IRAN : Une puissante force géostratégique avant d’être militaire

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La force de l’Iran réside moins dans ses missiles et ses drones que dans sa position géostratégique. Sa proximité avec les monarchies du Golfe — principaux producteurs mondiaux de pétrole — place des infrastructures énergétiques vitales dans le rayon de ses capacités de nuisance. A cela s’ajoute le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part essentielle du commerce énergétique mondial.

Depuis près d’un demi-siècle, la République islamique d’Iran s’est préparée à une confrontation qu’elle considère comme inévitable avec les Etats-Unis et Israël. C’est là que réside, pour nombre d’analystes, sa véritable capacité de déstabilisation régionale.

La question nucléaire au cœur des tensions

Dans cette perspective, certains considèrent que les frappes américaines visant à empêcher Téhéran d’accéder à l’arme nucléaire trouvent leur justification dans les risques qu’un Iran nucléaire ferait peser sur l’équilibre régional et international (sur notre photo, le guide suprême actuellement invisible Motjaba Khamenei soutenu par les Gardiens de la Révolution est un partisan de la ligne dure du régime. Aucune concession à faire aux Etats-Unis et à Israël).

Car, même sans disposer officiellement de la bombe atomique, le régime iranien demeure capable d’exercer une influence militaire et politique considérable au Moyen-Orient. Son poids stratégique est renforcé par le soutien diplomatique de la Russie et de la Chine, tandis que l’Europe est souvent accusée de prudence excessive face aux ambitions régionales iraniennes.

Trump et la doctrine de fermeté

La question demeure donc posée : Fallait-il laisser davantage de temps au régime iranien pour poursuivre le développement de ses capacités militaires et nucléaires ?

C’est précisément sur ce point que les partisans de Donald Trump défendent sa politique de fermeté. Malgré un style controversé et souvent imprévisible, le président américain apparaît, pour ses soutiens, comme celui qui a osé prendre une décision que plusieurs de ses prédécesseurs avaient constamment différée, laissant, selon eux, à l’Iran le temps de renforcer progressivement son arsenal stratégique.

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu entend secrètement mettre tout le Moyen-Orient sous sa coupe : Il a déjà sous son contrôle le Golan syrien, le Sud-Liban, Gaza, et trébuche maintenant sur l’Iran qui visiblement est un dur morceau pour lui et ses alliés américains.

Le coût humain du régime iranien

Les critiques adressées au pouvoir iranien ne relèvent pas uniquement de la géopolitique. Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement une répression sévère contre les opposants, les manifestants et les dissidents. Plusieurs rapports internationaux évoquent une hausse importante des exécutions et des arrestations depuis le début de l’année 2026, même si les chiffres exacts demeurent difficiles à vérifier de manière indépendante.

Pour les adversaires du régime, cette réalité intérieure renforce l’inquiétude suscitée par les ambitions militaires et nucléaires de Téhéran, dans une région déjà fragilisée par des décennies de tensions et de conflits.

 Dr Lahcen Benchama

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