Centrafrique

L'année dernière, un mouvement armé (que nous ne nommons pas) avait, ouvertement, menacé le président, Faustin Archange Touadera, qu'il restait sous la menace de son éviction du palais présidentiel à cause de son incapacité à résoudre la crise centrafricaine pour laquelle il a été élu président de la République chef de l'Etat. Il faut reconnaître que la situation dans le pays s'est beaucoup dégradée : de 2 départements qui connaissaient l'insécurité quand Faustin Archange Touadera prenait le pouvoir en mars 2016, on est passé, aujourd'hui, à 14 départements sur 16 qui sont, totalement ou partiellement, sous le contrôle des milices qui se créent tous les jours que Dieu fait. Le président Touadera qui essuie les critiques de partout (et même plus discrètes des chefs d'Etat de la sous-région qui sont fatigués de résoudre les problèmes sans solution du Centrafrique depuis de très longues années) a fini par perdre tout crédit dévolu au président démocratiquement élu qu'il est. Pour certains observateurs, il attend, tranquillement, la fin de son mandat dans trois ans pour passer le témoin tandis que pour d'autres, il serait suicidaire qu'il reste à la tête du pays dans les conditions actuelles jusqu'au terme de son mandat. Les événements de dimanche, 8 avril, soir, d'une gravité extrême, posent la question de la longévité de Touadéra à la tête de l'Etat. Son compte à rebours a-t-il commencé ?

Selon certains observateurs politiques du Gabon, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, doit démissionner son ministre des Finances et du Budget pour agression indigne et inexpliquée sur la personne du professeur, Daniel Ona Ondo, président en exercice de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale).

La dégradation socio-sécuritaire s'est généralisée au cours de la semaine écoulée en République centrafricaine (RCA), à la suite d'une série d'affrontements entre des combattants d'ex-séléka et d'anti-balaka. En Centrafrique, les jours, semaines et mois se suivent et se ressemblent, sans qu'on sache ce que fait, exactement, le gouvernement pour faire face à cette insécurité généralisée. On a l'impression que le pouvoir en place a baissé les bras. Tout simplement même s'il n'en dit rien.

A Malabo, on refuse de répondre à cette question par Oui ou par Non, mais, on continue de s'interroger activement à mesure que les enquêtes menées en Guinée équatoriale et au Cameroun, avancent. Certains « mercenaires » comme on les appelle, à Malabo, actuellement, « exploités » en Guinée équatoriale et au Cameroun, commencent à se mettre à table. Ce qui permet d'avancer. Actuellement, le doyen des chefs d'Etat africains, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a plusieurs cartes en main. Il sait qui est qui parmi ses proches voisins chefs d'Etat de l'Afrique centrale, et, surtout, qui ne lui veut pas du bien. Au Tchad et en Centrafrique, les oppositions s'interrogent sur le degré d'implication des pouvoirs en place dans cette opération qui a foiré grâce à la performante vigilance des autorités de Malabo. Pour avoir su déjouer ce coup d'état, le président équato-guinéen mérite bien ses galons de général d'armée. Il confirme que ses 38 ans passés au pouvoir font de lui un dirigeant très expérimenté.

Quand les Centrafricains arrêteront-ils de se faire tuer dans leur capitale ? Malgré l'arrivée au pouvoir, il y a deux ans, du président, Faustin-Archange Touadera, Bangui est loin de devenir une capitale pacifiée. On a peur de se faire tirer dessus à Bangui comme à Paoua ou dans n'importe quelle autre localité de l'intérieur du pays. Le pouvoir centrafricain est, totalement, impuissant face à cette violence qui n'arrive, pas non plus, à être contrôlée et jugulée par la Minusca. Trois personnes ont été tuées et au moins sept blessées, entre jeudi, 22 février, soir, et vendredi, matin, dans des échanges de tirs entre deux groupes armés du PK5, quartier où habite la majorité des musulmans de Bangui. Pour le gouvernement, c'est une statistique comme toute autre. Pour lui, c'est « circulez y a rien à voir ». La vie continue, renchérit-on du côté du Palais de la Renaissance où le président de la République continue de collectionner les épouses. Il en serait à quatre en l'espace de deux ans au pouvoir. Qui dit mieux ?

Les informations contenues dans le numéro 461 de février 2018 d'Afrique Education sont uniques en leur genre. Elles ne se trouvent nulle part ailleurs et vous ne les lirez dans aucun autre journal. Elles sont exclusives. Elles éclaboussent deux hauts dignitaires de l'Afrique centrale, qui font l'objet de soupçons. Conformément à la réglementation en vigueur, ces derniers ont la possibilité de bénéficier d'un droit de réponse dans Afrique Education s'ils s'estiment diffamés. Mais, la rédaction pense que ce n'est pas le cas. Cependant, le magazine est prêt à leur accorder ce droit de réponse sauf s'ils estiment que le silence est d'or. Mais ne dit-on pas, aussi, que qui ne dit mot consent ?

Actuellement, le doyen des chefs d'Etat africains, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a plusieurs cartes en main. Il sait qui est qui parmi ses proches voisins chefs d'Etat de l'Afrique centrale, et qui lui voulait du mal. Au Tchad et en Centrafrique, notamment, les oppositions s'interrogent de savoir quel est le degré d'implication des pouvoirs en place dans cette opération qui a foiré grâce à la vigilance des autorités de Malabo. Militaire de profession, le président équato-guinéen n'est pas général d'armée pour rien, et surtout, ses 38 ans au pouvoir lui ont donné beaucoup d'expérience. A Bangui, on continue de démentir toute participation à ce putsch manqué : le président et le premier ministre l'ont, déjà, fait, sans trop convaincre Malabo. Ils se sont mis dans une situation intenable, et font l'objet de gros soupçons. Quant à l'ex-coalition Séléka, elle est, aussi, indexée par le doyen en personne. Elle nie, aussi, sans convaincre, malgré ses connexions connues au Tchad. Pendant ce temps, les enquêtes se poursuivent, activement, aussi bien, en Guinée équatoriale qu'au SED, à Yaoundé.

Le Centrafrique démarre très mal l'année 2018. La situation du pays se dégrade à vue d'oeil. Rien que ces derniers jours marquant la fin de l'année 2017, des "centaines" de personnes ont fui les affrontements entre groupes armés qui ont lieu depuis, mercredi, 27 décembre, soir, autour de la ville de Paoua, dans le Nord-Ouest du Centrafrique. Au niveau de la direction de l'Etat, le message du nouvel an diffusé par le président, Faustin-Archange Touadéra, est, plutôt, optimiste et tranche avec le vécu des populations. De deux choses l'une : ou il applique la célèbre Méthode Coué, soit, il est, déjà, coupé des vraies réalités de son pays. Pays profond dont il n'a plus, toujours, l'accès, 14 départements sur 16 étant repassés sous la coupe directe des différentes milices et groupes armés.

Le Centrafrique est à l'arrêt. Cela fait des mois qu'afriqueeducation.com le dit. L'opposition a, jusque là, joué un rôle loyal, mais, le chef de l'Etat, visiblement, n'a pas été bien préparé à exercer la fonction suprême. Voilà pourquoi, malgré les difficultés que personne ne nie, il fait tourner le pays en rond, et perd le temps à tout le monde, y compris, aux rebelles qui commencent à devenir plus que menaçants pour la survie même de son pouvoir. L'un d'eux, le plus redoutable au regard de son passé dans la rébellion et de ses états de service, Nourredine Adam, ne passe plus par quatre chemins pour signifier à Faustin Archange Touadéra qu'il peut marcher sur Bangui pour prendre ce qui reste de son maigre pouvoir. Si une telle hypothèse se réalisait, il ne faut pas se voiler la face car il y aura des condamnations internationales, mais, en réalité, on serait, énormément, soulagé dans bien de milieux en Centrafrique. Ce coup de tonnerre fera-t-il réveiller Touadéra de son profond sommeil ? Rien n'est moins sûr avec ce mathématicien de Roy Rabé.

A quoi servent les multiples voyages du président de la République, Faustin-Archange Touadéra, à l'étranger ? On ne comprend pas pourquoi le chef de l'Etat n'arrive pas à faire passer son message auprès des bailleurs de fonds et partenaires au développement alors qu'il a été, démocratiquement, élu et que le Centrafrique se trouve être l'un des Etats les plus nécessiteux du monde ? Sur tous les plans et dans tous les domaines. La question mérite d'être posée : le président Touadéra sait-il, réellement, tenir le bon discours à ses interlocuteurs ? Sait-il parler à ceux qu'ils rencontrent ?

Une altercation entre deux groupes d'"autodéfense" a fait quatre morts, ce lundi, 11 décembre, dans le quartier du PK5, à Bangui. La capitale devenant un lieu de règlement de comptes, aucune partie du pays n'est plus en sécurité.

Quatre personnes sont mortes et une vingtaine blessées, samedi, 11 novembre, soir, dans une attaque à la grenade dans un café de Bangui, un incident suivi par des représailles qui ont fait trois autres morts. Ce sont les premières violences significatives dans la capitale centrafricaine depuis début 2017. La trêve semble finie à Bangui où les milices (re)prennent position pour exercer leur violence comme dans le reste du pays dont 80% du territoire est sous leur contrôle.

La guerre religieuse affecterait les Centrafricains en ce sens que le conflit entre les Séléka et les Antibalakas serait un conflit confessionnel. Cette théorie a été (faussement) soutenue par l'ancien président français, François Hollande, qui, contre toute attente, avait pesé de tout son poids politique de président français dans un pré-carré africain, pour débarquer, Michel Djotodia de la présidence de la République, alors que ce dernier ne demandait qu'à être aidé pour organiser une élection présidentielle à laquelle il n'aurait pas pris part, et quitter le pouvoir. François Hollande, au nom des considérations chrétiennes, semble-t-il, a fait partir ce président musulman. Une chrétienne bon teint, Catherine Samba Panza, a remplacé le musulman, Michel Djotodia, au pied levé, avec un premier ministre musulman, Mahamat Kamoun. Excellent tandem mais le mal était, déjà, fait. Le conflit religieux récemment créé de toutes pièces commençait à faire ses effets. Lors de son interview radio-télévisée, à N'Djamena, avec les médias français, il y a quelques mois, le président tchadien, Idriss Déby Itno, leur a envoyé cette triste vérité, en pleine figure, créant, par la même occasion, un gros émoi au sein de l'assistance qui participait à cet enregistrement. Les trois journalistes français, eux, étaient très étonnés d'écouter cette vérité (coranique) qui sortait de la bouche (très autorisée) d'Idriss Déby Itno. Aujourd'hui, François Hollande jouit d'une retraite paisible aux côtés de sa nouvelle fiancée, l'artiste, Julie Gayet, mais, en Centrafrique où il a concouru à accroître le désordre, le séjour du patron des Nations-Unies, Antonio Guterres, montre qu'on est (très) loin d'être sorti de la crise ...religieuse (version Hollande).

Les détracteurs de Séléka n'hésiteront pas à railler ses propos, en affirmant que c'est l'hôpital qui se moque de la charité quand Séléka condamne, comme il vient de faire, les escadrons de la mort et demande une enquête internationale en Centrafrique. Séléka tient ces propos au moment où le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, effectue une visite de 4 jours dans le pays afin de résorber le problème de l'insécurité qui paralyse l'action gouvernementale. Mais, Séléka va plus loin : il demande le départ de ses militants et partisans du gouvernement du premier ministre Mathieu Simplice Sarandji. Traduction, Séléka demande un repositionnement des cartes et du jeu politique national.

Le président du Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, a annoncé, mardi, 12 septembre, un remaniement ministériel nommant quelques ex-proches des groupes armés, selon un décret diffusé à la radio d'Etat. Sur les 34 ministres, toujours, dirigés par le premier ministre, le professeur, Simplice-Mathieu Sarandji, 18 restent au même poste, 16 nouvelles personnalités intègrent l'équipe gouvernementale et 4 ministres la quittent dont les ministres de la Défense et de la Communication.

Un président muet comme une tombe, un premier ministre qui a perdu l'usage de la parole, des ministres plus aphones que des carpes, alors qu'au même moment, le peuple centrafricain n'a, jamais, autant souffert à cause des hordes de rebelles qui déferlent dans les localités intérieures du pays, les unes plus menaçantes que les autres, et que le pouvoir ne peut, nullement, enrayer. Simple question d'incapacité ! Quand le dynamique président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua, se lamente de cette inaction du gouvernement, celui-ci crie au complot, Karim Meckassoua étant suspecté de vouloir, rapidement, dégager « la tortue » (Faustin Archange Touadéra). Quand c'est le chef de l'opposition, Anicet Georges Dologuélé, qui informe l'opinion en lieu et place du président de la République et du premier ministre, là, c'est la panique générale. Les Centrafricains devraient remercier que Meckassoua et Doléguélé, soient de gros empêcheurs de tourner en rond. Car pour le pouvoir, qui est atteint par la phobie du coup d'état, il n'y a plus rien à attendre. Les quatre prochaines années (si Touadéra réussit à s'accrocher) n'auront rien à envier à son immobilisme constaté depuis mars 2016. La petite histoire ne dit-elle pas que le président est, tellement, frileux qu'il va jusqu'à avoir peur de sa propre ombre  dans sa chambre à coucher ?

La justice nigériane a ordonné, mardi, 22 août, la confiscation, à titre provisoire, de quatre propriétés appartenant à l'ex-ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, d'une valeur de 7 millions de dollars, que les juges soupçonnent de provenir de détournements massifs de fonds publics. Avant cette décision, la justice avait, déjà, procédé à d'autres saisies immobilières, ce qui tend à démontrer que cette femme nageait dans la corruption.

Le Centrafrique a élu son président en 2016 en la personne de Faustin Archange Touadéra. Mais, dix-sept mois, après, on ne voit aucun changement positif. Les choses vont de mal en pis. Accusé d'incompétence, le pouvoir a laissé échapper tous les acquis de la transition. Aujourd'hui, c'est un retour en arrière : 14 préfectures sur 16 sont sous le contrôle des milices armées. Du jamais vu auparavant. Personne ne respecte le président de la République. Les miliciens armés font la pluie et le beau temps, à l'intérieur du pays. Seule la ville de Bangui, la capitale, est à peu près sécurisée. A quoi a-t-il servi de se donner un « chef d'Etat démocratiquement élu » ? Voilà pourquoi naissent les craintes de génocide ou de coup d'état militaire. C'est parce que le pays va, tellement, mal que c'est la voie qu'il risque, tôt ou tard, de prospérer.

Un homme averti en vaut deux. Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, faute de prévenir les violences en Centrafrique et encore moins les contenir, en est arrivé à les annoncer. Si les Nations-Unies à travers la MINUSCA brillent par une légendaire inefficacité en Centrafrique, elles sont aidées en cela par les très inopérants gouvernements et parlements centrafricains, qui ne conjuguent pas leurs efforts pour aller dans la même direction. Le pays est en panne. Complètement à l'arrêt. Du coup, les Centrafricains commencent à regretter la (très critiquée) transition où les efforts réalisés par le duo Samba-Panza/Kamoun pour remettre le pays en ordre de marche, avant les élections, n'étaient pas, toujours, appréciés à leur juste valeur. Aujourd'hui, on se rend compte, même, très loin, à New York, au siège des Nations-Unies, que le Centrafrique va, sûrement, vers la catastrophe, s'il n'y a pas (à temps) ressaisissement du gouvernement et du parlement.

Trois casques bleus marocains viennent d'être, sciemment, tués par les rebelles en l'espace d'une semaine, à Bangassou, sans compter les blessés. C'est inhabituel pour un contingent dit de paix d'être, ainsi, ciblé. Pourquoi le contingent marocain présent dans la ville de Bangassou est-il, autant, indexé par le groupe armé des Anti-Balaka ? Pourquoi l'évêque de la ville souhaite son départ ? Décidément, le retour de la paix en Centrafrique sera une œuvre de très longue haleine, les problèmes existant, partout, même là où on ne les imagine pas.