GUERRE EN IRAN : Le danger d’accueillir des bases militaires américaines

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Les Etats-Unis et Israël sont en guerre contre l’Iran. En préparation depuis plusieurs semaines, ce clash était certain, tant il a défrayé la chronique après le retour de Donald Trump au pouvoir. Resté sur la lancée de son premier mandat au cours duquel il était unilatéralement sorti du deal entre Washington et Téhéran, le leader républicain a parachevé son œuvre, sous l’influence, pour le moins, trouble de Benyamin Netanyahu, le premier ministre israélien. Du coup, la perspective d’un conflit régional se précise.

Malgré tous les scénarios qu’ils avaient anticipés, les Américains et les Israéliens n’avaient pas envisagé que les bases américaines, à portée de tirs des Iraniens, seraient, effectivement, toutes visées (sur notre photo, un missile iranien frappe la base américaine d’Al-Udeid au Qatar). En effet, Trump l’a, lui-même, reconnu aux côtés du chancelier allemand, Friedrich Merz, récemment, en visite à la Maison Blanche. Dans sa riposte, l’armée iranienne ne se prive pas de frapper quelques cibles secondaires en plus des bases américaines dans la zone de conflit.

Plusieurs pays du Golfe, tels que l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Koweït, et bien d’autres, ont enregistré des frappes, officiellement, menées par les gardiens de la révolution, en réaction à l’agression meurtrière contre leur intégrité territoriale. Pourtant, la réalité est que le régime des Mollahs, qui soupçonne ses voisins arabes de complicité aggravée, ne fait rien pour minimiser les dommages collatéraux de sa riposte armée, en guise de châtiment.

L’Iran grâce à ses missiles réussit à imposer crainte et respect dans les pays qu’il frappe.

Pour ces nations, la problématique se situe, donc surtout, autour du fait qu’elles abritent des bases militaires américaines, devenues des cibles de choix désignées pour Téhéran. Bien que n’étant pas parties prenantes directes au conflit, elles se retrouvent face aux conséquences humanitaires, financières et politiques en résultant. Washington ayant pris le soin de réduire drastiquement ses effectifs dans chacune de ses bases, de manière à circonscrire les pertes diverses éventuelles. 

Une cinquantaine de hauts dirigeants iraniens dont le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei vient de mourir dans cette frappe.

 En Afrique où cette guerre est suivie par tous, l’inquiétude s’installe, progressivement, dans les gouvernements disposant des installations du Pentagone sur leur sol. C’est le cas de Djibouti, dont la proximité géographique par rapport à la région en guerre est à noter, mais aussi, du Kenya, dont l’agrandissement de la base a été entamé fin janvier. Cette situation permettra-t-elle de relancer le débat sur la pertinence d’avoir des bases étrangères en Afrique ? Probablement que oui.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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