Après des années passées à faire des appels du pied aux Etats-Unis pour renforcer leur relation bilatérale, le Bénin se retrouve, finalement, aujourd’hui, en train d’approfondir ses liens diplomatiques avec le Canada. En effet, Cotonou va accueillir la première ambassade canadienne, suite à un accord passé, au sein de la capitale béninoise, entre les ministres des Affaires étrangères du Bénin et du Canada, Corinne Amori Brunet et Anita Anand.
L’annonce a été faite ce 5 août, après la visite historique d’Anita Anand chez son homologue béninoise (sur notre photo, les deux ministres signent l’accord). Elle intervient, quelque temps après, la décision du département d’état américain de constituer des hubs régionaux chargés d’offrir des services consulaires dans les différentes parties du continent africain, pour des raisons de maîtrise des coûts. Le Bénin, qui est actuellement sans ambassadeur américain, n’en aura probablement pas un de sitôt.
Depuis juin, il figure parmi les pays ouest-africains dont les ressortissants désirant se rendre aux Etats-Unis devront désormais effectuer leurs démarches d’obtention de visa américain, soit à partir de Dakar soit d’Abidjan, compte tenu de leur statut de hub régional. Avec, en plus, l’instauration par Washington d’une caution liée à l’obtention d’un visa pouvant aller jusqu’à 20 000 dollars pour décourager l’immigration, les autorités béninoises ont dû revoir leurs plans.

Le Canada, dont les relations diplomatiques ne sont pas au beau fixe avec son voisin américain, a développé une stratégie pour l’Afrique, qui demeure assez timide, presque à l’instar de celle de ses partenaires européens. Mais, le gouvernement d’Ottawa aura, au moins, eu le mérite d’avoir posé un acte historique sur le sol africain, même si les regards des experts se concentreront sur une répercussion attendue de ce réchauffement relationnel dans les échanges commerciaux.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





