GUINEE : Vers le parti-Etat du légionnaire français Mamadi Doumbouya (« élu » président de la République)

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Depuis janvier 2026, la République de Guinée est aux mains d’un ancien légionnaire français. En effet, Mamadi Doumbouya a réussi à tromper la vigilance des Guinéens, pour s’accaparer, par les urnes, d’un pouvoir auquel il ne comptait pas renoncer, après trois années pleines de squattage au palais Sekhoutoureya. Près de deux mois après son investiture, le voici, désormais, sur le point d’embarquer son pays dans une ère sans parti d’opposition, et au profit d’un parti-Etat. 

On dit souvent du pouvoir qu’il corrompt, sans jamais préciser jusqu’à quel point. La Guinée en est une nouvelle illustration, étant donné la rapidité de la transformation observée dans sa scène politique nationale. Bien que la fin de la transition a été, officiellement, actée en décembre, les militaires conservent la mainmise sur tout, ne montrant aucun signe apparent d’une quelconque volonté de relâcher la pression sur le peuple guinéen, pour lequel rien n’a, concrètement, changé (Notre photo montre Mamadi Doumbouya commis à la sécurité du président Alpha Condé). 

Si Doumbouya était plutôt bavard au lendemain du renversement de Alpha Condé, il ne l’est plus du tout, aujourd’hui, puisqu’il considère pouvoir se soustraire à toute prise de parole publique. Conscient qu’il ne doit sa victoire à l’élection présidentielle qu’à une série de manipulations politiques anti-démocratiques que lui ont soufflées ses mentors étrangers, dont l’intérêt est qu’il demeure président à vie, il sait donc qu’il n’a aucun compte à rendre à ses concitoyens locaux.

Depuis son coup d’état, le désormais général d’armée Mamadi Doumbouya a peur de son ombre : Il ne sort jamais avec moins de 200 militaires autour de lui.

Il suffit de regarder la taille des effectifs militaires qui sont mobilisés lors de ses sorties pour l’escorter pour constater sa crainte envers ceux qui l’ont prétendument élu à plus de 86% des suffrages exprimés. Et l’impopularité de sa décision de bannir des dizaines de partis politiques, tout juste après une longue absence controversée hors du pays, ne va pas améliorer les choses pour lui, qui devrait, sans doute, renforcer sa sécurité. Mais cela le protégera-t-il vraiment ?

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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