Tchad

Après 2003 et 2013, le sultan du Tchad, Idriss Déby Itno, est en train de se lancer dans une troisième aventure militaire en Centrafrique. Comme les deux précédentes qui entraînèrent le départ d'Ange-Félix Patassé (2003) et de François Bozizé (2013), celle de 2019 aura pour but d'évincer le président, Faustin-Archange Touadéra, du pouvoir. Comme les deux autres qui furent soutenues par Jacques Chirac et le "silence" de François Hollande, l'actuelle opération militaire est parrainée par le jeune président français.

« Macron au Tchad : La France doit cesser sa politique néocoloniale ! », voici le titre du communiqué publié, ce mercredi, 26 décembre, par le parti présidé par Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise, contre Emmanuel Macron et sa politique néocolonialiste en appui au dictateur tchadien, Idriss Déby Itno.

La question mérite d'être posée car la Guinée équatoriale revient de très loin : le 24 décembre 2017, le président, la première dame et leur fils aîné, vice-président de la République et successeur constitutionnel, avaient échappé à un sanglant coup d'état dont, officiellement, on ne sait pas grand-chose, Malabo se refusant, malgré ses fortes certitudes, de communiquer sur une question hyper sensible qui met en accusation un chef d'Etat voisin de la sous-région, en l'occurrence, celui du Tchad, et l'ancienne puissance colonisatrice de ce dernier. Idriss Déby Itno est-il un faux frère du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo ? En août 2016, le couple présidentiel équato-guinéen avait assisté, dans la joie et la gaieté, à l'investiture du président, Idriss Déby Itno, au Palais rose, à N'Djamena (notre photo). Dix-huit mois après, oubliant cet heureux épisode, Déby organisait, avec une puissance extérieure, un coup d'état contre le pouvoir de Malabo. Cela dit, il nie cette accusation de toutes ses forces sans apporter aucune preuve qui l'accable. Mais avant la survenance de ce coup d'état dont Malabo a pu se relever, les réseaux sociaux étaient, déjà, sous surveillance depuis quelques semaines, ce qui montre que les services de renseignement appréhendaient la situation. Le coup d'état raté du 24 décembre leur a donné raison.

Le jeune président français vient de passer deux jours au Tchad pour parler entre autres sujets d'importance de la présence russe (de plus en plus inquiétante pour les intérêts français) en Centrafrique et dans la sous-région. Parlant des questions ayant trait à la vie des Tchadiens et des Tchadiennes, après avoir soigneusement évité les questions qui fâchent comme la catastrophique gestion de la démocratie et des droits de l'homme d'Idriss Déby Itno surnommé le sultan, et la très mauvaise gouvernance des fonds publics qui a mis le pays à genoux, il a égrainé quelques mesurettes pendant la rencontre avec 400 Tchadiennes sur les problèmes du genre.

Chacun voit midi devant sa porte. Pour que le jeune président français quitte la France, en pleine crise des « Gilets Jaunes », un samedi, où on risque d'avoir de la casse lors des manifestations, pour se rendre, dans les tropiques, plus précisément, au Tchad, montre que le dossier pour lequel il se déplace, ne peut attendre. C'est vrai que celui que ses détracteurs appellent « l'ancien banquier de l'Elysée » n'a rien d'un barbouzard, on n'a qu'à regarder son beau visage pour s'en convaincre (encore que...), mais, n'est-il pas au pouvoir pour défendre les intérêts de son pays ? Le voilà donc chez Idriss Déby Itno (surnommé le sultan pour sa manie à considérer le Tchad comme une propriété privée, un vrai sultanat), le faiseur de basses besognes dans la sous-région, le bras armé de Paris dans la zone sahélo-sahelienne. De quoi vont-ils parler ? Si j'étais Faustin-Archange Touadera, je commencerais par déménager pour faire chambre commune avec le conseiller russe chargé de sa sécurité. Car le président centrafricain (ou ce qu'il en reste son pays étant envahi à plus de 80% par les milices), forcément, sera au centre des discussions à N'Djamena.

« Nous condamnons cette sanction arbitraire et disproportionnée et demandons à l’organe de régulation des médias de lever cette suspension. La Hama (Haute autorité des médias et de l'audiovisuel) a pour rôle de veiller à la déontologie et à l’éthique et non de s’ériger en tribunal des opinions, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF (Reporters sans Frontières). L’analyse politique fait partie du champ applicable de plein droit à l’exercice du journalisme. Si des personnes ou des Etats s’estiment mis en cause, il existe des recours légaux comme la possibilité de faire publier un droit de réponse” . Transmis au Palais rose (présidence de la République du Tchad) où cette fâcheuse décision de suspendre l'hebdomadaire indocile, Al-Chahed, a été prise, par le dictateur, Idriss Déby Itno, himself.

La politique a ses raisons que la raison ignore : Idriss Déby Itno regretterait-il d'avoir placé son compatriote, Moussa Faki Mahamat, à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) ? Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il le marque à la culotte comme s'il redoutait que ce poste ne lui donne une certaine épaisseur politique au point de représenter une alternance à la tête du Tchad dans quelques années. Mais attention au mauvais calcul dont Ali Bongo Ondimba a été victime au Gabon. Au lieu de favoriser un deuxième mandat pour Jean Ping à la présidence de la Commission de l'UA, les « émergents » gabonais avaient, plutôt, détruit la carrière de Ping au sein de cette organisation, faisant profiter au passage la transmission de témoin à la Sud-Africaine, Xhosazana Dlamini-Zuma. Résultat, le Gabon est entré, quelques mois plus tard, dans une zone de turbulence, Jean Ping qu'on disait amorphe et incapable de toute réaction, s'étant, viscéralement, rebellé au point de déstabiliser le fonctionnement de l'Etat. Alors que s'il avait eu son deuxième mandat, qui lui tendait les mains à l'UA, Ali Bongo Ondimba aurait eu une présidentielle tranquille en août 2016.

La sortie du gouvernement tchadien après la publication du rapport d'Amnesty International, est un des plus grands moments de la dictature d'Idriss Déby Itno. Car elle n'est en rien différente des réactions des pires régimes dictatoriaux d'Europe de l'Est ou d'Amérique latine du temps. Alors que l'ONG internationale se borne à rappeler les faits sur le régime tchadien qui, eux, ne sont pas contestés, le pouvoir de Déby, lui, s'en prend au rédacteur des dits commentaires en lui donnant une connotation réactionnaire. C'est comme si le régime de Déby s'attendait à ce qu'on lui adresse un satisfecit alors que sa calamiteuse gestion du pays, a entraîné la faillite de l'Etat.

Après avoir scellé une alliance avec le président soudanais, le général, Omar el-Béchir, d'où partaient les rébellions pour attaquer N'Djamena, Idriss Déby Itno dispose, maintenant, du peuple tchadien comme il l'entend. Et il ne s'en prive pas. A trois ans de la fin de son mandat, il a changé la constitution pour s'octroyer les pleins pouvoirs indignes d'une République qui se veut moderne. C'est avec raison qu'on l'appelle « Le Sultan » car le Tchad, après l'adoption de cette constitution qui supprime même le poste de premier ministre (qui ne disposait d'aucun pouvoir), n'est plus une République. C'est un royaume, pire, un sultanat, où tout, en théorie, lui appartient. Le sultan Itno ne rend compte à personne, sinon, à sa seule sagesse. Le système politique tchadien, c'est Dieu qui règne dans les cieux, tandis que le sultan Itno règne sur le Tchad.

Les députés tchadiens ont adopté, lundi, 30 avril, une nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel et renforçant les pouvoirs du président, Idriss Déby Itno, lors d'un scrutin boycotté par l'opposition qui a tenté de manifester devant le parlement entouré d'un important dispositif de sécurité. En adoptant une constitution qui lui donne les pouvoirs d'un véritable monarque, il donne, amplement, raison à Afrique Education qui le considère comme un sultan et non comme un simple président de la République.

Désinformation, amplification, intimidation : les dictateurs africains comme le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Rwandais, Paul Kagame, le Soudanais, Omar el-Béchir, le Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, sans oublier, le négativement célèbre en la matière, l'Egyptien, Abdel Fattah el-Sissi, suivent de bon pied leur modèle dans le domaine de la censure et de la manipulation, à savoir, le Russe, Vladimir Poutine, et le Chinois, Xi Jinping. Deux prédateurs (hors pair) de la liberté de la presse, qui opèrent, impunément sur internet. Reporters sans frontières (RSF) montre comment ils procèdent et comment contourner leurs manoeuvres.

Le prochain passage à un "régime présidentiel intégral", pilier d'une nouvelle 4e république, va renforcer les pouvoirs du président du Tchad dirigé, depuis 1990, par Idriss Déby Itno, une perspective dénoncée par l'opposition. Le Tchad n'aura plus de président de la République mais un véritable Sultan à la tête d'une République.

Des rebelles tchadiens basés dans le Sud de la Libye ont été bombardés par des avions du maréchal, Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen.

A Malabo, on refuse de répondre à cette question par Oui ou par Non, mais, on continue de s'interroger activement à mesure que les enquêtes menées en Guinée équatoriale et au Cameroun, avancent. Certains « mercenaires » comme on les appelle, à Malabo, actuellement, « exploités » en Guinée équatoriale et au Cameroun, commencent à se mettre à table. Ce qui permet d'avancer. Actuellement, le doyen des chefs d'Etat africains, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a plusieurs cartes en main. Il sait qui est qui parmi ses proches voisins chefs d'Etat de l'Afrique centrale, et, surtout, qui ne lui veut pas du bien. Au Tchad et en Centrafrique, les oppositions s'interrogent sur le degré d'implication des pouvoirs en place dans cette opération qui a foiré grâce à la performante vigilance des autorités de Malabo. Pour avoir su déjouer ce coup d'état, le président équato-guinéen mérite bien ses galons de général d'armée. Il confirme que ses 38 ans passés au pouvoir font de lui un dirigeant très expérimenté.

Les informations contenues dans le numéro 461 de février 2018 d'Afrique Education sont uniques en leur genre. Elles ne se trouvent nulle part ailleurs et vous ne les lirez dans aucun autre journal. Elles sont exclusives. Elles éclaboussent deux hauts dignitaires de l'Afrique centrale, qui font l'objet de soupçons. Conformément à la réglementation en vigueur, ces derniers ont la possibilité de bénéficier d'un droit de réponse dans Afrique Education s'ils s'estiment diffamés. Mais, la rédaction pense que ce n'est pas le cas. Cependant, le magazine est prêt à leur accorder ce droit de réponse sauf s'ils estiment que le silence est d'or. Mais ne dit-on pas, aussi, que qui ne dit mot consent ?

Franchement, on ne boudera pas son plaisir à l'idée que Mahamat Saleh Haroun, cet excellent cinéaste, retrouve de l'air pur hors du très puant gouvernement d'Idriss Déby Itno. On a même besoin de lui demander : « Quelle mouche l'avait piqué pour qu'il accepte une responsabilité de ministre de la Culture auprès du tyran » ? Avait-il faim ? En tout cas, il en aura eu pour son grade. A peine un an, et il est mis dehors. Ca apprendra aux autres comme lui qui tentent l'aventure auprès des dictateurs. La bonne nouvelle, cependant, c'est qu'il va s'adonner, à nouveau, à la culture à plein temps. En toute liberté cette fois.

C'est un Idriss Déby Itno, totalement, affaibli qui est revenu du 30e Sommet de l'Union africaine (UA). Sommet qu'il a failli manquer, la situation sociale au Tchad, étant catastrophique. Mais, il y a que le président de la Commission de l'UA est son ancien ministre des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat. On n'aurait, donc, pas expliqué son absence, pour son premier grand Sommet organisé au siège de l'organisation. Ou bien, on aurait compris que Déby a peur, à son tour, d'un coup d'état, ce qui l'aurait poussé à rester à la maison. Il s'est, donc, rendu à Addis Abeba, mais, le cœur n'y était pas. Il a vite regagné son Tchad natal, dès le lundi, 29 janvier, après avoir décliné certains rendez-vous à cause d'un « agenda chargé ».

Idriss Déby Itno, général 5 étoiles de son état, ne sait plus à quel saint se vouer, depuis qu'il a constaté que chaque « chèvre broute où elle est attachée ». Autrement dit, chaque Tchadien mange là où il peut. Alors que les revenus pétroliers (mauvaise gestion habituelle aidant) ont fondu comme neige au soleil, le sultan ne sachant plus où donner de la tête (alors que le coercitif programme signé avec le FMI suit son cours), a, tout simplement, créé un numéro vert pour encourager la délation. Ce qui fait courir le risque de la multiplication de cas de dénonciations sans preuve. Le sultan serait-il aux abois ?

La tentative de "coup d'état" en Guinée équatoriale que Malabo a affirmé, mercredi, 27 décembre, avoir déjouée, est une "menace sérieuse" pour toute la sous-région, a estimé, jeudi, 4 janvier, le chef de la diplomatie tchadienne de passage à Malabo. En effet, Mahamat Zen Cherif est dans le vrai quand il affirme que toute la sous-région de l'Afrique centrale, est dans le collimateur des déstabilisateurs qu'on est en train d'identifier avec précision. Il y a, d'abord, eu la menace Boko Haram financée, armée et conseillée par des forces occultes au sein desquelles on compte certaines puissances occidentales. A travers Boko Haram, on ambitionnait une partition en deux du Nigeria afin d'affaiblir ce grand pays, avant de faire de même du Cameroun (au niveau de sa partie Nord) et asphyxier, par la suite, le Tchad dont les marchandises arrivent par le port de Douala. Cette menace endiguée, il y a eu, pour le Cameroun, la survenue de celle des sécessionnistes anglophones qui ont tenté, vainement, d'ériger une petite République, avec l'aide des bailleurs de fonds occultes occidentaux, qui eux, sont, plutôt, intéressés par les énormes gisements de pétrole et de gaz que recèle la zone de Bakassi. Là aussi, échec total malgré la désinformation appuyée des médias occidentaux (relais). Le Tchad, la Guinée équatoriale et le Cameroun, restent bien en place, malgré les soubresauts que leurs dirigeants arrivent à contenir, bien que sans mal. Le problème est de savoir jusqu'où iront les déstabilisateurs alors qu'ils se savent, déjà, en voie d'identification et donc de dénonciation ?

Le président du Tchad, Idriss Déby Itno, est comme une grenouille qui voulait ressembler à l'éléphant. Mécontente de sa petite corpulence, et sans tenir compte des données du créateur suprême, elle s'était mise à boire, boire, boire, jusqu'à l'éclatement de son ventre, parce qu'elle ambitionnait de grossir comme l'éléphant. Le sultan du Tchad, heureusement, n'en est, pas encore, à l'éclatement de son pouvoir (que tôt ou tard Paris n'arrivera plus à sécuriser), mais, il doit, sérieusement, remettre en question sa catastrophique gouvernance. Après avoir contenu, pendant quelques années, les multiples rébellions qui l'assaillaient de toutes parts, il a voulu, grâce à l'argent du pétrole, faire aussi bien, sinon, mieux, que certains de ses voisins de la CEMAC : investissements dans tous les secteurs à grands frais et parfois sans études préalables de marché, enrichissement illicite immédiat et sans cause du clan présidentiel et de sa famille, corruption généralisée, exportation de façon démesurée de son armée sur plusieurs terrains militaires étrangers, parfois, aux frais du (seul) trésor public tchadien, etc. Bref, le pétrole peut faire des miracles, comme on le voit, parfois, dans les pays comme la Guinée équatoriale, mais, au Tchad, le pétrole, mauvaise gestion à l'appui, ne pouvait pas tout faire. La baisse des cours est venue ébranler le fragile édifice. Voilà le sultan (grenouille) qui risque d'éclater pour avoir voulu ressembler à l'éléphant.