Après avoir passé un an et demi à Haïti, les policiers du Kenya sont enfin de retour chez eux, mettant ainsi fin à un point de friction de longue date entre le parti au pouvoir et la société civile. Parties sécuriser les Haïtiens en proie au climat de terreur instauré par les gangs locaux, les forces de l’ordre kényanes étaient chargées de ramener la paix, mais n’y seront, finalement, pas parvenues. La faute à l’insuffisance des moyens mis à leur disposition pour leur mobilisation.
Omnibulé par l’appât du gain lié aux financements onusiens de cette mission, le président kényan ne pourra que se réjouir de l’expérience gagnée par ses hommes dans un environnement des plus hostiles. En effet, les gangs haïtiens, dotés d’armes de pointe issues du trafic illicite aux Etats-Unis, s’en sont donné à cœur joie face à la faiblesse de la résistance que leur opposaient leurs visiteurs sous-équipés (notre photo). Une fin de mission attendue dans leurs rangs valant libération.
Egalement attiré par les flux de liquidités associés à un engagement sécuritaire à Haïti, Mahamat Idriss Déby Itno (MIDI) a décidé de succéder à son homologue kényan, tout en s’assurant de tirer les bonnes leçons de l’expérience de celui-ci, surtout, concernant les plans logistique et financier. Contrairement à William Ruto, MIDI ne devrait pas uniquement compter sur les dons de certains pays pour affaiblir les fauteurs de trouble et rétablir l’ordre et la sécurité dans Haïti.

D’ailleurs, vu les difficultés qu’a rencontrées le Kenya, l’ONU a fini par réaliser que la situation sécuritaire à Haïti était bien pire que prévu, et qu’il faudrait disposer d’une force multinationale beaucoup plus large pour pouvoir imposer une autre dynamique à la multitude de groupes armés rebelles y opérant. A lui seul, le Tchad prévoit de déployer 1.500 hommes pour cette mission, soit, plus de trois fois la taille du contingent kényan dont l’engagement est arrivé à son terme.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





