MADAGASCAR : Premier avertissement de la SADC

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Le Sommet extraordinaire du 29 juin 2026 de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui s’est déroulé par visioconférence sous l’égide de Cyril Ramaphosa, le président de l’Afrique du Sud, a été dominé par la transition à Madagascar. En effet, avec 5 recommandations (voire injonctions) formulées à la junte au pouvoir, le bloc sous-régional a, dans son communiqué, rappelé à l’ordre le colonel, Michaël Randrianirina, et ses hommes, pour des faits pourtant relatés depuis des mois. 

En substance, la SADC réclame principalement le retour de l’état de droit dans le pays. Après leur accueil par des populations traumatisées par le double mandat de l’ancien disc-jockey, Andry Rajoelina, en fuite pour des raisons sues de tout bon Malgache,  Randrianirina et ses amis militaires ont, vite, changé de visage, s’en prenant même à ceux qui ont facilité leur prise du pouvoir. Aujourd’hui, ces derniers, issus de la Gen Z, sont incarcérés, en attente de leur procès.

C’est précisément d’eux auxquels le terme “prisonniers politiques” mentionné dans la publication de l’organe sous-régional fait référence. Par contre, concernant les caciques de l’ancienne administration, tels que Rajoelina ou Christian Ntsay, l’ancien premier ministre, le choix de s’enfuir ne pouvait être motivé que par la culpabilité et la non-disposition à devoir rendre des comptes aux Malgaches, après tant d’années de mépris face à leurs souffrances. 

Sans surprise, les autorités militaires d’Antananarivo n’ont pas apprécié le sermon auquel elles ont eu droit au cours de ladite réunion extraordinaire, à laquelle seuls deux Etats membres étaient représentés à leur plus haut niveau par la participation de leur chef d’Etat, à savoir, Madagascar avec Michaël Randrianirina, et le Botswana avec Duma Boko. Si, pour les soutiens des putschistes malgaches, un retrait de la SADC est à voir, pour d’autres, l’idée n’est pas bonne.

Le colonel-président Michaël Randrianirina a très vite oublié d’où il vient en emprisonnant des membres de la Gen Z.

En quête de légitimité internationale, Michaël Randrianirina a détruit le crédit national dont il jouissait auprès des populations malgaches après les avoir libérées de leur ancien bourreau, Rajoelina. Installé depuis au Palais d’Iavoloha, et comptant y rester pour longtemps, il risque de tout perdre s’il s’entête à gouverner le pays comme une caserne. Personne ne naît politicien, mais, être incapable de bien s’entourer à un tel niveau de responsabilités relève presque du criminel.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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