PFIZERGATE : Ursula von der Leyen bientôt dans une zone de turbulence ?

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Bien qu’il ait été révélé pour la première fois en 2021, le Pfizergate n’a connu aucune avancée significative plus de trois ans après. En effet, ce scandale, qui implique des personnalités de haut rang, dont la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le patron du groupe pharmaceutique, Pfizer, jette un énorme discrédit sur les instances bruxelloises, habituelles donneuses de leçons d’éthique aux nations non-occidentales.

Accusée par le lanceur d’alertes belge, Frédéric Baldan, d’avoir usé de sa fonction pour commander directement des vaccins anti-covid auprès de Pfizer pour le compte de la Belgique, la cheffe de l’UE n’a jamais daigné présenter les preuves de son innocence, notamment, le contenu de ses échanges par SMS avec Albert Bourla, le patron de Pfizer, pour lever les soupçons pesant sur elle. Plutôt, ses avocats continuent de réclamer le non-lieu.

Même si la présomption d’innocence reste acquise à tout accusé, quels que soient les faits et les circonstances, Ursula von der Leyen tient une drôle d’attitude pour quelqu’un qui n’a rien à se reprocher. Et dire que le Bloc européen est dirigé par une telle personne. Mais, que penser, aussi, du silence mortuaire des dirigeants des 27 sur cette saga judiciaire, qui ne disparaîtra certainement pas comme ça ?

Ce qui est encore plus surprenant, c’est de constater la rapidité avec laquelle le Bloc européen a réagi dès l’apparition des premiers éléments de soupçon sur l’affaire du « Qatargate » au sein du Parlement européen en décembre dernier, où des hauts cadres avaient rapidement été évincés au terme d’une enquête diligentée par les services compétents, ou, plus récemment, de celle des ingérences présumées russes et chinoises en Europe.

En campagne pour sa propre succession, Ursula von der Leyen a obtenu plusieurs mois de répit à cause du conflit de compétence, qui oppose un juge d’instruction belge particulièrement acharné et le parquet européen sur ce dossier. Une décision sera rendue en décembre par les autorités judiciaires belges, après quoi la patronne de l’UE pourrait voir l’étau se resserrer autour d’elle. Nombreuses sont les personnes qui attendent ce moment avec impatience dans le Sud global.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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