. Ce weekend, le Comité exécutif de ce parti s'est réuni pour voter sa destitution. Il l'a échappé belle, mais, ce n'est pas tout à fait terminé car il y a la motion de censure de l'opposition qui pourrait être votée à bulletin secret, dans les jours à venir, ce qui le mettrait, carrément, sur un siège éjectable. L'opposition qui a saisi la justice pour un vote à bulletin secret attend la décision de celle-ci. Autant dire que Zuma n'a pas encore le cœur tranquille.

Se dirige-t-on vers une guerre des religions ? On n'en est plus très loin avec ce qui arrive dans les pays qui comptent des minorités religieuses. En Afrique, l'Egypte (Coptes), le Centrafrique (Sélékas), la partition du Soudan en deux Etats : le Soudan (musulman) et le Soudan du Sud (chrétien et animiste), ne poussent guère à l'optimisme. Au Maroc, pays musulman tolérant parmi les plus tolérants, la dernière déclaration du ministre des Affaires islamiques a de quoi inquiéter.

Après six semaines de palabres, le Dialogue politique convoqué par le président du Gabon, Bongo Ondimba Ali (BOA) a pris fin, hier, vendredi, 26 mai. Les participants ont pu lui remettre les « Accords d'Agondjé » (du nom du lieu où s'est tenu ce Dialogue) afin qu'il les mette en œuvre. Deux faits à relever : les Gabonais, dans leur grande majorité, y ont adhéré et fait montre de leur volonté de tourner la page et de travailler pour l'avenir. D'autre part, le comportement du chef de l'Etat laisse penser qu'il est, maintenant, conscient de la (lourde) responsabilité qui pèse sur ses épaules en tant que président de la République du Gabon.

Alors qu'on le dit mourant, le présidentiel algérien, Abdelaziz Bouteflika, fait du réchauffé et refuse de suivre les effets de mode, comme en France où on préfère des jeunes dirigeants à l'Elysée et à Matignon. Après les élections législatives que son parti, le FLN, a gagnées, il a nommé un nouveau premier ministre fidèle à son image. C'est-à-dire, de troisième âge comme lui-même. Abdelmadjid Tebboune remplace Abdelmalek Sellal à la primature. Agé de 71 ans, Tebboune était beaucoup plus proche de la Maison de retraite que de la primature. N'eût été la volonté inébranlable d'Abdelaziz Bouteflika de le sortir de l'ombre.

L'Afrique vient de gagner une grande bataille, en plaçant un de ses fils à la direction générale de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) que briguaient bon nombre de candidats du Nord et de pays émergents. Pour une fois, l'union a la fait la force.

La crise des rebelles démobilisés vire au drame. Ce mardi, 23 mai, matin, on a compté trois morts dans leurs rangs après un assaut des forces loyalistes. Les démobilisés qui disent être des « personnes aux mains nues qui manifestaient » sans armes, crient au scandale. C'est une tournure dans cette crise : entre la fermeté prônée par le gouvernement et la justice et l'équité réclamées par les démobilisés. La Côte d'Ivoire retient son souffle.

« Vous tuez chez nous les femmes, les enfants, les vieillards, etc. avec vos bombardements lâches, ce qui crée la désolation. En réponse, nous posons et faisons sauter les bombes pour que vous ressentiez la même désolation ». En gros, voilà l'explication que donnent certains spécialistes occidentaux du terrorisme pour expliquer la vague terroriste qui sévit en Europe, mais aussi, aux Etats-Unis et au Canada. Seul bémol : les pays africains souffrent, aussi, de ce terrorisme (Nigeria, Cameroun, Tchad, Mali, Niger, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Kenya, Soudan, etc). Est-ce parce qu'ils sont considérés, eux aussi, comme impérialistes ?

La justice gambienne a gelé, ce lundi, 22 mai, les biens de l'ex-président, Yahya Jammeh, soupçonné d'avoir détourné plus de 50 millions de dollars (plus de 44 millions d'euros) avant son départ en exil, a annoncé le ministre de la Justice. C'est un bras de fer qui ne fait que commencer entre l'ancien dictateur et la nouvelle équipe au pouvoir à Banjul.

Depuis Riyad où il a assisté au Sommet entre les pays arabes, musulmans et les Etats-Unis, le coeur du président, Alassane Ouattara, battait au rythme de la Côte d'Ivoire. Parce qu'une véritable pagaille s'est installée dans le pays, depuis son départ. Après la satisfaction des doléances des mutins, leurs camarades de la rébellion (qui porta Ouattara au pouvoir) qu'on appelle les « démobilisés » demandent, à leur tour, de rencontrer le président de la République pour obtenir les mêmes avantages, pour avoir fait le même travail : l'aider à arriver au pouvoir par des voies anti-démocratiques (coup d'état, etc.). Butin réclamé : 18 millions de F CFA (27.000 euros) pour chacun des 6.000 démobilisés.

Pour des Centrafricains de plus en plus nombreux, la crise que traverse leur pays est une sorte de fromage pour la Mission multidimensionnelle de stabilisation intégrée des Nations-Unies en République centrafricaine (MINUSCA). Mais au sein de cette dernière, on ne l'entend pas de cette oreille. La MINUSCA est sur tous les fronts et fait, avec « ses moyens actuels qui ont atteint leur limite », tout ce qu'il faut pour sécuriser les populations et aider le pays à se relancer. Cela dit, la MINUSCA a-t-elle de bons soldats ? D'autre part, le pouvoir en place est-il une équipe préparée pour affronter la crise ?

Le décompte macabre se poursuit en Centrafrique. La semaine dernière, la Croix Rouge locale avait ramassé 115 cadavres, à Bangassou, dans le Sud-Est du pays. Conséquence des tueries des milices connues agissant sous la barbe de la Minusca. Aujourd'hui, on en est, déjà, à 17 morts civils, à Bria, dans le Nord-Est du Centrafrique. Toujours, sous les yeux de la Minusca. Les Nations-Unies devraient tirer les conséquences de l'inefficacité de leur « machin » qu'elles ont envoyé sécuriser le Centrafrique avec un mandat "robuste". Ne serait-il pas mieux que cette Minusca plie bagage et laisse les Centrafricains se débrouiller que de se livrer, comme elle le fait, au tourisme (militaire) ?

Il ne manquait plus que ça : que les églises s'en mêlent à leur tour, elles qui se limitent à donner des avis pour que la société sud-africaine vive dans la paix, la cohésion entre les races et la bonne entente. Le Conseil des églises est sortie de sa réserve légendaire dans son dernier rapport centré sur la corruption où il n'y va pas de main morte. En effet, elle conclut que l'Afrique du Sud est proche d'un Etat mafieux avec à sa tête un leader qui ressemble de plus en plus à un Chef de Gang.

Le monde est petit, et le temps court. Il n'y a pas si longtemps, Alassane Ouattara, maquisard en chef fomenteur de coups d'état depuis le Burkina Faso sous Blaise Compaoré, faisait tout ce qui était possible pour arriver à ses fins : devenir le président de la République de Côte d'Ivoire, par tous les moyens. A l'époque, c'est la fin qui justifiait les moyens. A-t-il la mémoire courte ?