NIGER : Pendant que se déroule le scrutin présidentiel et législatif, les djihadistes tuent une centaine de personnes dans deux villages

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On appelle cela lâcheté. Une attaque qui défie toutes les règles de la guerre. En effet, deux villages nigériens près de la frontière malienne ont été attaqués, samedi, 2 janvier, par des terroristes, au moment où le Niger était en pleines élections présidentielle et législatives. Autrement dit, tous les moyens de l’Etat en hommes armés, étaient, logiquement, et légitimement, orientés vers la bonne tenue de ce scrutin. Résultat, au moins cent civils ont été tués, selon Almou Hassane, le maire qui administre les deux villages.

« Il y avait près de 70 morts dans le village de Tchoma Bangou et 30 morts à Zaroumadareye », a témoigné Almou Hassane, le maire qui administre les deux villages.

Concernant l’attaque de Tchomo-Bangou, « L’attaque a eu lieu vers midi (11 h GMT) et il y a eu des morts », a déclaré un haut responsable de la région de Tillabéri, sans donner de bilan précis, ni de précision sur les circonstances de l’attaque. 

« Ce sont de nombreux civils qui ont été tués dans une attaque à Tchomo-Bangou », un village du département de Ouallam, frontalier du Mali, a déclaré un élu local sans plus de précisions. 

« Les assaillants sont venus encercler le village et ils ont tué jusqu’à cinquante personnes. Des blessés ont été évacués à l’hôpital de Ouallam », a affirmé sous le couvert de l’anonymat un journaliste d’une radio locale.

Le 21 décembre, à six jours de la présidentielle, sept soldats nigériens avaient été tués dans une embuscade dans la même région (sur notre photo, le président Mahamadou Issoufou préside le 30 décembre le dernier Conseil national de sécurité de l’année 2020).

Selon le journaliste, l’attaque de Tchomo-Bangou est survenue dans les environs de Tongo Tongo où quatre soldats américains des forces spéciales et cinq militaires nigériens avaient été tués en octobre 2017 dans une embuscade. Cette attaque avait été revendiquée par le groupe Etat islamique dans le Grand Sahara. 

L’attaque de Tchomo-Bangou intervient alors que les résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 27 décembre sont tombés, donnant largement en tête (39,33%) le candidat du parti au pouvoir, Mohamed Bazoum, ancien ministre de l’Intérieur, qui a promis de renforcer la lutte contre les groupes djihadistes.

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