Le coup d’état raté du 7 décembre 2025 est encore dans les mémoires. Quand des soldats des Forces armées du Bénin dirigés pars le lieutenant-colonel, Pascal Tigri, ont annoncé à la télévision nationale le renversement du président, Pascal Talon, à la suite d’une attaque contre sa résidence. Et si c’était la réponse politique au verrouillage politique que Talon exerce dans tout le pays ? Il a manœuvré pour que les grands partis politiques n’aient aucun candidat à l’élection présidentielle. Lui-même au terme de son deuxième et dernier mandat, ne peut se représenter, mais, il a modifié la constitution en novembre 2025 non pas pour obtenir un 3e mandat, qui était une voie périlleuse, pleine de dangers, mais pour briguer la présidence du Sénat. Il deviendra, donc, président du Sénat qu’il a doté de l’essentiel des pouvoirs au point où le futur président de la République (qui est son actuel ministre des Finances) sera, politiquement, et administrativement sous son contrôle. Il sera un président fantoche. Le pouvoir sera du côté du Sénat que présidera Talon. On peut donc, a posteriori, comprendre les raisons de la tentative du putsch du 7 décembre. Dans les casernes, on accepte difficilement ce mauvais jeu de l’actuel président de la République.
La situation politique béninoise avant la présidentielle est tout simplement inédite et se passe de commentaire. En visite de plusieurs jours au Bénin, en prélude au scrutin présidentiel du 12 avril, la mission du National Democratic Institute (NDI) a voulu s’enquérir des préparatifs de l’élection à laquelle ne participera pas la principale formation d’opposition, Les Démocrates de l’ex-président Boni Yayi. Une grosse anomalie dans le processus démocratique et électoral du Bénin. Mais, apparemment, Patrice Talon n’en a cure : Son problème, garder la substance du pouvoir. Pour certains Béninois, il est né avant la honte et ce n’est pas l’urne qui fera changer les choses.

Membre de la délégation du NDI, l’ancienne présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, n’a pas mâché ses mots. Elle a dit cash ce qu’elle pensait de cette élection qui en réalité n’en sera pas une : « Nous avons senti une peur sur la ville. Nous avons senti une société civile qui n’ose plus entreprendre des actions civiques. Nous avons senti des partis politiques plus ou moins muselés. Nous avons relevé un certain nombre de dérives à la limite dictatoriales. Nous avons également entendu beaucoup de complaintes de la part des Béninois, et nous ne pouvons pas les taire. »
S’il y avait une autre tentative de coup d’état, Patrice Talon ne l’aurait-il pas cherché ?





