SENEGAL : Ousmane Sonko est-il un cauchemar ou un mauvais rêve pour le pays ?

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Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye en 2024, le Sénégal vit une crise politique sans précédent, marquée par les tensions persistantes entre le président et son premier ministre, Ousmane Sonko. Ce dernier, leader charismatique du parti, PASTEF, incarne, à la fois, l’espoir d’une rupture avec l’ancien système et la source d’une instabilité grandissante, alimentée par ses incohérences et son acharnement contre son propre allié.

Ousmane Sonko s’est toujours présenté comme le champion de la rupture et de la moralisation de la vie politique. Pourtant, ses actions récentes révèlent une série de contradictions. Il a dénoncé la transhumance politique, mais, n’a pas hésité à s’allier avec des figures controversées pour consolider son pouvoir, tout en critiquant ses propres alliés au sein de la coalition « Diomaye Président » pour les mêmes pratiques. Son discours sur la souveraineté et la justice sociale contraste avec ses méthodes de gouvernance, souvent, perçues comme autoritaires et peu enclines au dialogue.

La relation entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, autrefois, présentée comme un duo fraternel, s’est dégradée au point de menacer la stabilité du pays. Sonko n’a cessé de rappeler qu’il était le « mentor » de Faye, tout en le critiquant publiquement pour son manque d’autorité et en menaçant de retirer le PASTEF du gouvernement si le président s’écartait de la ligne du parti. Lors de l’Assemblée générale de la coalition « Diomaye Président », en mars 2026, plusieurs ministres ont, ouvertement, attaqué Sonko en présence du président, qui n’a pas réagi — un signe perçu comme une validation tacite de ces critiques.

Sonko a, aussi, refusé de participer à des événements organisés par la coalition, préférant publier des messages décalés sur les réseaux sociaux, comme son célèbre « J’ai passé une excellente journée dans les champs » en réponse aux piques de Faye et de ses alliés. Une attitude qui a renforcé l’image d’un homme politique plus préoccupé par sa propre image que par l’intérêt national.

Malgré ses promesses de rupture, Sonko peine à concrétiser ses engagements. Les critiques fusent sur son manque de résultats tangibles, notamment, en matière économique et sociale. Les observateurs soulignent que son populisme et son refus du compromis nuisent à la gouvernance du pays, déjà, fragilisé par des années de crise politique.

La tension entre Sonko et Faye s’inscrit, aussi, dans la perspective de la présidentielle de 2029. Sonko a, clairement, indiqué qu’il comptait être candidat, malgré la présence de Faye au pouvoir. Il a même posé un ultimatum : Si Diomaye s’écarte de la ligne du PASTEF, le parti quittera le gouvernement et retournera dans l’opposition. Une stratégie qui risque d’aggraver les divisions et de plonger le Sénégal dans une nouvelle crise institutionnelle.

Le premier ministre Ousmane Sonko est accusé de jouer solo



Ousmane Sonko incarne, aujourd’hui, une contradiction majeure : Celle d’un homme qui a porté un président au pouvoir, mais, qui ne cesse de saper son autorité. Ses incohérences, son refus du dialogue et son acharnement contre Bassirou Diomaye Faye transforment son rêve de révolution pacifique en un cauchemar pour le Sénégal. Si la rupture était nécessaire pour sortir le pays de l’impasse, elle ne doit pas devenir un prétexte pour l’instabilité permanente.

Le Sénégal mérite mieux qu’un jeu de pouvoir sans fin. Il est temps que les acteurs politiques, Sonko en tête, assument leurs responsabilités et travaillent, enfin, pour l’intérêt général, au lieu de s’épuiser dans des querelles personnelles.

Samba Kara NDIAYE
Président du Parti NADEMS

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