A moins de quatre mois du scrutin général du 6 décembre prochain, le chef de la transition en Guinée-Bissau, le général, Horta N’Tam, a, enfin, décidé de passer à l’action en effectuant son premier voyage hors du pays, ce lundi, 10 août, à l’occasion du 66ème anniversaire de la fête d’indépendance du Tchad. Invité par son homologue, Mahamat Idriss Deby Itno (MIDI), il cherche, déjà, comment se positionner par rapport aux échéances de fin d’année. On est, ici, dans le fameux « j’y suis j’y reste » que pratiquent presque tous ses homologues africains putschistes ou non. En effet, quand on est au pouvoir en Afrique, on ne le quitte plus. C’est le pouvoir qui finit, très souvent, par vous quitter.
Pour Horta N’Tam, MIDI incarne la réussite à bien des égards, le dirigeant tchadien ayant su braver de nombreux obstacles pour imposer son autorité sur l’étendue de son territoire, et même au-delà (sur notre photo, Horta N’Tam dans les bras de MIDI à N’Djamena le 11 août 2026). En effet, après avoir connu une transition parsemée de tensions politiques internes et de regain de souveraineté vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale française, le Tchad est, aujourd’hui, passé maître de son destin. Une réalité que le leader bissau-guinéen voudrait bien pour son pays.
Issu de l’ancienne administration, Horta N’Tam, qui, en l’état actuel des choses, ne peut pas présenter sa candidature aux futures élections générales, a déjà programmé, pour le 30 août 2026, la tenue d’un référendum pour modifier la Constitution. Malgré qu’elle soit plus affaiblie que jamais, à l’image de son chef, Domingos Simoes Pereira, pris entre problèmes de santé et démêlés avec la justice, l’opposition bissau-guinéenne exige le report dudit référendum.

Prendre MIDI pour modèle peut sembler être une bonne idée pour l’actuel n°1 de Guinée-Bissau, en quête de reconnaissance sur la scène internationale. Mais, le maréchal-président avait bénéficié du soutien d’Emmanuel Macron, avant de réaliser que cela lui desservirait à terme. S’étant, dès le départ, isolé, N’Tam n’a aucun véritable allié. A moins qu’une alliance improbable ne naisse avec Vladimir Poutine, en octobre lors du Sommet Afrique Russie ?
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





