ETATS-UNIS/AFRIQUE : Une considération à sens unique

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Lors de la tenue du second sommet USA-Afrique organisé par la Maison blanche en décembre 2022, le président américain, Joe Biden, avait promis de visiter le continent africain en 2023. Un engagement qui devait apporter de la crédibilité dans ses intentions à l’égard, non seulement, de la poignée de chefs d’Etat africains présents à Washington, mais aussi de l’Afrique dans son ensemble. Seulement, l’année 2023 s’est achevée et la promesse faite n’a pas été respectée. Mais est-ce vraiment une surprise ?

Joe Biden poursuit-il indirectement la politique étrangère africaine de son prédécesseur, Donald Trump ? Critiqué pour avoir été franc sur son ressenti de l’Afrique, ce dernier n’aura jamais voulu visiter le continent en quatre ans passés à la tête des Etats-Unis. Etonnamment, l’actuel pensionnaire de la Maison blanche, Old Joe, suit les mêmes traces puisque son mandat risque fort bien de se terminer sans qu’il ne se soit lui-même rendu en Afrique. Une similarité avec le milliardaire, Trump, peu flatteuse pour l’actuel président, Biden.

Comment interpréter les nombreux appels au rapprochement effectués par Washington auprès des capitales africaines ? Surtout que concrètement, seules des mesures encourageant la brouille diplomatique ont jusqu’ici vu le jour, à l’image de l’instrumentalisation croissante des accords AGOA pour sanctionner des décisions relevant de l’intérêt national des partenaires africains en question, de la suspension de leur aide au développement, et de la redirection de celle-ci vers des nations (Israël, Ukraine) impliquées dans des causes bien plus controversées.  

Cela fera, en tout cas, presqu’une décennie qu’aucun président américain en fonction ne s’est rendu en Afrique. Le dernier en date étant Barack Obama, qui effectua deux brefs passages au Ghana, en Afrique du Sud, au Kenya et en Ethiopie, pendant huit ans passés à la Maison Blanche alors que le sang kenyan coule dans ses veines. Avant lui, il faut remonter à George W. Bush qui, en février 2008, avait visité le Libéria, le Ghana, le Rwanda, le Bénin et la Tanzanie dans le cadre d’une tournée en Afrique subsaharienne.

L’orientation de la politique américaine en Afrique étant, depuis un moment, tournée vers l’éloignement, l’absence pour l’Afrique du retour de sa considération témoignée aux Etats-Unis semble donc logique. La présence sur le continent africain des concurrents directs des Américains pourra-t-elle changer cette triste réalité ? Espérons que oui !

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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