Le président, Evariste Ndayishimiye, vise un second mandat consécutif à la tête du Burundi. Investi par son parti, CNDD-FDD, qui détient la totalité du pouvoir législatif depuis les élections de 2025, le 26 avril, celui qui assure, aussi, la présidence tournante de l’Union africaine (UA) multiplie les actes confirmant l’état d’avancement de sa préparation au scrutin de 2027.
Le dernier acte en date est le décret présidentiel du 28 avril 2026 par lequel un léger remaniement gouvernemental a été opéré. Seuls trois portefeuilles ministériels étaient visés, à savoir, celui de la Communication & des Médias, de la Santé publique, et des Infrastructures & Logements sociaux. Les nouveaux ministres devront jouer leur partition pour la réélection de leur président.
Mais, cette ambition de proroger son bail au sommet de l’Etat n’est pas du goût de tout le monde dans le pays. En effet, le déclin économique, la corruption, la précarité et les tensions sécuritaires contredisent les promesses de jours meilleurs faites par le leader burundais depuis des années. Un bilan qui reste impossible à défendre face à des voix dissidentes de plus en plus audibles.

Pour reconstituer son capital politique, Evariste Ndayishimiye a misé sur la diplomatie, en particulier, sur la plateforme que lui offre sa double casquette avec l’UA. Celle-ci en a fait son envoyé spécial pour le Sahel en août dernier, avant de le hisser à sa tête, le 17 février. Un cumul de fonctions à l’étranger dont les retombées seront particulièrement attendues au niveau national.
L’Etat burundais ayant négligé la diplomatie ces dernières années, le président, Ndayishimiye, aura fort à faire pour changer cette perception autour de son pays à l’échelle mondiale. Même si son invitation à la Maison Blanche le 4 décembre, aux côtés de Félix Tshisekedi et Paul Kagame, pour la signature des accords de paix, prouve que la diplomatie burundaise est en train de renaître.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





