Politique

Il s'agit de préserver le mythe qui a entouré Nelson Mandela. C'est le combat qu'entend mener, Graça Machel, la veuve de Nelson Mandela dont le médecin personnel livre des détails croustillants de sa fin de vie dans un livre paru à l'occasion de sa date d'anniversaire. Graça, qui n'avait pas été informée du projet, est tombée dans une colère noire, et a, immédiatement, pris contact avec son avocat pour préparer, rapidement, une plainte. Va-t-on vers la suspension du livre ou de la suppression des passages portant sur des secrets sur le grand homme parus dans le livre ?

Un an après la disparition du journaliste, Jean Bigirimana, on est en droit de se poser des questions et exiger des autorités qu'elles publient les résultats de l'enquête promise dès août 2016. Sinon, le pouvoir du président, Pierre Nkurunziza, aura à répondre, tôt ou tard, de cette disparition qui s'apparente à un assassinat pur et simple d'un confrère qui ne faisait que son travail de journaliste, et qui a été, barbarement, décapité par les services de renseignement du régime.

Qui est contre le départ volontaire du président angolais, José Eduardo dos Santos, du pouvoir, comme il l'a indiqué l'année dernière ? Visiblement, beaucoup de monde, surtout, parmi les très nombreux chefs d'Etat d'Afrique du Centre, de l'Est et australe, qui veulent, tous, mourir au pouvoir. Depuis qu'il a maintenu son départ de la tête de l'Etat et désigné son successeur à qui il apporte tout son soutien, que de rumeurs malveillantes sur sa personne. Parti début juillet en Espagne pour un check up médical de routine, certains médias ont, abusivement, annoncé qu'il était dans le coma, presque, irréversible. Cette information était pourtant fausse. Pour preuve, c'est en sautant sur ses deux pieds qu'il a regagné la capitale angolaise, aux côtés de la première dame, Ana Paula dos Santos, mercredi, 19 juillet, devant les youyous des Angolais, qui vouent une véritable culte à leur (bien aimé) président.

Emmanuel Macron n'est pas François Hollande : il n'a pas d'état d'âme et s'attaque à tout ce qui gangrène le bon fonctionnement de l'Etat. Y compris les tabous qu'on a peur de bousculer. Après avoir obtenu les pleins pouvoirs des électeurs français qui savent qu'après avoir renvoyé Nicolas Sarkozy et François Hollande, au bout de cinq années seulement, Emmanuel Macron est la dernière chance pour le pays : où ça passe ou ça casse. Pour l'heure, il avance sans qu'on puisse savoir s'il réussira ou non. L'armée n'est qu'un des multiples écueils dans la tâche titanesque qui attend le (très) jeune et ambitieux président.

Pendant que les délégations d'athlètes devant participer aux 8e Jeux de la Francophonie, posaient leurs valises, mercredi, 19 juillet, soir, dans des hôtels dédiés, des tirs nourris venant de l'Ecole de police se faisaient entendre. La poudrière de cette vénérable institution de formation a presque été, totalement, dévalisée par des militaires cagoulés venus d'ailleurs, tandis que des véhicules de passants ont été emportés et ce, dans une peur panique totale qui s'était emparée des habitants de ce secteur d'Abidjan (Cocody). Ces tirs nourris, dans les environs de 22 heures (Heure GMT et heure d'Abidjan) n'étaient pas seulement une façon de dire « Bienvenue » à Hamed Bakayoko, qu'Alassane Ouattara venait de nommer, avec les pleins pouvoirs, au ministère de la Défense pour contrer l'influence de Guillaume Soro dans les casernes. Ils étaient, aussi, une façon de rappeler au chef de l'Etat qu'il n'aura pas le sommeil léger tant qu'il ne respectera pas ses engagements (financiers) pris pendant la rébellion.

Hier Burkinabé, né comme tel et travailleur comme tel jusqu'à son arrivée à Abidjan comme « premier ministre » de Félix Houphouët-Boigny avec pour tâche de redresser l'économie du pays, Alassane Ouattara est, aujourd'hui, à Ouagadougou, pour participer au Sommet Côte d'Ivoire/Burkina Faso, non pas comme président du Burkina Faso mais comme président de Côte d'Ivoire. Car entre temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, celle qui a permis de prendre la Côte d'Ivoire en otage. Notre propos n'est ni d'encourager, ni de féliciter, ni de condamner, cette métamorphose, mais seulement, de rappeler un fait historique que doivent connaître les Africains.

Ce qui devait arriver est en train de l'être. L'affaiblissement de l'Etat islamique (EI) auquel Boko Haram a fait allégeance, est planétaire. Partout où il est implanté, en Irak, en Syrie et même en Libye, l'EI ne devient que l'ombre de lui-même. Il subit défaite sur défaite et abandonne tout derrière lui, dans la fuite. Pouvait-il en être autrement de ses démembrements comme Boko Haram qui risque de subir le même sort, celui de sa future et totale liquidation, ce qui le pousse, sans doute, par anticipation, aujourd'hui, à négocier par dignitaires kanouri interposés.

A cette allure où l'Union européenne (UE) prend des mesures anti-immigration les unes plus inapplicables que les autres, ne va-t-elle pas interdire, bientôt, aux migrants africains de respirer l'air en provenance des côtes européennes ? En effet, après avoir, vainement, cherché à ériger des barrières sur la Méditerranée en investissant des centaines de millions d'euros dans différents dispositifs de surveillance, les pays de l'UE, toute honte bue, se sont dotés, ce lundi, 17 juillet, de nouvelles règles pour pouvoir empêcher l'exportation vers la Libye de canots gonflables et de moteurs hors-bord utilisés par les migrants, qui cherchent à rejoindre l'Europe par la Méditerranée. L'adoption de cette mesure plus que ridicule, voire, même anecdotique, montre que l'Europe perd le Sud et ne sait, réellement, plus sur quel pied danser, ni à quel sait se vouer.

Qu'on se rassure, Emmanuel Macron n'est pas Nicolas Sarkozy. Les Africains ne tarderont pas à le savoir et à s'en convaincre. Mais, c'est vrai qu'il va vite en besogne avec des déclarations à l'emporte-pièce, qui provoquent, parfois, de la gêne dans son propre camp. Est-ce une forme de jeunesse politique ? Après l'épopée des « kwassa-kwassa » avec les Comores, voici venu le problème « civilisationnel » de l'Afrique qui fait que ses femmes additionnent, facilement, 7 à 9 enfants qu'elles seraient incapables d'éduquer correctement. Si ces déclarations étaient à refaire, le grand chef de l'Elysée redirait-il, exactement, la même chose ? On en doute.

Que s'est-il passé dans les eaux camerounaises où le navire « Mudemba » transportant 37 marins du BIR (Bataillon d'intervention rapide) y compris les membres d'équipage, a coulé à fond sec, après avoir chaviré au large de la zone dite Debunsha, dans la province du Sud-Ouest du Cameroun ? Cette catastrophe a eu lieu, dimanche, 16 juillet, à 6 heures locales (5 h GMT) alors que l'équipage allait ravitailler les soldats en poste à Bakassi. L'alerte, immédiatement, donnée à pu permettre de sauver 3 membres du BIR. Les recherches de 34 autres se poursuivent, l'endroit du naufrage ayant été identifié et circonscrit.

Candidat à rien du tout, Ingénieur, José Eduardo dos Santos, a, de son propre chef, choisi de quitter le pouvoir, en ne se présentant pas aux élections législatives d'août prochain, qui lui auraient permis de briguer la présidence de la République. C'est son ministre de la Défense, le général, Joao Lourenço, qui va lui succéder à la tête de l'Etat. Cependant, il conservera son poste de vice-président du MPLA, le parti au pouvoir, tandis que José Eduardo dos Santos, gardera la présidence du parti. Après avoir proposé de tout laisser à son successeur, il a essuyé le refus de ce dernier et des autres camarades du parti. Cela dit, l'Angola ne vivra en aucun cas un bicéphalisme à la tête de l'Etat dans la mesure où José Eduardo dos Santos, après 37 ans de pouvoir presque solitaire, aspire, véritablement, à un repos plus que bien mérité. Un repos qu'il a, lui-même, souhaité.

La question est sur la bouche de beaucoup d'Ivoiriens : « Alassane Ouattara est-il un homme de parole, qui sait respecter ses engagements » ? Pour beaucoup, c'est Non ! A trois ans de la fin de son deuxième et dernier mandat, les revendications se font entendre de partout, même, des casernes militaires où les locataires de ces lieux se font rappeler à son bon souvenir. Pendant sa rébellion, Ouattara avait fait des promesses qu'il n'a pas tenues auprès de certains depuis qu'il est au pouvoir. Résultat : à trois ans de la fin de son parcours politique à la tête de l'Etat, beaucoup de rebelles d'hier, manquent, aujourd'hui, à l'appel des satisfaits. Au moment où le régime a fabriqué des centaines de milliardaires, du même et seul côté. Ceux qui sont bien lotis étaient, parfois, invisibles, hier, quand il fallait braver le danger au sein de la rébellion, en tirant le coup de feu. Voilà pourquoi, malgré le langage d'apaisement du pouvoir, ils se font entendre. Avec ou sans les armes. Dans la nuit de vendredi à samedi, des soldats de deux casernes d'Abidjan et de Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, ont attendu une heure du matin pour commencer à tirer à l'arme lourde. Bilan : trois morts. C'est un avertissement (presque) sans frais pour Ouattara, en attendant qu'il résolve, rapidement, leurs problèmes. Le régime a un peu d'argent pour satisfaire de telles promesses prises de longue date. Ce n'est qu'une question de volonté politique du chef de l'Etat.

Alassane Ouattara n'a fait que du Alassane Ouattara : rouler son aîné Henri Konan Bédié dans la farine. Il a attendu son deuxième et dernier mandat pour sortir le grand jeu. Après avoir montré son vrai visage à Mabri Toikeusse et Gnaniem Konan en les excluant (autoritairement) du RHDP (dont le président est Henri Konan Bédié), ainsi que, leurs formations politiques, il passe, aujourd'hui, à la vitesse supérieure devant un Henri Konan Bédié, totalement, politiquement, affaibli. Ce dernier était resté sourd, muet, aveugle, dans le passé, aux appels à la vigilance lancés par certains de ses cadres face au double visage du président de la République que tout le monde connaît. Bédié, en tout bon naïf, est en train de se faire avoir pour la deuxième fois par Ouattara, la première fois, c'est quand ce dernier l'avait, doctement, chassé du pouvoir en décembre 1999 par un coup d'état militaire, avant d'installer, provisoirement, à sa place, le général, Robert Gueï, qui venait de nulle part. Un pouvoir que Bédié cherche, toujours et encore, à reconquérir, de son vivant, alors que l'alternance en 2020, vu le comportement de son allié Ouattara, n'est pas à l'ordre du jour pour le PDCI-RDA. On peut se demander si Henri Konan Bédié est, réellement, le président qu'il faut au PDCI-RDA de Félix Houphouët-Boigny ?

Continent de toutes les convoitises, l'Afrique est loin d'être pauvre. Elle est, au contraire, considérée comme le continent de l'avenir, le continent du futur, qui va tirer la croissance mondiale, vers le haut, pendant ce troisième millénaire. Pour cela, il lui faut, à tout prix, la paix et la stabilité. Comme les Etats-Unis, la France et le Japon, la Chine a décidé d'implanter, à son tour, une base militaire à Djibouti, la première qui confirme sa présence armée à l'international.

Seul et unique chef d'Etat africain, à avoir présidé aux destinées de son pays (pendant sept ans), qui a quitté le pouvoir, en mai 2006, et y est revenu, en mai 2016, après avoir gagné, très démocratiquement, le scrutin, qui fut, d'ailleurs, âprement, disputé, Azali Assoumani fait la Une du numéro double 454-455 d'Afrique Education de juillet-août 2017. Sur quatre pages, il décrit l'oeuvre entreprise depuis un an dans la simplicité langagière qui l'a, toujours, caractérisé. Le magazine projette, aussi, ses phares sur la très multicolore Assemblée nationale française voulue par le jeune président, Emmanuel Macron, au sein de laquelle l'Afrique est, plutôt, très bien représentée. Congo-Brazzaville, Pays de la CEDEAO en crise, Zone Franc et ses interrogations sur son éventuelle dévaluation ou sa survie comme monnaie (africaine), etc., le lecteur a de quoi lire.

Après Aïsha Buhari, première dame du Nigeria, c'est le vice-président, Yemi Osinbajo, qui vient de rendre visite au président de la fédération, Muhammadu Buhari, à Londres, où il est en congé médical depuis plus de deux mois, le deuxième depuis le début de cette année. Aucun bilan de santé, aucune photo récente de lui comme preuve de vie, aucune adresse de sa part au peuple nigérian en dehors des vœux de fin de ramadan, bref, rien n'est fait pour assurer les Nigérians et leur montrer que leur président est en voie de guérison. Les informations sur son état de santé restent opaques et le mystère total.

Le président sud-africain, Jacob Zuma, est persona non grata au Congrès, cette semaine, du Parti communiste, un des alliés de la coalition gouvernementale, a indiqué, ce mardi, 11 juillet, la direction de cette formation politique, témoignant de l'effritement du soutien au chef de l'Etat embourbé dans une litanie de scandales.

Après avoir repoussé, à plusieurs reprises, son retour au Sénégal, Me Abdoulaye Wade, ancien président de la République, faiseur politique de l'actuel chef de l'Etat, Macky Sall, est arrivé, lundi, 10 juillet, vers 18 heures, à Dakar, à bord d'un avion spécial, pour conduire la liste du PDS aux élections législatives du 30 juillet, grâce auxquelles il compte faire obtenir la majorité à la coalition de l'opposition, nécessaire pour chasser le président, Macky Sall, du pouvoir. Sa volonté d'en découdre ne trompe personne : sitôt devant ses militants, hier, même à l'aéroport, il a, immédiatement, invité Macky Sall à fuir le pays pour se réfugier à l'étranger, l'invitant même à emprunter son avion. Le ton est donné.

Pierre Nkurunziza affirme qu'il a pacifié le pays. Il est, au contraire, en train de le conduire vers l'abîme. Après avoir déclaré, la semaine dernière, au médiateur des Nations-Unies, Michel Kafando, que le pays était désormais sous contrôle, il a eu la réponse du berger à la bergère. Hier, sur la colline de Shinya, une grenade a explosé tuant, du coup, huit personnes et blessant de dizaines d'autres. Traduction : Nkurunziza doit savoir tenir sa langue et favoriser le dialogue entre le pouvoir et toute l'opposition.

Les 6.000 « rebelles démobilisés », qui faisaient partie de la rébellion du président, Alassane Ouattara, pour chasser par les armes, le président, Laurent Gbagbo, dans les années 2000, et qui avaient choisi de retourner dans la vie civile au lieu d'intégrer l'armée comme 8.500 de leurs camarades à qui le pouvoir venait d'allouer 12 millions à chacun, ont bloqué l'entrée de la ville de Bouaké, dimanche, 9 juillet, pour rappeler à Alassane Ouattara qu'ils sont toujours dans l'attente de sa promesse. Ils ont, en effet, exigé une somme de 18 millions de F CFA, chacun, comme contrepartie de leur participation à la rébellion, qui a favorisé l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara.