L’escalade des tensions diplomatiques que vivent le Bénin et le Niger couvait depuis de longs mois. La première vague d’animosités avait débuté après le coup d’état du 26 juillet 2023 au Niger, après que Cotonou eut adopté une posture ouvertement inamicale envers Niamey, qui répliqua immédiatement en fermant sa frontière, convaincue des mauvais desseins de la voisine béninoise à son encontre.
Cette fois, les positions sont inversées, le Bénin ayant connu (et évité de justesse) un putsch, qui aurait profondément transformé l’équilibre des forces en Afrique subsaharienne. Mais, de manière inattendue, l’administration de Patrice Talon accuse son homologue nigérien, Abdourahamane Tiani, d’être impliqué dans la tentative qui visait à abréger son second bail au Palais La Marina.
En le soupçonnant ainsi, le président béninois suggère de penser que les velléités qui le poussaient à vouloir renverser la junte de Niamey avec le concours de la CEDEAO est un sentiment que l’on trouve partout en Afrique. Pourtant, sa propre gouvernance après deux mandats successifs est rejetée par les Béninois et critiquée outre-manche, ce qui suffit à rassembler les éléments nécessaires à la préparation d’un coup de force militaire.

Contrairement au premier cycle de tensions entre fin 2023 à fin 2024, pendant lequel le ministre béninois des Affaires étrangères, Shegun Bakari, était l’artisan des provocations vis-a-vis du Niger, certainement, parce qu’il avait reçu carte blanche pour faire tout sauf de la diplomatie, Bakari brille aujourd’hui par son silence. A-t-il fini par habiller sa fonction actuelle ? Ou les décisions prises par son ministère émanent-elles maintenant directement de La Marina ?
Perché sur un nuage depuis que ses potes de la France, la Cote d’Ivoire, de la Sierra Leone, et du Nigeria ont déployé des troupes sur son sol afin de préserver son pouvoir, Patrice Talon a bien terminé 2025, et a entamé 2026 de la plus belle des manières. Mais, cet optimisme est trompeur puisque derrière l’assurance qu’il s’efforce de véhiculer, Talon a la preuve du dégoût des Béninois pour sa duplicité.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





