SENEGAL : La révision constitutionnelle, un jeu dangereux à cause du bras de fer entre Sonko et Diomaye (Diouf et Wade devraient appeler au calme).

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Le Sénégal est aujourd’hui à un tournant de son histoire. La proposition de loi portant révision de la Constitution, initiée par des députés et déclarée recevable par l’Assemblée nationale, n’est pas une simple formalité. Elle révèle une crise profonde, où les ambitions politiques menacent de faire basculer le pays dans l’instabilité.

Le pays vit une situation inédite : Un président et une Assemblée nationale en conflit ouvert. Après des mois de tensions, la rupture entre l’exécutif et le législatif est consommée. L’Assemblée, dominée par une majorité déterminée à imposer sa vision, utilise désormais tous les leviers pour bloquer l’action gouvernementale et contester l’autorité présidentielle (sur notre photo, Abdou Diouf, président pendant 20 ans et Abdoulaye Wade président pendant 12 ans, devenu récemment centenaire en âge, doivent absolument appeler au calme et à la modération pour que le Sénégal ne perde pas sa crédibilité à l’international en tant qu’Etat sérieux).

Cette proposition de révision constitutionnelle, bien que techniquement recevable, pose une question fondamentale : Qui a le droit de modifier les règles du jeu démocratique ? Le président, élu par le peuple, ou une Assemblée nationale qui semble vouloir détourner les institutions pour servir des intérêts partisans ?

Ousmane Sonko élu (de façon contestée) président de l’Assemblée nationale, a déclenché les hostilités, ce qui n’est pas pour rassurer les partenaires étrangers.

Le risque est réel : Celui d’une crise institutionnelle majeure. Si l’Assemblée adopte ce texte, le président pourrait refuser de le promulguer, déclenchant un bras de fer sans précédent. La Constitution ne prévoit pas de mécanisme clair pour résoudre un tel conflit. Résultat : Paralysie des institutions, perte de confiance des partenaires internationaux, et instabilité politique durable.

Les démissions au sein même de l’Assemblée montrent, déjà, les fissures internes d’une majorité divisée. Si la situation dégénère, le pays pourrait se retrouver sans cadre juridique pour arbitrer les différends, ouvrant la voie à une impasse sans issue.

Plusieurs scénarios sont possibles.

L’Assemblée pourrait adopter la proposition, forçant le président à gouverner par ordonnances ou à dissoudre le Parlement. Mais, chaque option comporte des risques : Crise démocratique, tensions sociales, ou affaiblissement irréversible des institutions. Dans ce contexte, une question s’impose : Jusqu’où les acteurs politiques sont-ils prêts à aller pour imposer leur volonté ? Accepteront-ils de sacrifier la stabilité du pays sur l’autel de leurs ambitions ?

Bassirou Diomane Faye, en tant que président de la République, est la clé de voûte des institutions. Saura-t-il contourner les obstacles que lui dresseront les amis d’Ousmane Sonko de l’Assemblée nationale et d’ailleurs ?

Le Sénégal a toujours été un modèle de stabilité et de dialogue en Afrique. Mais, aujourd’hui, cette réputation est menacée. Une révision constitutionnelle ne doit pas être un outil de confrontation, mais, un processus inclusif, qui rassemble toutes les forces vives de la nation.

Il est temps de retrouver la raison.

Le pays mérite mieux que des calculs politiques à court terme. La démocratie sénégalaise est à un carrefour. Choisira-t-elle la voie du dialogue, ou celle du chaos ?

Samba Kara NDIAYE,

Président du Parti NADEMS, membre de la coalition Xarnubi.

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