L’annonce par les Etats-Unis de la capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, à l’issue d’une opération militaire dont la légalité et les circonstances demeurent contestées, a suscité de (très) vives réactions sur la scène internationale. En Afrique du Nord et au Sahel, les prises de position restent, cependant, mesurées, traduisant une volonté d’équilibre diplomatique face à un événement aux implications juridiques sensibles.
Contrairement à l’idée d’un silence total, l’Union africaine (UA) a réagi en exprimant sa préoccupation quant aux développements en cours et en rappelant son attachement aux principes fondamentaux du droit international, notamment, le respect de la souveraineté des Etats, de l’intégrité territoriale et des mécanismes multilatéraux de règlement des crises. Sans se prononcer sur le fond de l’opération ni sur le sort personnel de Nicolás Maduro, l’UA a appelé à une résolution pacifique et politique de la crise (sur notre photo, Nicolas Maduro avec Vladimir Poutine qui se vantait de le protéger contre les manoeuvres des Etats-Unis. On voit ce que vaut la protection du président russe).
Sur le plan national, peu de gouvernements africains ont, à ce stade, adopté des positions publiques détaillées. L’Afrique du Sud se distingue, toutefois, par une démarche plus affirmée, appelant à un examen de la situation dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Pretoria souligne les risques qu’une telle opération fait peser sur l’ordre international fondé sur des règles et sur le précédent qu’elle pourrait créer.
En Afrique du Nord et au Sahel, cette retenue s’explique par plusieurs facteurs : L’incertitude persistante entourant la confirmation indépendante de l’arrestation, les débats juridiques sur sa légalité, mais aussi, la volonté d’éviter toute polarisation dans un contexte international déjà fortement fragmenté. Le Venezuela ne constituant pas un partenaire stratégique central pour la plupart des Etats de la région, l’urgence d’une prise de position nationale demeure relative.

Si certains pays africains avaient, par le passé, exprimé des réserves quant à la gouvernance vénézuélienne et à la crédibilité de ses processus électoraux, ils continuent de distinguer ces critiques d’un soutien à une intervention militaire extérieure. A moyen terme, une clarification africaine plus large pourrait intervenir si des instances judiciaires ou multilatérales reconnues confirmaient les faits. En l’état, la posture africaine privilégie la stabilité internationale, le multilatéralisme et le respect du droit.
Dr Lahcen Benchama





