Alors que le président, Bassirou Diomaye Faye, a rappelé, lors de la fête de l’indépendance, que « l’indépendance est à la fois une mémoire et une exigence pour chaque Sénégalais », une question s’impose : Comment concrétiser cette exigence dans nos campagnes, où des milliers de jeunes quittent leurs terres faute d’opportunités ? Le chef de l’Etat a salué « la stabilité, l’unité et la résilience » du Sénégal, mais, la vraie résilience se mesure, aussi, à notre capacité à nourrir notre peuple et à offrir un avenir à notre jeunesse rurale. Comme il l’a souligné, « Nous avons le droit de choisir, le devoir de décider et la responsabilité d’assumer notre destin ». Assumons donc ce destin : En faisant de l’agriculture un secteur moderne, attractif et porteur d’emplois pour les jeunes.
Le Sénégal rural est aujourd’hui à l’image d’un champ sous-exploité : Des terres fertiles, une main-d’œuvre jeune et motivée, mais, un manque criant d’infrastructures, de formations et de soutien concret. Pourtant, dans son discours du 4 avril, le président, Faye, a insisté sur la nécessité de « préserver et enrichir notre héritage » (sur notre photo, il visite une exploitation agricole). Cet héritage, c’est aussi nos terres agricoles. Le président a, également, annoncé une refondation du système éducatif, notamment, pour l’adapter aux défis du numérique et de l’intelligence artificielle. Mais, cette refondation doit, aussi, inclure une éducation agricole moderne, capable de former des jeunes entrepreneurs ruraux, et non des chômeurs diplômés.
Il est temps de faire des jeunes rénovateurs du Sénégal rural, et non des victimes d’un système qui les pousse à l’exil. Le président a appelé à « un engagement collectif permanent pour consolider les acquis de la République ». Cet engagement doit commencer par une révolution agricole, où les jeunes ne sont plus des spectateurs, mais, des acteurs clés.
Pour cela, formons une nouvelle génération d’agriculteurs innovants en créant des écoles pratiques d’agriculture moderne dans chaque région, où les jeunes apprennent l’agroécologie, la digitalisation des exploitations et la gestion de projets innovants. Ces formations doivent être liées à des partenariats avec les coopératives locales, pour offrir des stages rémunérés et une insertion professionnelle immédiate – une réponse concrète à l’appel présidentiel pour « un Sénégal souverain, respecté et prospère ».
Garantissons, également, l’accès aux terres et aux financements. Le président a évoqué la nécessité de « préserver notre héritage ». Cet héritage, c’est aussi nos terres agricoles. Mettons en place un Fonds « Jeunes Agriculteurs » avec des prêts à taux zéro, et simplifions l’accès aux terres pour les projets portés par les jeunes. Comme l’a souligné le Chef de l’Etat, « notre responsabilité est de transmettre cet héritage » : Donnons aux jeunes les moyens de le faire fructifier.
Valorisons, enfin, les circuits courts et la consommation locale. Le président a salué « la synergie entre les forces armées et les populations civiles ». Etendons cette synergie à l’économie rurale : Liez les jeunes agriculteurs aux marchés locaux et aux cantines scolaires, et lançons des campagnes « Consommons 100 % sénégalais » pour soutenir la production locale. Comme le dit le président, « la fête nationale est un moment de concorde et de projection collective » – projetons-nous vers une autonomie alimentaire totale.

Aux dirigeants, je dis : L’agriculture n’est pas un secteur du passé, mais, l’avenir de notre souveraineté. Aux jeunes ruraux, je rappelle : La terre n’est pas une malédiction, mais, une opportunité immense pour ceux qui osent innover. Aux citoyens, j’adresse un appel : Soutenez les produits locaux, exigez la transparence sur les budgets agricoles, et rejoignez le mouvement pour une alimentation 100 % sénégalaise. Comme l’a rappelé le président, « l’indépendance est une exigence » – exigeons donc des actes concrets pour nos campagnes.
Un Sénégal qui nourrit ses enfants est un Sénégal vraiment indépendant. Redonnons à nos jeunes ruraux la fierté de cultiver leur terre, et à notre pays, les clés de son indépendance alimentaire. L’agriculture n’est pas seulement une activité économique : C’est un acte de résistance, de dignité, et d’espoir pour les générations futures. En cette année où nous célébrons notre unité et notre résilience, faisons de l’agriculture le symbole d’un Sénégal qui assume pleinement son destin.
Samba Kara NDIAYE
Président du Parti NADEMS.





